mardi 8 juin 2010

Penser l’Océan mondial

8 juin 2010 : Journée de l'Océan mondial !

« La planète est recouverte à 70% d’eau. Pourtant, les représentations planes usuelles de notre Terre privilégient les continents (sauf l’Antarctique) en déformant ou en fragmentant les espaces océaniques. De ce fait, la représentation d’une circumnavigation (tour du monde) peut s’arrêter en bordure gauche d’une carte pour reprendre à droite. De surcroît, à la différence des continents qui restent figurés comme des entités distinctes et bien individualisées, ces planisphères nous font perdre de vue qu’il n’y a pas trois ou cinq océans, mais bien un seul océan mondial. »

d’après Olivier Serret : L’océan mondial de la planète bleue (Mappemonde)

Autres articles avec des cartes :


Océan Mondial


Chuck Clark, architect

Source : Blog d'un prof à la retraite (avec de nombreuses cartes et des thématiques géographiques et historiques)

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Carte : Impacts humains sur les Océans

L’université californienne, UC Santa Barbara, à travers son département « National Center for Ecological Analysis and Synthesis » a cartographié l’impact des activités humaines sur les océans.

La carte mondiale (ci-contre) représente une synthèse de 17 activités différentes comme la pêche, le changement climatique, l’acidification des océans, la pollution, les espèces invasives, le transport maritime et la densité de population. Les chercheurs ont aussi intégré et modélisé plusieurs écosystèmes marins comme les herbiers, les marais, les mangroves, les récifs coralliens et les vasières. C’est comme un jeu : Modélisation des impacts humains sur les océans.

Vous pouvez télécharger les données sur Google Earth. Moins précis que la modélisation ci-dessus, voilà le résultat pour la France :



Pour des explications complémentaires :

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Mers et océans : les espaces maritimes et leurs dynamiques contemporaines 

Ressources classées

Des dizaines de liens internet

Source : Eduscol


Enseigner la géographie des mers et des océans

C’est par voie de mer que nous nous fournissons l’essentiel de ce que nous produisons, transformons, consommons, vendons, que ce soient des matières premières, de l’énergie, des produits manufacturés.

C’est aussi la mer qui nous fournit une part importante de ses ressources, vivantes ou fossiles. C’est en effet par voie de mer que se fait l’essentiel des échanges, licites et autres : trafics d’hommes et de biens, immigration clandestine, piraterie comme forme d’échange sans contrepartie de paiement. Sur toutes les mers, à travers des routes maritimes mondiales qui relient les ports et les terres entre eux et entre elles, comme des lignes de vie et de mort.

C’est par voie de mer que s’expriment et se concrétisent la puissance des Etats et leurs interventions, qu’elles soient militaires ou humanitaires, guerrières ou éprises de paix. Et c’est dans les profondeurs des mers et des océans que se joue, aussi, ce combat indicible et silencieux qu’est la dissuasion. Suite...

Mers et océans : les espaces maritimes et leurs dynamiques contemporaines

Ces dernières années, les enseignants en poste et les futurs enseignants sont confrontés à nouveau à la thématique maritime.

Introduction
1. Approches épistémologiques et conceptuelles
2. Les ressources documentaires disponibles : ouvrages, revues, outils
3. Les espaces maritimes : des milieux dynamiques aux fortes spécificités
4. Espaces maritimes et « course à la mer » : l’appropriation des mers et océans par les Etats riverains
5. Les espaces maritimes : valorisation des ressources et développement durable
6. Les espaces maritimes : un rôle majeur dans les échanges
7. L’économie maritime : un enjeu majeur pour l’avenir
8. Contrôle stratégique et militarisation des espaces maritimes

Introduction

Premièrement,  la rénovation des programmes scolaires permet de traiter en classe un certain nombre d’enjeux majeurs (« nourrir les hommes », « les enjeux énergétiques », les « littoraux comme espace convoités » ou « acteurs, flux et réseaux de la mondialisation », « les mondes arctiques : une nouvelle frontière sur la planète », « espaces maritimes aujourd’hui : approche géostratégique »…).

Deuxièmement, le renouvellement des questions aux concours du CAPES et des agrégations de Géographie et d’Histoire – à travers, par exemple, la « Géographie des conflits » ou la question « Canada-Etats-Unis-Mexique » - ont aussi permis de placer l’étude des espaces maritimes dans les questions aux programmes.

