mardi 8 mars 2011

8 Mars : Journée Mondiale des Droits des Femmes

8 Mars : Journée Mondiale des Droits des Femmes

Dans le monde, les femmes sont souvent les garantes de la sécurité alimentaire de toute la famille. Aussi jouent-elles souvent un rôle crucial dans la défense des ressources naturelles notamment contre les intérêts liés aux industries pétrolières, minières, forestières, aquacoles…

Ces femmes courageuses n’hésitent pas à défier les pouvoirs politiques, les tyrans locaux et la violence armée pour protéger les ressources naturelles dont elles et leurs familles dépendent. Elles protègent leur culture, leur façon de vivre, les lieux sacrés et leurs moyens de subsistance. Bien que ce phénomène soit important il reste peu étudié ainsi que l’empowerment qui peut résulter de ces luttes.

Un article de World RainForest Movement « Faire le lien entre les courants écologistes et le genre » propose un panorama des différents courants écologistes qui existent et les relie avec leurs contreparties féministes afin de mettre en lumière les différentes manières politiques d’envisager le rôle des femmes dans les conflits environnementaux.

Les courants écologistes peuvent supporter différentes valeurs allant des plus conservatrices (la conservation des parcs nationaux au détriment du bien-être des populations autochtones ou locales, etc.) aux plus progressistes, dans lesquelles les préoccupations écologistes et l’équité sociale sont intrinsèquement liées, comme c’est le cas dans les mobilisations socio-écologistes liées à l’extraction (mines, forêts, pétrole) ou aux processus de production (aquaculture de crevettes, plantations d’arbres). Afin de comprendre ces différentes positions sur la scène politique, Martínez-Alier’s (2002) a proposé de les diviser en trois catégories générales – détaillées ci-dessous. Par ailleurs, nous explorons comment ces courants s’articulent avec le genre. Suite…

Autre article :


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La palourde lève un coin de voile tunisien

La FAO et ses partenaires s’activent à renforcer le rôle de la femme dans la filière pêche à pied de la palourde : La FAO, en appui au gouvernement tunisien, s'est engagée dans un processus participatif d'établissement d'une stratégie de renforcement du rôle de la femme dans la filière palourde qui vise à optimiser leurs revenus et à pérenniser la ressource, notamment en ouvrant la voie à d'autres actions de développement.


En moyenne, les femmes représentent 43 % de la main-d'oeuvre agricole dans les pays en développement. Les agricultrices produisent moins que leurs collègues masculins alors qu'elles sont tout aussi efficientes. Selon la FAO, si les femmes avaient le même accès que les hommes aux ressources, à l'instruction, à la vulgarisation, aux services financiers et au marché du travail, elles pourraient augmenter de 20 à 30 % leurs rendements. En comblant le fossé hommes-femmes dans l'agriculture, on augmenterait la production agricole totale des pays en développement de 2,5 à 4 % et réduirait de 12, voire 17 %, le nombre de personnes souffrant de faim dans le monde.

La palourde lève un coin de voile tunisien

La FAO et ses partenaires s’activent à renforcer le rôle de la femme dans la filière pêche à pied de la palourde

Sur les rives méditerranéennes de Skhira, à 300 km au sud de Tunis, près de la ville industrielle de Sfax, on ne compte que 48 heures entre la première collecte et vente sur place de la palourde et l'exportation vers Rome ou Madrid. Et pourtant, entre la ‘pêcheuse tunisienne à pied' de ces précieux coquillages et le restaurateur romain, le fossé est grand: la première récolte pour un peu plus d'un euro le kilo (3 dinars tunisiens), le second gagne 10 à 15 fois plus.

Pour la plupart des femmes rurales aux alentours du Golfe de Gabès, cette activité est leur principal moyen d'existence. Comme le confirme Yvette Diei Ouadi, experte de la FAO en industrie des produits de la pêche, la FAO, en appui au gouvernement tunisien, s'est engagée dans un processus participatif d'établissement d'une stratégie de renforcement du rôle de la femme dans la filière palourde qui vise à optimiser leurs revenus et à pérenniser la ressource, notamment en ouvrant la voie à d'autres actions de développement.

