vendredi 30 octobre 2009

Pour le norvégien Aker Seafoods, toujours plus de cabillaud !

Beaucoup de gens parlent du cabillaud comme d’une pêcherie du passé, ce n’est pas le cas d’Aker Seafoods. Cette société norvégienne fonde depuis quelques années sa stratégie de développement sur les espèces de poissons blancs et en particulier le cabillaud capturé principalement en mer de Barents. Un avenir plutôt serein avec l’augmentation des quotas de pêche norvégiens pour la prochaine campagne 2010 (16% de hausse pour un quota de 271.000 tonnes) et avec le développement du marché français, son principal client en dehors des pays nordiques.

Dans son dernier rapport intermédiaire du 26 octobre 2009, le norvégien Aker Seafoods commence par ce titre : French consumers are eating more cod than ever (les français n’ont jamais mangé autant de cabillaud). En effet, la consommation de cabillaud frais a augmenté de plus de 50% en une année selon FranceAgriMer. Ce qui place la France en premier sur le marché européen du cabillaud frais.

Pourquoi cette société norvégienne s’intéresse-t-elle tant à la France ?
Derrière Aker Seafoods se cachent un fournisseur majeur de cabillaud de l’atlantique sur le marché français, et moins connu l’un des plus gros éleveurs de truite et turbot de l’hexagone.

Aker Seafoods, la branche « Poissons blancs » de la Norvège

Marine Harvest pour le saumon d'élevage, Austevoll Seafood pour la farine de poisson, Norway Pelagic pour le hareng, maquereau et autres petits pélagiques et Aker Seafoods pour le cabillaud, églefin et autres poissons blancs. Un panel des multinationales norvégiennes leaders chacune dans leur domaine halieutique au niveau européen, voire au niveau mondial….

Toutes ces sociétés se classent parmi les dix plus grandes entreprises européennes impliquées dans la pêche et/ou l’aquaculture. La plus importante Marine Harvest est même la seconde société mondiale après le japonais Nissui. Cotées à la bourse d’Oslo, elles traitent les produits de la mer par centaines de milliers de tonnes, et elles étendent petit à petit leur emprise sur la pêche et l'aquaculture mondiales. Leur spécificité est qu’elles s’appuient au départ sur les ressources propres de la Norvège.

L’expansion européenne d’Aker Seafoods

La société Aker Seafoods qui dépend de la holding Aker impliquée dans différents secteurs économiques (et tout naturellement dans le pétrole, la première richesse norvégienne), a installé ses activités opérationnelles au nord de la Norvège, à proximité de la principale zone de pêche du cabillaud de l’Atlantique du nord-est qu’est la mer de Barents.

Actuellement, Aker Seafoods capture avec sa propre flottille près de 60.000 tonnes de poissons blancs dans les eaux norvégiennes, auxquelles s’ajoutent environ 40.000 tonnes dans les eaux européennes par l’intermédiaire de sa deuxième base opérationnelle implantée au Danemark.

Depuis 2008, l’expansion vers le sud de l’Europe s’est concrétisée par la prise de contrôle de la société française « Viviers de France », principal intervenant dans l’élevage de truites et de turbot et qui dispose d’ateliers de transformation à Boulogne/mer et à Castets dans les Landes.

Cette troisième base opérationnelle en France lui permettra de mieux contrôler le marché des poissons blancs sur les pays méditerranéens. J’oubliai... En 2008, Aker Seafoods a pris le contrôle d’un armement espagnol de Vigo, Pesquera Ancora S.L., qui disposait d'un quota de 2350 tonnes de cabillaud en mer Arctique pour cette année…
Philippe FAVRELIERE (modifié le 5 novembre 2009)

Autres articles :

Pour plus d'informations :

Pour aller plus loin....

Le 7 février 2012

L'armement norvégien Aker Seafoods commande 3 chalutiers de 70 m
!

Ces trois chalutiers de nouvelle génération sont à propulsion diesel électrique

En fin d'année 2011, la multinationale norvégien Aker Seafoods a commandé trois chalutiers de nouvelle génération aux chantiers STX OSV, pour un montant total de 95 millions d'euros.

Aker Seafoods est l'un des armements les plus importants en Norvège. La société cible principalement Cabillaud et Eglefin, notamment en mer de Barents...

Ces chalutiers, de 70 mètres de long et de 1500 tonneaux de jauge, seront équipés de deux hélices et d'une propulsion diesel-électrique. Les coques des bateaux seront construits dans les chantiers roumains de Braila avant d'être remorquées en Norvège pour être équipées. Les navires doivent être livrés entre le deuxième trimestre 2013 et le premier trimestre 2014. Ces trois unités inaugurent un nouveau design de chalutier, dessiné par STX OSV en coopération étroite avec Aker Seafoods. L'accent a été mis sur les performances environnementales, avec notamment une réduction de la consommation grâce à la forme de la carène. Aker Seafoods dispose actuellement d'une flotte de 11 chalutiers. Source : Mer et Marine


Pour découvrir les navires du futur, cliquer STX OSV

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13 mai 2011 - Arctique : La fonte des glaces découvre les convoitises

Exploitation pétrolière et minière du sous-sol, essor du trafic maritime et du tourisme, pêche facilitée : dans l'Arctique, les enjeux et les convoitises se multiplient au fur et à mesure que les glaces reculent. Or la semaine dernière, des scientifiques ont indiqué que le réchauffement climatique dans l'Arctique se faisait deux fois plus rapidement qu'ailleurs dans le monde et encore plus vite que prévu.

Alors que les représentants des 8 nations de l’Arctique se réunissent au Groenland pour la 8e conférence sur l’Arctique, certains veulent parler changement climatique tandis que d’autres n’ont que développement économique en tête.