Enfin, ce champ nouveau - à l’articulation entre milieux, géoéconomie, géopolitique et géostratégie – rencontre un réel intérêt. Aborder et traiter celui-ci comme objet scientifique et didactique oblige à penser le globe comme système, tout en s’appuyant sur les nécessaires emboîtements d’échelles et tout en identifiant clairement un certain nombre d’axes thématiques spécifiques. C’est pourquoi il a semblé nécessaire d’ouvrir ce vaste dossier en fournissant un certain nombre de pistes d’information documentaire.

Suite...
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Internet, changer l’espace, changer la société

Internet, changer l’espace, changer la société

Les logiques contemporaines de synchorisation

De Boris Beaude

Collection : Société de la connaissance

Pour plus d'informations, cliquer Ici

Internet change notre rapport au temps, mais il transforme également en profondeur notre rapport à l’espace.

Aujourd’hui, internet n’est plus seulement un réseau informatique : c’est devenu un espace commun qui occupe une place croissante dans nos pratiques et se généralise à l’ensemble de notre existence. Facebook, Google, Youtube, les sites de vente en ligne et l’économie numérique sont devenus des éléments de notre quotidien.

Or, comme pour chaque espace, il est essentiel pour nos sociétés d’organiser et de le partager équitablement Internet.

De nombreuses questions se posent alors : qui organise cet espace ? Qui crée internet ? Y-a-t’il une gouvernance d’internet ? Une régulation d’internet ? A-t-il une limite que l’on peut définir ? Peut-on le réguler, en bloquer l’accès comme on ferme une frontière ? En quoi un tel espace change la société dans son ensemble ?

cet ouvrage, Boris Beaude, géographe expert de la dimension spatiale de la télécommunication, démontre que nous devons cesser de considérer Internet comme un monde virtuel et qu’il faut l’aborder comme un espace réel.

Grâce à cette approche innovante, il apporte une réponse claire à tous les enjeux d’Internet. Il analyse en profondeur les problématiques posées par l’hybridation de ce nouvel espace avec les territoires, telles que les questions de gouvernance, d’économie, de transaction, de droit, de propriété, de valeur ou de responsabilité.

Cet ouvrage apporte un éclairage inédit qui rend les enjeux d’Internet plus lisibles, pour pouvoir en saisir toutes les opportunités et en maîtriser les dérives.

Il fournit des clés pour agir individuellement et collectivement afin que, face à Internet, notre société puisse faire les bons choix et évite le mur vers lequel nous risquons d’aller à grands pas.

Boris Beaude est chercheur au sein du laboratoire Chôros de l’École polytechnique fédérale de Lausanne. Avant de rejoindre l’EPFL, il a obtenu un doctorat de géographie humaine de l’université Panthéon-Sorbonne et a été maître de conférences pendant huit ans à l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po). Ses recherches portent sur les conditions spatiales de l’interaction sociale. Il s’intéresse en particulier à Internet comme espace de reconfiguration de la production, de l’information, de la transmission et plus généralement de la coexistence…

Introduction. De quoi Internet est-il l’espace ?

« Nous n’avons pas toujours le regard adéquat pour appréhender les phénomènes émergents. Nous tendons à les approcher avec des grilles de lectures anciennes et nous concluons alors que rien n’a changé ».

Jacques Lévy, « Vers la société-monde ? », in M.-F. Durand, J. Lévy et D. Retaillé, Le Monde, espaces et systèmes, Dalloz-Sirey, 1992.

Et si Internet était réellement un espace au sein duquel avait lieu une part croissante de notre existence, de nos pratiques, de nos échanges, de notre culture ? Le monde contemporain est tellement plus lisible lorsque l’on réalise la qualité de l’un de ses espaces les plus importants. En assumant cette proposition, les virtualités qui se présentent à nous sont plus intelligibles. Il devient possible de s’en emparer et d’agir activement dans un monde certes incertain, certes complexe, mais aussi d’une immense richesse.

En une quarantaine d’années à peine, Internet s’est imposé dans le monde entier. Aucune technologie de communication n’a su répondre à ce point à des exigences si diverses. Internet peut être local et mondial, synchrone et asynchrone, symétrique et asymétrique, interactif et passif, visuel et auditif, permanent et éphémère : autant de propriétés qui correspondent généralement à des moyens de communication spécifiques, tels que la radio, la télévision, la presse écrite ou le téléphone.