«La pêche à pied de la palourde est une activité pénible; chaque jour, nous parcourons de longs trajets à marée basse, dans une posture très inconfortable, le dos courbé sous un soleil de plomb et les pieds enfoncés dans la vase ou l'eau de mer glacée, jusqu'aux genoux», déplore Saliha, une pêcheuse à pied, pourtant de forte constitution.

«Le débarquement de notre collecte pour la vente directe au port se fait à ciel ouvert, sans abri pour protéger les femmes contre les éventuelles intempéries lors des transactions avec des intermédiaires peu respectueux de nos efforts», renchérit Agla, l'une de ses compagnes.

Une ressource convoitée et non équitable

Le Golfe de Gabès au sud du pays est une zone de pêche particulièrement riche. Les gouvernorats de Sfax et Gabès constituent les zones les plus productives où une frange importante de la population locale vit essentiellement de la pêche côtière. Cette zone humide est connue pour ses gisements naturels de clovisses et de couteaux, mollusques bivalves de la famille de la palourde. La demande étrangère du produit est en développement croissant.

La moyenne de la production durant les cinq dernières années est de 500 tonnes pour une valeur de 1,9 million de dinars tunisiens (1 million d'euros), soit une contribution de près de 1 pour cent au total de la production nationale en valeur des produits de la pêche durant la même période. 98 pour cent de la production nationale de palourdes provient du sud de la Tunisie....

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Le 17 juin 2011

Marché de Thiaroye dans la lointaine banlieue dakaroise. Il est onze heures tapantes. Le soleil darde ses rayons ardents dans ce haut lieu de rencontre de l’offre et de la demande. Lorsque nous descendons l’habitacle du minibus qui nous transportait, nous tombons sur un tas d’immondices. L’odeur pestilentielle nous envahit. Pour autant, cela n’altère pas la détermination du groupe d’étudiants du club Sife (Students in free entreprise, littéralement, Etudiants dans la libre entreprise) venus faire une promotion de vente de poisson fumé de l’Union des femmes transformatrices de poisson (Uftp) au marché de Thiaroye. Le marché est grouillant de monde comme d’habitude. On arrive difficilement à distinguer les commerçants des acheteurs. Dans ce méli-mélo indescriptible, le camion sonorisé qui distille des décibels, principalement du Mbalax, parvient à se garer.

A cause des rythmes endiablés de Mbalax, notamment avec le dernier opus de Pape Ndiaye Thiopet ‘Ray diokhogn’, les femmes accourent autour du camion. A l’aide d’un micro, les étudiantes et les étudiants du club Sife de Sup de Co, en jeans, tee-shirt et chaussures de basket se relaient pour vanter la qualité du poisson fumé de l’Union des femmes transformatrices de Grand Mbao qui compte environ cent trente membres. L’appel des étudiants n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Pour cause, de nombreuses commerçantes du marché de Thiaroye, comme si elles n’attendaient que cela, sont venues nombreuses pour acheter, séance tenante, de fortes quantités de ‘kéthiakh’. Au point que, en moins de trente minutes, près de trois cents kilogrammes de poisson fumé représentant six paniers seront écoulés par les étudiants du club Sife de Sup de Co, en raison de 275 francs le kilogramme. Cela, sous le regard amusé d’une délégation des femmes transformatrices de poisson fumé de Grand Mbao qui accompagne la caravane de sensibilisation et de promotion de vente du ‘kéthiakh’. A cause, de la faible quantité de poisson fumé disponible, les retardataires ont fait des commandes de centaines de kilogrammes.