«L’Arctique, disent les pays membres du Conseil, n’appartient qu’à ses riverains. Tout le monde a en tête que dans moins de 20 ans, la moitié du commerce mondial pourrait emprunter les voies maritimes du pôle Nord. D’énormes sommes d’argent vont circuler. L’avenir de la région est l’affaire de tous ses futurs usagers.» Ces propos, ce sont ceux de Michel Rocard, l’ambassadeur des pôles, qui était jeudi 12 mai à Nuuk, capitale du Groenland, pour l’ouverture de la 8e conférence de l’Arctique. La France, tout comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni, ne dispose que d’un siège d’observateur lors de ces négociations, un fait que regrette l’ancien Premier ministre.

Le Conseil de l’Arctique, un organe créé en 1996 après la fin de la Guerre froide, rassemble les chefs de la diplomatie des 8 pays riverains: Etats-Unis, Canada, Russie, Norvège, Suède, Finlande, Danemark et Islande. Sa mission est de fixer les règles d'une exploitation économique «durable» des richesses de la région, rendue envisageable par un réchauffement qui menace aussi la survie de ses vastes étendues glacées.... Suite et source : L’Arctique, le nouvel Eldorado ? (Jdle)

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Connaitre l’impact du réchauffement climatique sur les pêcheries Arctique

Dans le cadre du programme européen "Océan de demain", un atelier de travail va réunir des scientifiques de Suède, Finlande et Espagne en Norvège.

Les scientifiques norvégiens notamment ceux de Nofima étudient l’impact du réchauffement de l’Océan Arctique avec l’ouverture de la route maritime du Nord - la route maritime entre l'Europe et l'Asie dans le nord - sur le transport, le tourisme, la pêche, l'aquaculture, les mammifères marins et les émissions de gaz à effet de serre.

Avec la mer de Barents comme point de référence, les chercheurs norvégiens sont au-devant de la scène pour étudier plus particulièrement les conséquences sur la pêche et l'aquaculture.

« Les objectifs est de comprendre l’impact du changement climatique sur les activités de pêche en Arctique », explique le scientifique John R. Isaksen de Nofima. « Par exemple, nous allons étudier si les changements climatiques peut avoir un impact sur la distribution des poissons et par conséquent sur l'activité de la pêche et la règlementation. « Nous allons également examiner les effets du changement climatique sur l'aquaculture en Arctique, y compris les effets environnementaux de feed-back », explique le scientifique. Suite et source : Fish marketing changes sparked by warmer ocean on research agenda (Fishnewseu)

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Revue de Presse :

30 octobre 2009

Agreement on Norwegian-Russian fisheries for 2010 (Ministère des pêches et des affaires côtières)
Norway and Russia have today entered into an agreement on management of the joint stocks in the Barents Sea for 2010. The stock situation is very good and quotas for both cod and haddock have been increased. The long term collaboration on responsible management, research and control provides great benefits for both Norwegian and Russian fishermen and coastal communities.
The parties are in agreement that the cod quota for 2010 will be 607,000 tonnes and the haddock quota 243,000 tonnes and also to allow capelin fishing with a quota of 360,000 tonnes. The parties also agreed on a quota allocation and quota regulation of the Greenland halibut stock.
The Norwegian-Russian fisheries collaboration has developed over more than 30 years into a comprehensive and close collaboration to ensure responsible management of the joint stocks in the Barents Sea. The quotas that have been set for 2010 are in line with a cautionary approach and safely within sustainable limits.
In setting the cod quota for 2010 the parties have adjusted the established management strategy by including a new mechanism which is intended to ensure that setting the quota also allows for periods of strong growth and re-evaluation of the stock.
The total quota for Norwegian-Arctic cod for 2010 has been set at 607,000 tonnes. This is an increase of 82,000 tonnes from 2009. The total quota for cod is divided between Norway, Russia and third countries in the same proportions as previous years. Norway’s quota for next year will be 271,000 tonnes, which is an increase of 16%.....

Increased quotas for Barents Sea stocks (barentsobserver)
Russia and Norway have renewed the agreement on joint management on the common fish stocks in the Barents Sea.
The two countries agree to increase the quotas on cod for 2010 will be 607.000 tons, that is an increase of 82.000 tonnes from 2009, reports the Norwegian Ministry of Fisheries and Coastal Affairs in a press-release. The quotas for haddock are also increased, set to 243.000 tonnes for 2010.
Norway and Russia have also agreed to allow capelin fishing in 2010 with a quota of 360,000 tonnes.
The capelin quota for 2010 has been set at 360,000 tonnes, which is a slight reduction from this year. The management of capelin is based on a management strategy which the International Council for the Exploration of the Sea has assessed to be sustainable.

Le 5 novembre 2009

La pêche dans l'arctique, nouvelle source de désaccords ? (zebrastationpolaire)
Du 19 au 21 octobre 2009 s'est tenue à Anchorage (Alaska ) une conférence réunissant les principales nations riveraines de l'Océan arctique et ayant pour thème les perspectives économiques de la pêche dans les eaux arctiques : " The International Arctic Fisheries Symposium 2009 ".

Le 11 novembre 2009

L'Arctique, avec son gaz et ses poissons, nouvel eldorado de la Norvège ? (AFP)
Le gigantesque champ gazier offshore russe de Chtokman en mer de Barents promet de juteuses retombées, tandis que le réchauffement climatique attire les poissons du sud vers les eaux nordiques. Du coup, les Norvégiens du Grand nord se mettent à rêver d'un nouvel eldorado.
Kirkenes, une ville norvégienne de 6.000 habitants construite sur un fjord de la mer de Barents, aux portes de la Russie à l'extrême nord-est, attire déjà des dizaines de chalutiers russes qui déchargent 25.000 tonnes de poissons par an et profitent des services du port.
La modeste cité arctique n'abrite qu'une poignée de commerces aux enseignes bilingues russo-norvégiennes. Mais un nouvel hôtel est en construction, signe d'une discrète expansion.
C'est le méga projet gazier de Chtokman --un défi technique, à quelque 600 km des côtes norvégienne et russe-- qui est sur toutes les lèvres….
Quoi qu'il en soit, la Norvège et surtout sa région arctique pourrait abriter les plus riches populations de poissons d'Europe, sous l'effet du réchauffement de la température de l'eau et de la présence accrue de matières végétales et animales.
La région compte déjà la plus importante population de cabillauds, espèce victime de surpêche dans le reste de l'Europe.
De nombreuses variétés vont quitter le sud du continent pour aller plus au nord et au nord-est vers les côtes arctiques norvégiennes et russes, explique le directeur de l'Institut polaire norvégien Jan-Gunnar Winther.
"Ce changement a déjà lieu. Depuis cinq ans, nous voyons moins de cabillauds dans la grande zone de pêche des îles de Lofoten", pourtant au nord du cercle polaire. "Il faut désormais aller plus au nord".