Internet, pourtant si jeune, questionne profondément les modes d’organisation que nous avons élaborés sur des millénaires. Comme le firent l’écriture, l’imprimerie, le train, le télégraphe, la radio ou la télévision, Internet augmente notre capacité à agir, ensemble, sur des étendues de plus en plus vastes. À chaque nouvelle technologie de médiation, c’est la société dans son ensemble qui a été transformée par le renouvellement des modalités de l’interaction entre ses composantes (individus, objets, idées). De tels changements ont des incidences sur l’organisation de l’espace, mais aussi sur les transactions économiques, sur la politique, sur la culture et sur l’identité. Trop souvent, nous oublions à quel point notre existence est tributaire des moyens de maîtriser la distance qui nous sépare de notre environnement et plus particulièrement des réalités dont nous souhaitons le contact, l’échange et les qualités.

C’est pourquoi la virtualité d’Internet n’est pas celle que l’on croit. Elle ne s’oppose pas au réel, mais à l’actuel. Elle se trouve dans chacune de nos actions. Internet offre de nouvelles potentialités d’action et chacune des virtualités qui est ainsi actualisée, conjointement, change subrepticement le monde que nous vivons.

Si Internet mérite une attention particulière, c’est probablement parce que les virtualités qu’il offre sont en partie inédites et pour une grande part en devenir. Manifestement, Internet est devenu un haut lieu du monde contemporain, et il est urgent d’en comprendre les propriétés et les enjeux spécifiques. Car il s’agit non seulement d’une médiation, mais aussi d’un espace, réel, où se déroule à chaque instant un nombre considérable d’événements qui, aussi insignifiants soient ils, participent du Monde en devenir.

Faire une relecture spatiale de cet espace prétendument a-spatial est un impératif. Pour y répondre, il est indispensable de définir explicitement l’espace dont il est question, afin de mieux caractériser l’une de ses principales propriétés : sa capacité à être le lieu de pratiques déployées tant localement que mondialement. En cela, Internet n’est pas tant un lieu de synchronisation, mais surtout un lieu de synchorisation, à savoir un espace qui rend possible une action en commun : l’interaction.

Les propriétés spécifiques d’Internet ont en effet déstabilisé les acteurs territoriaux les mieux établis. La maîtrise du territoire leur assurait une telle rente de situation, qu’ils se satisfont peu d’un espace émergent dont ils n’ont qu’une maîtrise approximative. En une décennie, Google a bouleversé significativement notre accès à l’information. En à peine moins de temps, Wikipédia a remis en cause des valeurs importantes de l’ordre social, de la gouvernance, et de l’expertise. En quelques années, Facebook est devenu l’une des principales médiations entre les individus et Wikileaks a affecté des pratiques gouvernementales solidement ancrées.

Cela engage à prendre au sérieux la capacité d’Internet à créer des centralités inédites, dès lors qu’il autorise une concentration du pouvoir sans précédent. Internet rappelle, s’il le faut, que la société est faite de liens sociaux et plus généralement de contacts, qui supposent un espace d’interaction. Changer l’espace, de ce point de vue, c’est changer la société. L’économie et le droit comptent parmi les dimensions de la société les plus tiraillées par ce renouveau, tant la convergence du numérique et de la télécommunication bouleverse les fondements de la propriété, de la valeur, de l’expression, de la responsabilité ou de l’exclusivité. La gratuité, en particulier, a été érigée en modèle, portée par le coût marginal de reproduction, de stockage et de diffusion des œuvres numériques, au risque d’en négliger le coût de production, parfois considérable. La musique est un parfait exemple de bouleversement d’un secteur dont les principaux acteurs se sont vus dépassés par l’émergence de pratiques massives dont ils furent incapables d’endiguer la généralisation.

La capacité d’Internet à créer du contact réticulaire en dépit de la distance territoriale offre aussi une opportunité considérable d’organisation, de production et de coordination. L’intelligence collective, la sagesse des foules ou le crowdsourcing sont autant de notions qui ont émergé de ce potentiel. Certes, une part majoritaire de la population n’est pas vraiment impliquée dans ce processus. Mais il n’en demeure pas moins le témoignage d’une étape décisive de l’humanité qui, après le livre, la radio, le téléphone et la télévision, se trouve en mesure d’augmenter remarquablement sa capacité à échanger et à partager. On peut ainsi discuter et renouveler la connaissance dans des conditions autrement plus décentralisées qu’auparavant. Ce qui importe, ce n’est pas vraiment l’égale compétence ou légitimité des acteurs, mais leur non-détermination a priori. Il est non seulement question d’intelligence collective, mais peut-être plus encore de capacité distribuée : d’une augmentation du potentiel d’action individuel dans un monde commun. Devant de tels changements, il faut plus que jamais apprendre à apprendre. Il faut aussi repenser la gouvernance, en la conformant au moins à la complexité qui émerge d’une telle multitude d’expressions individuelles, dont l’œuvre est inégalement fructueuse, mais potentiellement vertueuse.....


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