Etudiante en 2ème année à Sup de Co et par ailleurs membre du club Sife, Khady Sarr n’en revient pas de cette performance commerciale pour des débutants. ‘Nous avons vendu six paniers de poisson fumé en un temps record. Ce n’est pas tout, nous avons reçu une commande importante de la part des commerçantes du marché. Une convention va être signée par la présidente des transformatrices de poisson de Mbao et les commerçantes. Et le produit sera livré après’, indique-t-elle. D’après cette étudiante en management, cet accompagnement que les étudiants de Sup de Co apportent à l’Union des femmes transformatrices de poissons (Uftp) de Grand Mbao est pour eux-mêmes. Dans la mesure où cela les met en contact avec la vie active ainsi que la réalité économique. ‘Nous apprenons aux femmes des techniques de vente modernes, de gestion pour qu’elles deviennent plus compétitives au niveau national et international. Ce qui peut augmenter leurs revenus. Et cela nous donne beaucoup de satisfaction’, avoue-t-elle.

Transformer la vision du monde

Pape Oumar Zongo, président du club Sife de Sup de Co de renchérir : ‘Ce projet est un de nos projets phare. On a voulu, avec les femmes transformatrices de poisson, améliorer leurs conditions de travail et partant de leur niveau de vie. C’est ainsi qu’on les a aidées à trouver de nouveaux partenaires pour la commercialisation de leurs produits.’

Pape Omar Zongo, le président du club Sife de Sup de Co est revenu sur cette aventure qui a débuté il y a six mois et qui a transformé la vision du monde de beaucoup d’entre eux. ‘Le projet a démarré en janvier 2011. Avant notre arrivée, les femmes transformatrices de poisson de Mbao étaient dans une absence de visibilité. Elles ne maîtrisaient pas, également, les techniques de vente ainsi que les réseaux de distribution. Dès lors, notre objectif principal était de trouver des solutions à ces problèmes en nous référant à nos connaissances théoriques acquises à l’école’, se souvient-il. Sans perdre de temps, les étudiants se sont retroussés les manches. ‘A notre arrivée, on a trouvé qu’elles étaient installées dans un lieu enclavé. On a d’abord mis un panneau d’indication pour montrer que les femmes sont là. Elles n’avaient pas, non plus, de visibilité pour écouler leurs produits. C’est ainsi qu’on a mis en place un plan de communication dont cette caravane fait partie’, nous apprend-il. ‘S’agissant de la distribution, poursuit-il, nous avons opté pour un nouveau circuit dans la mesure où les marchés de Dakar sont saturés. C’est ainsi que nous avons prospecté les marchés de Thiès et nous avons eu une commande de près d’une tonne de poisson fumé. On est satisfait parce que notre objectif était d’établir le lien entre le marché et la cible’, raconte satisfait le président du club Sife.

Les femmes transformatrices de poisson de Grand Mbao apprécient bien le travail du club Sife de Sup de Co. ‘On apprécie bien le travail du club Sife de Sup de Co. En plus de nous dispenser des cours de gestion, de marketing et d’autres techniques modernes de vente, ils vont aussi nous donner des cours d’alphabétisation. De plus, les étudiants ont nettoyé et repeint l’unité de transformation du poisson de Grand Mbao’, souligne Ndèye Diodio Ndoye, la présidente de l’Union des femmes transformatrices de poisson de Grand Mbao.

COMPLAINTE DES TRANSFORMATRICES : Grand Mbao veut un débarcadère

La pêche occupe une place prépondérante à Grand Mbao. Si les hommes de cette localité se livrent à la pêche, les femmes, elles, s’activent dans la transformation du poisson. Grand Mbao dispose d’une unité de transformation du poisson grâce à un financement de Enda Tiers monde. Mais, la localité jouerait mieux son rôle de grande zone de pêche si elle disposait d’un quai de débarquement du poisson. C’est, en tout cas, l’avis de la présidente de l’Union des femmes transformatrices de poisson de Grand Mbao. ‘Nous voulons ici un quai de débarquement des pirogues en vue de mieux mener notre activité de transformation du poisson. On est obligé d’aller à Rufisque où à Hann pour acheter le poisson et le transporter jusqu’ici. Cela nous revient plus cher. Or, si on avait un quai ici cela serait beaucoup plus facile’, déclare la présidente de l’Uftp de Grand Mbao, Ndèye Diodio Ndoye. Cette dernière interpelle directement le gouvernement pour satisfaire leur doléance.