Le 24 novembre 2009

Hallvard Leroy : le saumon norvégien...version tricolore
La croissance d'Hallvard Leroy repose sur le succès, de la gamme, lancée en 2008, de brochettes d'émincés de saumon, de pavés épicés ou fumés à chaud. Elle réalise également 30% de son chiffre d'affaire sur le poisson blanc et dispose de filières d'approvisionnement en aquaculture.
PRODUITS DE LA MER - NOVEMBRE 2009 - 1p -

Le 26 janvier 2010 :

Pêche dans l’Europe des 27 : Tac et Quota 2010
A télécharger : Journal officiel de l’Union européenne du 26 janvier 2010 - Règlement (UE) No 23/2010 du Conseil Européen du 14 janvier 2010 établissant, pour 2010, les possibilités de pêche pour certains stocks halieutiques et groupes de stocks halieutiques, applicables dans les eaux de l’UE et, pour les navires de l’UE, dans les eaux soumises à des limitations de capture et modifiant les règlements (CE) no 1359/2008, (CE) no 754/2009, (CE) no 1226/2009 et (CE) no 1287/2009

Le 27 janvier 2010 :

UE/Norvège - Accords sur le maquereau et les quotas de pêche 2010 (Europolitique)
L’UE et la Norvège ont conclu deux accords de pêche, l’un sur la gestion du maquereau et l’autre sur l’accès de leurs pêcheurs à leurs eaux respectives cette année. Ces accords ont été bouclés à l’issue de longues négociations, a indiqué la Commission européenne le 26 janvier….
L’accord sur les possibilités mutuelles de pêche pour 2010 fixe les niveaux des TAC (totaux admissibles des captures) et quotas de pêche au niveau de ceux de 2009, spécialement pour les principales espèces en mer du Nord, dont le cabillaud et l’aiglefin. L’UE a toutefois obtenu un accès supplémentaire au cabillaud dans le Nord de la Norvège. Les quotas norvégiens pour les espèces pélagiques (merlan bleu, chinchard) ont par ailleurs été diminués et des incitations pour limiter les rejets de cabillaud seront mis en place.
Pour rappel, le Conseil a adopté le 14 janvier les quotas 2010 de l’UE, suite à l’accord politique du 16 décembre 2009 au Conseil.

Le 15 février 2010

Nouveau record d’exportation de produits de la mer norvégiens (Ambassade de Norvège)
Les produits de la mer de Norvège n’ont jamais été aussi demandés et les exportations de saumon en particulier sont en augmentation. La France a été en 2009 le plus grand marché d’exportation de produits de la mer de Norvège.

Les exportations de produits de la mer de Norvège ont augmenté de 733,97 millions d’euros en 2009 par rapport à 2008, ce qui représente l’équivalent d’une augmentation de 2,6 millions de tonnes, selon Terje E. Martinussen, Directeur Général du Conseil d’Exportation des produits de la mer de Norvège. Au total, les exportations ont atteint 5,47 milliards d’euros ; un nouveau record pour la sixième année consécutive. Cela dépasse « toutes les espérances pour 2009 » dit Monsieur Martinussen.....

Parmi les plus grands marchés d’exportation de produits de la mer de Norvège, la France figure au premier rang avec une valeur d’exportation de 574,94 millions d’euros en 2009. La Russie suit juste derrière, tandis que les Etats Unis ont connu la progression la plus notable avec une augmentation de 107, 53 millions d’euros.

En outre, l’export des filets de cabillaud norvégien frais, a connu une croissance considérable l’année dernière, surtout en France. Johan Kvalheim, représentant du Centre des Produits de la Mer de Norvège en France, annonce que « le cabillaud norvégien n’a jamais été aussi visible dans les magasins français qu’en 2009 ». En ce qui concerne le saumon, Kvalheim estime que la croissance restera forte en 2010, la demande de « produits sains et faciles à cuisiner comme le saumon étant en hausse constante ».

Le 6 mars 2010 :

Notre principal garde-manger de cabillaud se porte bien selon : Premier rapport conjoint russo-norvégien sur l'état environnemental de la mer de Barents (BE Norvège)
L'état de l'environnement de la mer de Barents est aujourd'hui globalement satisfaisant. La diminution de la pêche illégale et les bons rapports entre les russes et les norvégiens en matière de gestion halieutique y sont pour beaucoup. Il existe cependant des inquiétudes concernant les effets du changement climatique, la prolifération rapide d'espèces étrangères, les dommages occasionnés par la pêche au chalut, et le niveau toujours plus bas des populations de certains poissons en raison de la pêche intensive pour leur commercialisation.
Voir : Institut Polaire de Norvège

Nouveau record d’exportation de produits de la mer norvégiens
Les produits de la mer de Norvège n’ont jamais été aussi demandés et les exportations de saumon en particulier sont en augmentation. La France a été en 2009 le plus grand marché d’exportation de produits de la mer de Norvège.

Les exportations de produits de la mer de Norvège ont augmenté de 733,97 millions d’euros en 2009 par rapport à 2008, ce qui représente l’équivalent d’une augmentation de 2,6 millions de tonnes, selon Terje E. Martinussen, Directeur Général du Conseil d’Exportation des produits de la mer de Norvège. Au total, les exportations ont atteint 5,47 milliards d’euros ; un nouveau record pour la sixième année consécutive. Cela dépasse « toutes les espérances pour 2009 » dit Monsieur Martinussen.