Par ailleurs, les femmes transformatrices de poisson de Grand Mbao sont confrontées à d’autres problèmes dans le cadre de leurs activités. Il s’agit, principalement, des difficultés d’écoulement de leurs produits dans les marchés. ‘On n’a pas de lieux où écouler nos marchandises. C’est la raison pour laquelle, avant de vendre nos produits, on est confronté à d’énormes difficultés. Le marché de Thiaroye est souvent notre seul débouché’, regrette Adama Ndiaye, membre de l’Uftp de Grand Mbao. A cela s’ajoute la rareté du poisson. ‘C’est un problème structurel que nous vivons. Et cela a des répercussions sur notre travail. Car, s’il n’y a pas de poissons, on n’a pas de quoi transformer. Or, notre vie et celle de nos familles dépendent de cette activité’, observe-t-elle.

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Le 2 décembre 2011


La Journée mondiale des pêcheurs se tenait pour la première fois, cette année, à Paimpol. Onyanotamment évoqué le statut des femmes depêcheurs. Ces dernières ont témoigné deleur quotidien.

«Nous, les femmes de l'ombre, on est mises au grand jour aujourd'hui. Nous ne sommes pas trop reconnues et pourtant, on travaille beaucoup : à la gestion, à la livraison, la nuit. Par exemple, je pars à 2h du matin pour la vente à la criée à 6h. On supporte beaucoup de choses et aussi nos maris.» Dans la salle du colloque consacré aux femmes de marins, samedi matin, des rires mais aussi des marques de soutien. «C'est une complicité dans l'entreprise au-delà d'une complicité de couple, confirme Yannick Hémeury, président du comité local des pêches. Qui en sait quelque chose puisqu'il travaille lui-même en binôme avec madame. En général, les femmes de pêcheur s'occupent de la revente du poisson, l'homme est libéré de cette charge. C'est une grande tradition dans le Trégor de voir des femmes sur les marchés, dans les camions.» Et c'est en général à elles qu'incombe «la paperasse».

Travail invisible et très physique

Ce travail souvent invisible - et très physique - a enfin été reconnu (en 2008) par différentes directives européennes avec le droit à un statut du conjoint collaborateur. «Nous sommes mieux considérées depuis ce statut, mais les femmes d'agriculteur l'ont eu bien avant nous», explique Sylvie Guégan, femme de pêcheur côtier. Plus de vingt ans qu'elle fait les marchés, les tournées. «J'ai appris sur le tas la pêche de mon mari. Les journées sont longues entre la préparation du poisson, la vente... Ça devient de plus en plus dur. Je m'inquiète pour les jeunes, avec les normes européennes (les véhicules, les balances qu'il faut régulariser), c'est beaucoup de contraintes. Ils auront du mal à continuer à faire de la vente directe.»

Le système tient parce que les femmes tiennent

Huguette Floury, femme de pêcheur et petite-fille de pêcheur, sait elle aussi de quoi elle parle. Mais loin de l'adage «Femme de marin, femme de chagrin», elle a confiance dans l'avenir: «Mon fils va reprendre ; mais le système paimpolais tient bien parce que derrière, il y a des femmes qui tiennent». Car il faut aussi tenir physiquement. «Quand nos maris rapportent 500 kg de poissons, ça nous en fait deux tonnes à transporter, à manipuler, en camion, sur l'étal...», témoignent ces femmes qui font «tourner l'entreprise» et qui ont parfois un autre métier à l'extérieur... «Quelles seraient les mesures concrètes et urgentes que vous souhaiteriez voir appliquer?», leur a demandé Corinne Erhel, ladéputée européenne. «On aété prises de court et on n'a pas eu le temps de répondre», déclaraient en «off», après la réunion, les trois intervenantes. «La retraite à 55 ans, comme nos maris», «de l'aide pour nos déplacements», «qu'on puisse voter dans les institutions quand les hommes ne sont pas là», «un accès aux cotisations de la Sécurité sociale, comme tout le monde» sont quelques-unes des questions qu'elles auraient aimé évoquer.