Parmi les plus grands marchés d’exportation de produits de la mer de Norvège, la France figure au premier rang avec une valeur d’exportation de 574,94 millions d’euros en 2009. La Russie suit juste derrière, tandis que les Etats Unis ont connu la progression la plus notable avec une augmentation de 107, 53 millions d’euros.

Les produits les plus demandés en 2009 sont d’abord le saumon et la truite des Fjords de Norvège. Martinussen note que le saumon de Norvège « a significativement contribué à la valeur totale » des exportations cette année, avec une croissance notable de 709,50 millions d’euros à 2,9 milliards d’euros par rapport à l’année dernière. Une industrie aquacole norvégienne innovante et efficace explique partiellement, selon Martinussen, ce renforcement de la position de la Norvège sur le marché. Le saumon de Norvège est exporté vers 96 pays au total, et la France représente le plus grand marché.

En outre, l’export des filets de cabillaud norvégien frais, a connu une croissance considérable l’année dernière, surtout en France. Johan Kvalheim, représentant du Centre des Produits de la Mer de Norvège en France, annonce que « le cabillaud norvégien n’a jamais été aussi visible dans les magasins français qu’en 2009 ». En ce qui concerne le saumon, Kvalheim estime que la croissance restera forte en 2010, la demande de « produits sains et faciles à cuisiner comme le saumon étant en hausse constante ».

Juillet 2010 : Aker Seafoods en Espagne

La société d’élevage espagnole Pesquera Ancora est maintenant une filiale appartenant complètement à Aker Seafoods après que le groupe norvégien ait acheté les 40 % restants de la compagnie pour 7 millions €. Source : Aker buys cod firm (Intrafish.com 19/07/2010) / Veille produits de la mer CCI Boulogne

Aker Seafoods acquiert la totalité de la société espagnole Pesquera Ancora

La société espagnole Pesquera Ancora devient une filiale en propriété exclusive du norvégien Aker Seafoods après avoir l’achat de toutes les parts pour un montant de 7 millions d’euros conformément au contrat d'option conclu en 2007.

Pesquera Ancora détient des droits de pêche et des quotas de cabillaud dans la mer de Barents et dans les eaux canadiennes. Les quotas ont augmenté à la fois dans la mer de Barents et dans les eaux canadiennes depuis les investissements d’Aker Seafoods en 2007. Depuis 2007, les quotas de cabillaud dans la mer de Barents ont augmenté de 30%, totalisant environ 3 100 tonnes en 2010, il devrait encore augmenter en 2011. La biomasse de morue dans les eaux canadiennes est également en augmentation et les quotas de 180 tonnes en 2010 devraient augmenter en 2011. Source : The Norway Post

Le 24 août 2010

La scission d’Aker Seafoods en deux sociétés, l’une qui sera propriétaire de bateaux de pêche et l’autre, Norway Seafoods, qui contrôlera les usines de transformation en Europe, a été confirmée mardi. Source : Aker Seafoods split confirmed (Intrafish.com 10/08/2010) / Veille produits de la mer – CCI Boulogne

Aker Seafoods a annoncé, pour le 2ème trimestre 2010, une croissance des ventes de 5,9 % et de bénéfice avant impôts de 88 %. Source : Aker harvesting, processing divisions report strong Q2 (Intrafish.com 11/08/2010) / Veille Produits de la mer – CCI Boulogne

13 octobre 2010 : Toujours plus de cabillaud en 2011

Accord de la Commission mixte russo-norvégienne sur les quotas de pêche pour 2011

La 39e session de la Commission mixte russo-norvégienne de la pêche a été organisée début octobre 2010 à Svolvær. Une partie du travail de la Commission est de préserver la gestion rationnelle et durable du cabillaud (morue), aiglefin, capelan et flétan du Groenland que la Norvège et la Russie supervisent conjointement dans la mer de Barents.

À la suite des travaux de la première journée de la 39e session de la Commission mixte russo-norvégienne de la pêche, les deux parties ont convenu de:

Définir le quota total de Nord-Est de l'Arctique de morue pour 2011 à 703.000 tonnes en conformité avec la règle de gestion et de la recommandation par le CIEM. Il s'agit d'une augmentation de 16% par rapport à 2010.

Définir le quota total de Nord-Est de l'Arctique Haddock pour 2011 à 303.000 tonnes en conformité avec la règle de gestion et de la recommandation par le CIEM. Il s'agit d'une augmentation de 25% par rapport à 2010.

Réglez le quota total pour le capelan en 2011 à 380.000 tonnes en conformité avec la règle de gestion et de la recommandation par le CIEM. Cela représente une augmentation de 5,5% par rapport à 2010.

Définir le quota total de flétan du Groenland pour 2011 à 15.000 tonnes, en conformité avec l'entente conclue à la 38e session, et de continuer à travailler au cours de la présente session sur les mesures techniques de réglementation pour les captures de flétan du Groenland en 2011.

«Je suis heureux de voir que le conjoint russo-norvégienne de la pêche Commission est parvenue à un accord sur les quotas 2011 en un temps record. Nous adhérons aux stratégies de gestion à long terme préalablement convenue par la Commission, qui forment la base de l'avis donné par le Conseil international pour l'exploration de la mer. Ces stratégies ont été un facteur clé pour permettre à des quotas l'an prochain pour être historiquement élevé », les commentaires de la ministre norvégienne de la Pêche et des Affaires côtières, Lisbeth Berg-Hansen.

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Le 17 décembre 2010

Aker Seafoods laisse

Pesquera Ancora

Aker Seafoods a revendu toutes ses actions de la société espagnole de pêche Pesquera Ancora à UK Fisheries Limited. Pesquera Ancora détient des quotas de cabillaud dans la mer de Barents et au large des côtes du Canada, qui en 2010 se montent à environ 3.300 tonnes de poissons. Cette entreprise qui emploie 52 personnes, a ses propres chalutiers. Aker Seafoods qui a tiré une légère plus value de cette vente, estime qu'il n'y avait pas assez de synergies entre Pesquera Ancora et le reste du groupe Aker Seafoods. Selon Thomas Farstad, directeur d’Aker Seafoods ASA, « la trésorerie dégagée de la vente assure une certaine sécurité pour développer l'entreprise ». Source FIS: Aker Seafoods sells Spanish subsidiary to UK Fisheries Ltd.