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Le 13 avril 2012


Les femmes transformatrices de produits halieutiques rencontrent « de sérieuses difficultés » dans leurs activités en raison notamment de la rareté de la ressource causée par « le pillage des eaux sénégalaises » par des bateaux étrangers, a confié à l’APS Adja Fatou Kiné Diop, présidente de l’Union locale des femmes transformatrices de Bargny.

« Nous pouvons rester un mois sans travailler parce qu’il nous est parfois difficile de trouver des produits. Ce qui ralentit considérablement notre activité », a dit Adja Fatou Kiné Diop.

Regroupées au sein de la Fédération des groupements d’intérêts économiques de pêche du Sénégal (FENAGI-Pêche), elles sont présentes à la 13ème édition de la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (FIARA) ouverte jeudi à Dakar.

Spécialisées dans la transformation et la commercialisation des produits de la mer, les femmes dont l’organisation fédère 55 GIE dans toutes les régions du Sénégal peinent à mener correctement leurs activités.
« Nous demandons à l’Etat de revoir les accords avec les bateaux étrangers qui raclent le fond marin et à qui on brade presque la ressource. Le kilogramme de pélagique leur est cédé à 15 francs alors que nous achetons 3 pélagiques à 500 francs », se plaint Mme Diop. Elle a rappelé l’importance de cette activité pour les femmes qui constituent, dans leur grande majorité, des responsables de familles sur qui reposent principalement les charges familiales et l’éducation des enfants. Adja Fatou Kiné Diop a en outre demandé le contrôle et la protection des ressources halieutiques.

Elle a indiqué que cette situation impacte négativement sur leur travail, car elles n’arrivent pas à honorer des commandes et leurs revenus ne font que baisser. « Si vous trouvez difficilement les produits frais, il va s’en dire que les prix seront chers et souvent les consommateurs ne peuvent pas suivre avec la cherté de la vie actuellement », a encore insisté la présidente des femmes transformatrices.

Aussi, elles réclament « des sites répondant aux normes européennes avec des équipements performants pour répondre aux exigences de qualité imposées à l’exportation », a dit leur présidente. « Sur les plans sécuritaire et sanitaire, nous devons respecter un certain nombre de choses pour répondre à la qualité mais nous n’avons pas encore ces sites », a-t-elle expliqué.

Photo : Femme transformatrice de poisson à Kafountine (Casamance)

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Le 8 décembre 2012

La Poissonnière d'Abidjan 

Source : Rejoprao

Présent à Abidjan du 18 au 21 novembre 2012 à l'occasion de l'atelier sur le thème « Améliorer la contribution de la pêche artisanale à la sécurité alimentaire : le rôle des femmes », et de la célébration de la journée mondiale de la pêche, le Réseau des journalistes pour une pêche responsable et durable (REJOPRAO) a réalisé un bulletin d'information baptisé "La Poissonnière d'Abidjan". En deux numéros de 4 pages chacun, ces bulletins très dense font le point des deux évèvenements.

Pour découvrir les bulletins, cliquez sur les liens ci-dessous.

Très bonne lecture à toutes et à tous! N'hésitez surtout pas à nous faire parvenir vos commentaires et observations pour améliorer nos productions futures. Merci d'avance

Poissonnière d'Abidjan n°1, cliquer Ici

Poissonnière d'Abidjan n°2, cliquer Ici

Edito 1. Quatre femmes pour un pêcheur


Impossible d’imaginer les activités de la pêche en Afrique sans les femmes !

Pour chaque pêcheur, quatre femmes interviennent dans différents maillons.

Celles-ci sont particulièrement importantes dans les activités de post-capture et assurent la transformation et la commercialisation des produits de pêche. Elles approvisionnent les marchés locaux et régionaux en produits riches en protéines. Ce sont elles qui permettent aux pêcheurs artisanaux de garder la tête hors de l’eau en valorisant leurs produits et parfois en préfinançant leurs activités. L’importance du rôle des femmes dans la contribution de la pêche à la sécurité alimentaire ne souffre donc d’aucun doute.

Mais ces femmes font face dans leur vie quotidienne à de nombreux problèmes qui freinent leur autonomie professionnelle. On peut citer entre autre la faiblesse du commerce intra africain, le manque d’infrastructures adéquates, le difficile accès au crédit, le manque de formation, les problèmes liés à l’énergie… bref un chapelet interminable. Les crises alimentaires successives en Afrique nous rappelle que plus que jamais, il est impérieux d’optimiser la contribution de la pêche artisanale à la sécurité alimentaire. Cela passe par des mesures courageuses en faveur de l’amélioration des conditions de travail des femmes du secteur.

C’est en cela que pour nous la rencontre d’Abidjan sur le thème « Améliorer la contribution de la pêche artisanale à la sécurité alimentaire: le rôle des femmes », constitue une source d’espoir, une source de vie !

Edito 2. Enrichir le panier de la ménagère !


Malgré ses richesses naturelles parmi lesquelles les ressources halieutiques, l’Afrique fait souvent face à des urgences alimentaires cycliques.

La surexploitation de ses ressources halieutiques à travers des conventions signées par les Etats et la faible intégration entre les pays, déjà exposés aux aléas climatiques conjugués à la marginalisation du rôle des femmes du secteur de la pêche concourent à la résurgence de telles crises.

Cette situation perverse de crises alimentaires affecte d’abord les pêcheurs artisans, mais aussi les femmes, représentant plus de 50% de la population sur le Continent.

Le panier de la ménagère est, en effet, fortement impacté par des politiques nationales qui restent extraverties du fait des recettes engendrées par des exportations exponentielles (captures, rejets, farine de poissons) et de la pêche INN. Dans ce cadre ''les femmes sont plus vulnérables à la mauvaise qualité des services et à la baisse des prises de poisson'', atteste la représentante de la FAO en Côte d’Ivoire.

Pire, les communautés d’acteurs de pêche africains ne sont pas toujours entendues ou consultées dans la prise de décisions qui affectent leur avenir.

Nonobstant cette réalité, ayant pour corollaire, le recul croissant d’approvisionnement pour la consommation humaine, les organisations de la société civile africaine, investies dans le secteur, continuent de caresser les espoirs nés de la tenue de la 30ème session du Comité des pêches, à Rome en juillet dernier, pour participer « activement à la concertation technique » sur les futures directives de la Fao en la matière.

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Le 10 mars 2013

Vendeuses à l'étal : ces femmes qui doivent garder la pêche


Le vendredi 8 mars aura lieu la journée internationale de la femme. À cette occasion, la rédaction a rencontré des Boulonnaises qui ne manquent pas de courage.

Sur le port, Martine et Joëlle se lèvent tôt pour vendre des poissons fraîchement pêchés. Une vie en rose nuancée de gris. « Je suis désolée, ce matin, il n'y a pas de poisson », regrette Martine, 53 ans. Ce jeudi matin, 7 heures, cette vendeuse, qui travaille sur le port depuis 33 ans, s'est levée pour rien. Son patron a oublié de la prévenir qu'à cause du temps, les pêcheurs n'ont pas pu aller en mer. Du coup, repos forcé pour Martine. Elle avoue : « Ça va me faire du bien tout de même. Ça fait 30 jours que je travaille, sans aucun jour de repos ». Et ce n'est pas la seule. Joëlle, 57 ans, doyenne des vendeuses, ouvre tous les jours son stand depuis 35 ans. Femme de pêcheur, elle pourrait aspirer à la retraite mais il n'en est pas question.

« J'aime trop ça, s'enthousiasme-t-elle. Je n'ai aucune envie de laisser ce stand », avoue la femme de patron de pêche.