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Le 13 mai 2011

Arctique : La fonte des glaces découvre les convoitises

Exploitation pétrolière et minière du sous-sol, essor du trafic maritime et du tourisme, pêche facilitée : dans l'Arctique, les enjeux et les convoitises se multiplient au fur et à mesure que les glaces reculent. Or la semaine dernière, des scientifiques ont indiqué que le réchauffement climatique dans l'Arctique se faisait deux fois plus rapidement qu'ailleurs dans le monde et encore plus vite que prévu.

Alors que les représentants des 8 nations de l’Arctique se réunissent au Groenland pour la 8e conférence sur l’Arctique, certains veulent parler changement climatique tandis que d’autres n’ont que développement économique en tête.

«L’Arctique, disent les pays membres du Conseil, n’appartient qu’à ses riverains. Tout le monde a en tête que dans moins de 20 ans, la moitié du commerce mondial pourrait emprunter les voies maritimes du pôle Nord. D’énormes sommes d’argent vont circuler. L’avenir de la région est l’affaire de tous ses futurs usagers.» Ces propos, ce sont ceux de Michel Rocard, l’ambassadeur des pôles, qui était jeudi 12 mai à Nuuk, capitale du Groenland, pour l’ouverture de la 8e conférence de l’Arctique. La France, tout comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni, ne dispose que d’un siège d’observateur lors de ces négociations, un fait que regrette l’ancien Premier ministre.

Le Conseil de l’Arctique, un organe créé en 1996 après la fin de la Guerre froide, rassemble les chefs de la diplomatie des 8 pays riverains: Etats-Unis, Canada, Russie, Norvège, Suède, Finlande, Danemark et Islande. Sa mission est de fixer les règles d'une exploitation économique «durable» des richesses de la région, rendue envisageable par un réchauffement qui menace aussi la survie de ses vastes étendues glacées.... Suite et source : L’Arctique, le nouvel Eldorado ? (Jdle)

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Connaitre l’impact du réchauffement climatique sur les pêcheries Arctique

Un atelier de travail va réunir des scientifiques de Suède, Finlande et Espagne en Norvège.

Les scientifiques norvégiens notamment ceux de Nofima étudient l’impact du réchauffement de l’Océan Arctique avec l’ouverture de la route maritime du Nord - la route maritime entre l'Europe et l'Asie dans le nord - sur le transport, le tourisme, la pêche, l'aquaculture, les mammifères marins et les émissions de gaz à effet de serre.

Avec la mer de Barents comme point de référence, les chercheurs norvégiens sont au-devant de la scène pour étudier plus particulièrement les conséquences sur la pêche et l'aquaculture.

« Les objectifs est de comprendre l’impact du changement climatique sur les activités de pêche en Arctique », explique le scientifique John R. Isaksen de Nofima. « Par exemple, nous allons étudier si les changements climatiques peut avoir un impact sur la distribution des poissons et par conséquent sur l'activité de la pêche et la règlementation. « Nous allons également examiner les effets du changement climatique sur l'aquaculture en Arctique, y compris les effets environnementaux de feed-back », explique le scientifique. Suite et source : Fish marketing changes sparked by warmer ocean on research agenda (Fishnewseu)

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Le 4 novembre 2011

Norvège : stocks de morue en hausse grâce à la fonte des glaces

Les pêcheurs et les scientifiques n'ont jamais vu autant de morue qu'aujourd'hui. Le recul des glaces en serait la cause car en ouvrant de larges espaces dans les hauts fonds des mers de Norvège et de Barents, les juvéniles se trouvent contraints de fuir les prédateurs.

MARIN (LE) - 28/10/2011 - 1 p (via CCI Côte d'Opale)

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Le 16 février 2012

La Norvège a reconstitué ses stocks de cabillaud (Le Figaro)

Par Marielle Court

REPORTAGE - Malgré une réglementation stricte et des quotas fixés, le pays scandinave affiche des records de prises. Une pêche fructueuse grâce à un système moderne.

Yeux bleus rieurs, moustache et barbe blanches en bataille, Frann Fridthiof Nygaard effectue une dernière manœuvre avant d'accoster dans le petit port de Napp, l'un des points de débarquement pour les pêcheurs de l'archipel des Lofoten au nord-ouest de la Norvège. Sa lourde combinaison orange tranche avec le noir de la nuit polaire. Au fond de la cale, un amoncellement de poissons. Ce jour-là, ce sera près de 400 kg de cabillauds, quelques lieux noirs, des églefins. «Ce n'est pas une très bonne journée», lâche le marin. Qu'importe. Ce sera mieux demain ou le jour suivant.

Les pêcheurs des Lofoten ne sont pas très inquiets. La ressource est là et bien là. Le stock de cabillauds réparti entre la mer de Barents, côté russe, et la mer de Norvège, est évalué à 2,3 millions de tonnes, dont plus de la moitié migre chaque année pour frayer, entre janvier et avril, au large de la côte norvégienne. «Les prises de 2011 ont battu tous les records et à ce jour, on a dépassé les chiffres de l'an dernier à la même époque», se réjouit Johan Kvalheim, le directeur du centre des produits de la mer. Il est d'autant plus satisfait que loin d'une pêche anarchique qui décimerait les derniers spécimens, ces records sont obtenus dans le cadre de quotas particulièrement stricts et d'une réglementation tatillonne.

Une surveillance accrue des stocks

Il y a quelques années, la situation était tout autre. «Historiquement, nous disposions d'un stock de poissons et notamment de cabillauds parmi les plus importants au monde», raconte Olaf Lekve, responsable de la communication à la direction des pêches. Mais les pêcheurs qui arrivaient par milliers chaque saison pour remplir leurs filets ont vite eu raison de cette ressource. «Dans les années 1970, elle avait quasiment disparu», ajoute-t-il.