Un métier de passion

Pour ces commerçants, la vente est un gagne-pain certes, mais pas seulement. C'est une passion aussi. Martine a toujours travaillé dans ce milieu. « J'ai fait une petite parenthèse à un moment . J'ai ouvert une boutique de décoration dans le centre de Boulogne, c'était sympa, mais je n'ai pas tenu longtemps. Le métier de poissonnière me manquait » avoue t-elle. Il semble impossible de remplir sa tâche avec le sourire si c'est à contre-coeur. Le métier n'est pas facile tous les jours, il faut s'accrocher.

Des conditions difficiles

Les deux femmes ont leur stand côte à côte. Des petits locaux en béton, ouverts sur le devant. Le vent s'y engouffre facilement et provoque des courants d'air. L'hiver est la période la plus difficile de l'année. Le petit chauffage d'appoint n'est pas suffisant. Le froid, l'humidité et le manque de soleil sont des facteurs qui jouent beaucoup sur le moral des deux vendeuses.« C'est sûr qu'on aimerait voir le ciel bleu un peu plus souvent. C'est agréable d'arriver le matin lorsque tout est ensoleillé », raconte Joëlle. Malgré tout, elles gardent le sourire : les beaux jours arrivent, ce n'est qu'une question de temps. Mais il n'y a pas que la météo qui influe sur leur quotidien.

« Les conditions de travail se sont quand même améliorées depuis 35 ans, explique la doyenne des vendeuses. Avant, nous vendions le poisson dans un vulgaire bloc en béton entouré de bâches. Aujourd'hui, même s'il fait très froid, nous sommes un peu plus couverts. » Côté technique aussi Joëlle a connu des avancées : sa belle-fille lui a notamment offert une machine à écailler. Un gain de temps énorme pour la vente. Cet instrument lui permet d'aller plus vite et de moins se fatiguer.

En revanche, les relations entre vendeuses se sont dégradées. En 30 ans, les deux femmes le reconnaissent, l'ambiance a changé... La faute aux temps plus difficiles ? Tout le monde veut vendre mais les clients se font plus rares. C'est pourquoi la concurrence est plus rude et les relations se détériorent. « C'est de plus en plus dur, pour tout le monde», remarque Martine. Certaines se connaissent bien et s'entendent, ce qui permet tout de même aux deux femmes de passer un moment agréable au travail.« Ici, il faut faire sa vie et ne pas se préoccuper des autres. Sinon, on s'en sort pas. » explique la vendeuse.

Il est environ 13 heures lorsque les deux vendeuses commencent à remballer. La devanture en fer tombe, demain est un autre jour.

Amélie DAVID

Travailler de la pêche, des lendemains peu sûrs

Vendeuse de poissons, femme de pêcheur, cette vie-là n'est pas de tout repos. Martine et Joëlle racontent leurs craintes quant à leur métier et leur avenir... « Un jour, mon mari est parti en bateau à Saint-Malo. Il y avait une tempête, je n'avais jamais vu ça. J'ai eu très peur. J'ai cru qu'il ne reviendrait pas », se remémore la femme de pêcheur.

Fort heureusement, Jean-Pierre, son mari est rentré à bon port le lendemain. Cette nuit-là restera gravée longtemps dans la mémoire du couple qui n'a pas beaucoup dormi. Aujourd'hui encore, Joëlle s'inquiète pour son fils lorsqu'il part en mer. Régulièrement, elle appelle sa belle-fille et vice versa pour avoir des nouvelles. « Même s'il a 36 ans et que c'est un bon marin, je me fais toujours du souci pour lui », s'amuse Joëlle, avant d'ajouter : «  Je m'en ferai toujours. A n'importe quel âge, il reste mon enfant ! » Pour Martine, ses craintes ne sont pas en mer, mais bien sur la terre ferme. « Je ne suis même pas sûre d'avoir toujours mon travail avant ma retraite  ! », s'exclame Martine. D'ailleurs, sa retraite aussi elle y pense. Son salaire est calculé en fonction des ventes, ce qui entraîne des fois une mauvaise surprise en fin de mois...

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Le 8 février 2014

Boulogne : l’une des dernières fileteuses de Capécure a des doigts en or

Christine Wasselin, serait l’une des deux dernières fileteuses en France. Du moins, l’une des rares à exercer encore son travail à la main de façon artisanale. À 50 ans, cette Boulonnaise qui manie le couteau avec une dextérité étonnante défend son savoir-faire avec fierté.