C'est à cette époque que le gouvernement norvégien décide de mettre en œuvre des quotas en s'appuyant tout d'abord sur un suivi très méticuleux des stocks. «Nous effectuons des prélèvements et des mesures avec des sonars», raconte Kjell Nilssen, chercheur à l'Institut de recherche marine. Les données sont ensuite modélisées, discutées au sein de l'ICES (Conseil International pour l'exploration de la mer) qui établit des recommandations.

Pour cette zone de pêche, les quotas sont ensuite discutés et répartis entre la Norvège et la Russie. En 2012, ceux de harengs et de capelans ont diminué de 16% tandis que ceux de cabillauds et d'églefins ont respectivement augmenté de 7% et de 5%. Avec la possibilité également d'interdire aux bateaux l'accès à des zones très importantes et pour une durée indéterminée tant que les juvéniles sont jugés trop petits et fragiles. «Il en existe une dizaine», commente Olaf Lekve qui regrette que cette pratique reste confidentielle quand on arrive dans les eaux européennes.

«Un système imperméable»

Mais surtout, les autorités ont construit au fil des ans une réglementation très encadrée de la pêche avec l'appui de la filière. «Les produits de la mer ont construit notre pays», rappelle Bénédicte Nielsen, responsable des marchés au sein de la coopérative des pêcheurs qui couvre toute la zone nord. Non seulement cette coopérative assure la traçabilité du poisson tout au long de la chaîne, mais elle établit des droits et des devoirs très encadrés.

Les droits correspondent à la garantie pour tous les pêcheurs d'être payés du produit de leur pêche. Si l'acheteur fait faillite, la coopérative prend le relais sur la base d'un prix minimum. En retour, la loi interdit strictement aux pêcheurs de jeter par-dessus bord les poissons attrapés au-delà de leurs quotas. «Ils doivent rapporter leurs prises, celles-ci sont vendues et servent à financer la surveillance», poursuit Bénédicte Nielsen. «Mais surtout, cela nous permet d'avoir une connaissance beaucoup plus exacte des stocks à la différence des pêcheurs européens qui sont encouragés à rejeter en mer leur surplus, ce qui fausse complètement les statistiques», ajoute-t-elle.

N'y a-t-il pas de braconnage en haute mer loin des regards? Entre la surveillance administrative et les garde-côtes, «le système est imperméable», assure la jeune femme qui évalue la triche à moins de 3%. En 2000, les problèmes sont apparus du côté de la Russie qui pêchait quelque 100.000 tonnes au-delà de ses quotas. «Cela déréglait tout le système.»

Aujourd'hui, un accord signé entre les deux pays a semble-t-il permis de remettre les choses en ordre. Un système dont la majorité semble se féliciter, surtout quand les filets sont pleins.

Un autre facteur entre en jeu: le réchauffement de la température de la mer. «Cela apporte plus de nourriture pour les poissons et participe à l'augmentation du stock», assure Kjell Nilssen. Même si certains redoutent qu'à terme les cabillauds ne migrent plus trouvant celles de l'océan Arctique suffisamment chaudes.

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Le 5 décembre 2012

Cabillaud, poisson en voie d’extinction !

« Longtemps poisson le plus consommé en Europe, le cabillaud est aujourd'hui menacé de disparition. »

En 2013, Norvège et Russie vont se partager un million de tonnes de cabillaud en Mer de Barents. Un record pour ces deux pays !

Mais, Arte dit : Cabillaud, un poisson en perdition



Les Vikings sont les premiers à avoir pêché intensivement le cabillaud jusqu'à Terre-Neuve. Puis les Basques ont appris à le sécher et à le saler - inventant ainsi la morue. Pendant deux siècles, le cabillaud a représenté 60 % de la consommation totale de poisson en Europe. Aujourd'hui, il est menacé de disparition à cause de la surpêche. Enquête dans la Baltique, en Norvège, en Islande et à Terre-Neuve, ainsi qu'à bord de caboteurs et de chalutiers, dont certains sont de véritables usines flottantes.

Un film de Folke Rydén et Ryszard Solarz
Avec le soutien de Baltic Sea 2020

(Pologne, Etats-Unis, Canada, 2010, 43mn) 

ZDF

Date de première diffusion : Mar., 27 nov. 2012, 17h47

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Le 13 mars 2013

Cabillaud : Beaucoup d'espoir en Norvège... Beaucoup d'inquiétudes à Boulogne...

Le cabillaud abonde en Mer de Barents pour atteindre des quotas historiques. En Manche et en Mer du Nord, l'état des stocks pour les années à venir est préoccupant selon les chercheurs de l'Ifremer...

1 million de tonnes de cabillaud en mer de Barents

Dans l’Arctique russo-norvégien, en raison du réchauffement climatique et d’une stricte gestion halieutique, le poisson est abondant au point que les quotas de pêche (1 million de tonnes partagé entre la Norvège et la Russie en 2013) n’ont jamais été aussi élevés depuis quarante ans...

« Les scientifiques estiment à 3,5 millions de tonnes (1 milliard de poissons) la population de cabillauds dans la mer de Barents aux eaux claires et froides, le plus important stock au monde, dans lequel nous capturons 90% de notre cabillaud. Mais ici, le long de la côte nord de la Norvège, nous débarquons 6% du total de nos captures. Si le cabillaud de la mer du Nord, géré par l’Union européenne, a dramatiquement chuté, celui de la mer de Barents a crû au point que les quotas de pêche (1 million de tonnes partagé entre la Norvège et la Russie en 2013) n’ont jamais été aussi élevés depuis quarante ans », explique Rolf Nilsen, la trentaine, responsable de l’exportation au centre de débarquement du poisson Lorentzen, sur l’île de Sommaroy (île de l’été), à une heure de route de « la capitale de l’Arctique », Tromso. D’après La Croix : En Norvège, les pêcheurs n’ont jamais été aussi chanceux

A ce jour, la Norvège dispose de la plus grande population de cabillauds au monde dans la mer de Barents. Mieux encore : cette population de cabillauds est la seule au monde à avoir progressé ces dernières années ! Il s’agit d’un impressionnant renversement de tendance par rapport à la situation qu’a connu le pays dans les années 80 / 90, époque à laquelle une forte diminution de la population de cabillauds avait été constatée. Aujourd’hui, la Norvège a d’ailleurs été distinguée par le WWF (World Wildlife Fund) qui a cité en exemple ses pratiques en matière de pêche durable !

La Norvège partage le stock de cabillaud de la Mer de Barents avec la Russie. Ensemble, les deux pays disposaient d’un quota de 520 000 tonnes dans la Mer de Barents en 2009, dont 222 100 tonnes pour la Norvège. En 2013, ce quota a été fixé à 1 million de tonnes, soit une augmentation de 249.000 tonnes par rapport à 2012. La Norvège se réserve 418.740 tonnes (auxquelles s’ajoutent 21.000 tonnes dans les eaux territoriales norvégiennes et 7.000 tonnes au titre de la recherche), la Russie dans la même proportion. Reste un reliquat pour des pays tiers... D’après Historically high cod quota in the Norwegian–Russian Fisheries Agreement for 2013

Le réchauffement climatique, une nouvelle chance pour la pêche arctique

En Arctique, la pêche est une activité fondamentale pour l’homme. Dans les eaux froides, la production primaire (plancton) est limitée, la vitesse de croissance des poissons est faible, et leur taux de renouvellement long. «Le réchauffement climatique devrait inverser ces caractéristiques et augmenter la productivité, explique Benjamin Planque, écologue à l’Institut de recherche marine à Tromso. Jusqu’à un certain seuil, car ensuite interagissent de nombreux facteurs qui empêchent de faire de la prévision», poursuit-il.

L’arrivée progressive d’eaux chaudes de l’Atlantique a commencé à changer la donne. Globalement, les principales espèces (morue franche, hareng, maquereau, églefin, sébaste, flétan) montent vers le nord. Mais on observe certaines anomalies, comme par exemple un déplacement des maquereaux des côtes norvégiennes vers l’Islande. Actuellement, beaucoup de recherches portent sur le devenir du plancton et d’un poisson-fourrrage crucial dans l’écosystème marin, la morue arctique. Dans les îles Lofoten, au large desquelles se reproduit la morue, un mouvement populaire s’oppose à l’exploitation pétrolière. Les Norvégiens arriveront-ils à un consensus ? D’après La Croix : L’Arctique, de nouvelles chances, de nouveaux risques
 
Boulogne. Beaucoup d'inquiétudes autour des stocks de cabillaud et de merlan

Pendant un mois, 25 membres d'équipage et 22 scientifiques de la Thalassa (navire de recherche d'Ifremer) ont examiné la ressource en Manche et Mer du Nord. Le nombre de jeunes poissons en mer diminue. C'est en tout cas ce que tendent à démontrer les résultats de la campagne IBTS 2013 en Manche et en Mer du Nord.

Les conclusions présentées mi février 2013 ne sont « pas définitives », dixit Yves Vérin, ingénieur d'études à l'IFREMER de Boulogne. « D'autres bateaux sont encore en mer et l'opération n'est pas totalement terminée », explique le chef de mission de la campagne. Il n'en reste pas moins que les premiers résultats démontrent un recrutement « pas très bon » pour le cabillaud, « médiocre » pour le merlan, et « très faible » pour l'églefin, selon Yves Vérin.

Autrement dit, l'état des stocks pour les années à venir est préoccupant. « La situation n'est pas brillante, mais pas désespérée non plus », estime le chef de mission. Pourtant, les pêcheurs boulonnais sont inquiets. « Pour une fois, on constate la même chose que les scientifiques : une raréfaction de la ressource en mer », regrette Olivier Leprêtre. Le président du comité régional des pêches a demandé à connaître l'état du stock de rouget-barbet, une espèce dont le stock aurait diminué de 70% l'année dernière, « à cause de la surpêche des senneurs hollandais ».

Quel avenir ?

Les marins-pêcheurs souhaiteraient davantage de concertation avec les scientifiques. Gérard Montassine, membre du comité régional des pêches explique : « En tant que professionnels de la mer, nous sommes sur le terrain toute l'année, au plus proche des réalités, contrairement aux scientifiques qui n'organisent des campagnes que 2 fois par an. Nous constatons aussi des choses que nous pourrions faire remonter ».

En attendant, ce sont les constatations scientifiques de " La Thalassa " et des autres navires de la campagne qui serviront aux groupes de travail. Le premier se réunira en mars pour discuter du hareng, une espèce « dont le recrutement est un peu meilleur » selon Yves Vérin. Les conclusions seront ensuite transmises à Bruxelles, pour permettre de définir les quotas de pêche en fin d'année. D'ici là, les pêcheurs continueront de pêcher ce qu'ils peuvent, et les scientifiques repartiront en mer pour une seconde campagne, au mois d'août. D'après : La Semaine dans le Boulonnais

mardi 27 octobre 2009

Avec le thon rouge, une industrie piscicole de plus en plus vorace !

Ces dernières semaines, beaucoup de personnes y compris les environnementalistes ont commenté avec jubilation les annonces émanant de centres de recherche et de sociétés d'aquaculture concernant la domestication du thon rouge. La pisciculture y est présentée comme la solution miracle à la disparition du thon rouge sauvage !

En réalité, la domestication ne représente pas une assurance à la vie d’une espèce sauvage. Demandez aux associations environnementales et de pêcheurs en Ecosse, en Norvège ou en Colombie britannique ce qu’ils pensent du saumon d’élevage ? Elles n’en veulent pas dans leurs régions… En Ecosse, les pêcheurs sportifs demandent que les salmonicultures n’obstruent plus les estuaires et s’éloignent du littoral. En Colombie-Britannique, les pêcheurs professionnels, les associations environnementales et les peuples premiers exigent que ces élevages soient en circuit fermé. En Alaska, première région pour la pêche de saumons sauvages dans le monde, la salmoniculture est interdite par la loi. En Norvège, regardez le site de Norwegian salmon association.