Christine a été embauchée à l’âge de dix-sept ans alors qu’elle venait de décrocher son diplôme.

Source : Voix du Nord par Marie-Caroline Debaene 

Son diplôme de « fileteuse-peleuse » décroché en 1981 trône dans le hall de l’entreprise de son employeur, JC David. Un gage de qualité que son patron, Hervé Diers, aime présenter à ses clients. « J’ai commencé à l’âge de 17 ans dans une école de filets à Capécure. J’ai été formée durant six mois au métier de fileteuse et peleuse. Les instructeurs nous ont ensuite placés dans les entreprises. J’ai commencé dans ce magasin chez Gaston Sellier. Il a depuis été repris par Hervé Diers. » Ce métier dont elle ne se plaint jamais malgré la pénibilité évidente, Christine, la margote du Chemin-Vert, l’a choisi. « J’avais envie de travailler dans le poisson. Je pense que je voulais faire comme mon père et mon frère. C’est dommage parce que mon métier n’est plus enseigné. Si on ne le transmet pas, il va disparaître. »

La margote du Chemin-Vert

Christine débute tous les matins à 5 h : « Comme je n’ai pas mon permis de conduire, c’est mon mari qui m’emmène. Je le réveille à 4 h 30. » Elle oublie le froid des ateliers et les douleurs liées à la répétition du geste. Chaque jour, elle prépare une soixantaine de kilos de harengs avec la minutie d’un chirurgien et une rapidité impressionnante tout en prenant soin de récupérer la laitance et les rogues dont certains clients sont friands. « Ça paraît facile comme ça mais lorsque les gens essayent, ils se rendent compte que c’est très dur. » Mais la fileteuse n’est pas du genre à se plaindre ou à s’écouter. Elle préfère accrocher un sourire à son visage plutôt qu’une moue boudeuse. « J’ai un métier et je le fais dans une bonne ambiance. C’est ce qu’il faut dans un contexte comme le nôtre. » Elle, qui ne suit pas la politique plus que ça, se désole de la situation économique en France. « Ce qui m’a énervé dernièrement dans l’actualité, c’est tout ce que l’on a entendu sur la vie privée du président. Les usines qui ferment, le taux de chômage qui augmente, c’est quand même plus important que cela. » Elle en sait quelque chose, son mari est lui-même sans emploi. Leur fille de quinze ans et demi a choisi de s’orienter vers un métier de service à la personne. « Je ne veux pas qu’elle travaille dans le poisson. Elle va finir en ayant mal partout. Je lui ai dit qu’il fallait qu’elle fasse ce qu’elle aime. »

À 13 h, lorsque Christine défait sa blouse d’ouvrière et monte dans le bus pour rejoindre son logement à Pont-de-Briques, l’un de ses plaisirs, entre autres, est de se plonger dans la lecture. « J’adore lire des romans. C’est mon truc, je suis ailleurs dans ces moments-là. Je suis abonnée à la médiathèque. En ce moment, je lis Rodolphe et les secrets de Mayerling. C’est une histoire sur l’héritier d’Autriche-Hongrie. »

Sa manière de s’évader à travers le monde dans de grandes fresques historiques, elle, qui a quitté son cher Chemin-Vert pour s’installer il y a quelques années à Pont-de-Briques, dans la ville de son époux. « J’ai fait une demande pour aller dans les nouveaux logements à Transition. Ma mère et mes deux sœurs sont là-haut. On voit toujours le Chemin-Vert comme une cité alors qu’il y a des gens très bien. Il y a de l’entraide. On fait les courses pour les personnes âgées. En plus, il y a maintenant des locaux pour les jeunes et puis c’est bien desservi pour se déplacer. Je garde de ce quartier des très bons souvenirs. » À dix ans de la retraite, Christine n’a pas fini de fileter. Le savoir-faire est encore entre de bonnes mains…

 

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