Une espèce carnivore de plus au tableau de l’industrie aquacole

L’élevage de thon rouge est surtout porté par des multinationales impliquées déjà dans la pêche ou le commerce du thon sauvage. Les japonais, Mahura group et Kyokuyo. L’australien, Clean Seas Tuna. Pour ces sociétés, le coût environnemental de cet élevage importe peu. Elles ont déjà fortement contribué à l’épuisement des ressources naturelles. Elever l’une des espèces les plus voraces qui soient, ne leur pose aucun problème si le marché peut répondre à leur offre. On parle de plus de 10 kg de poissons sauvages pour produire 1 kg de thon rouge ! Le thon rouge surpasse toutes les autres espèces piscicoles par sa voracité… bar, daurade, anguille, sériole et autres saumons d’élevage qui « absorbent » entre 3 et 7 kg équivalent poisson sauvage pour produire 1 kg en élevage.

Alerte des scientifiques sur les dérives de l’aquaculture

Plusieurs rapports mis en ligne depuis le début de l’année 2009, Feeding aquaculture in an era of finite resources et Aquaculture Navigates Through Troubled Waters, nous alertent sur les dérives de l’aquaculture mondiale.

Les chercheurs de l’Université de Stanford aux USA, et tout particulièrement Rosamond L. Naylor, travaillent depuis de nombreuses années sur la thématique : productions alimentaires, environnement et sécurité alimentaire. Les productions halieutiques et notamment l’aquaculture font partie de leurs champs de travail.

« L'aquaculture produit maintenant la moitié des produits halieutiques consommée dans le monde », selon les chercheurs. « Alors que les activités aquacoles deviennent de plus en plus efficaces, elles mettent également une pression significative sur les ressources halieutiques en consommant de grandes quantités d'aliments fabriqués à partir de poissons sauvages capturées en mer », ajoutent-ils.

En 2006, la production aquacole se chiffrait à 51,7 millions de tonnes. Dans le même temps, près de 20 millions de tonnes de poissons sauvages étaient capturées pour la production de farine de poisson. « Jusqu'à 5 kilos de poisson sauvage pour produire 1 kilo de saumon, et nous mangeons beaucoup de saumon », ont-ils déclaré.

Les chercheurs dénoncent aussi l’intensification des élevages de poissons herbivores en eau douce comme la carpe chinoise et le tilapia. Ces espèces piscicoles ne mangent pas en principe de protéines animales, mais depuis les années 90, ces élevages considérés généralement plus « écologiques » absorbent des quantités de plus en plus élevées de farines de poisson, dans des proportions moindres dans leur ration alimentaire, mais globalement plus importantes que l’ensemble des élevages d’espèces carnivores.
Philippe FAVRELIERE

Autres articles :

Informations complémentaires :

Photograhie de NOAA

Fermes d'engraissement....

Dans l'attente de la maitrise complète du cycle d'élevage, les thons rouges sont engraissés au large des côtes de Malte...... Voir la vidéo : Les fermes d'engraissement de thon rouge - "The changing oceans expedition" au 133e jour

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Thon rouge : la reproduction en captivité ? (Arte TV)

Comment garantir la survie du thon rouge ? C'est tout l'enjeu la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l'Atlantique (ICCAT), qui se tient cette semaine à Paris. 50 pays sont réunis notamment pour définir les quotas de pêche pour 2011. L'occasion d'une bataille entre les écologistes qui réclament l'arrêt de la pêche industrielle et ceux qui veulent le statut quo comme le Japon, 1er consommateur de thon rouge de la planète.

En Espagne, des scientifiques viennent d'accomplir une première mondiale porteuse d'espoir : ils sont parvenus à faire éclore des œufs de thon rouge, en captivité. Une réussite exceptionnelle car le thon est un poisson migrateur habitué à évoluer en eau vive, qui est très réfractaire à la captivité. Si ces expériences aboutissent, c'est l'espèce qui pourrait être sauvée. Les explications avec Sandrine Mercier et Joseph Gordillo, correspondants d'ARTE Journal en Espagne.

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Interactions entre l’aquaculture et l’environnement

Interactions entre l’aquaculture et l’environnement

Guide pour le développement durable de l’aquaculture méditerranéenne

UICN/FEAP

L’aquaculture est la culture d’organismes aquatiques. Elle englobe celle des Poissons, des Mollusques, des Crustacés et des Plantes aquatiques. Cette culture implique une forme d’intervention dans le processus d’élevage pour augmenter la production, par exemple l’alimentation, la protection contre les prédateurs, etc. La culture implique également la propriété individuelle ou juridique du stock cultivé.

Il est possible de gérer et de minimiser la majeure partie des impacts potentiels de l’aquaculture à condition de connaître les processus mis en œuvre, de pratiquer une gestion responsable et de déterminer correctement l’emplacement des installations d’aquaculture. En conséquence, les guides proposés pour une gestion durable sont des outils essentiels pour les gestionnaires politiques, les techniciens des administrations, les producteurs aquacoles et autres parties intéressées. Ce guide se centre sur les interactions entre les pratiques de l’aquaculture et l’environnement.

  • Guide A : Domestication
  • Guide B : Introduction d’Espèces Marines
  • Guide C : Capture des Stocks Sauvages pour l’Aquaculture
  • Guide D : Ingrédients des Aliments
  • Guide E : Matière Organique dans les Effluents
  • Guide F : Transfert de Pathogènes
  • Guide G : Produits Thérapeutiques et Autres
  • Guide H : Procédés Antifouling
  • Guide I : Effets sur la Faune et la Flore Locales

Pour télécharger le document, cliquer UICN

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Le 17 mars 2012

Impact de l’aquaculture sur les stocks halieutiques

Ian H. Pike, Stuart McDonnel Barlow

International fishmeal and fishoil organisation, 2 College Yard, St. Albans, Herts. AL3 4PA, Royaume-Uni

Les poissons marins d’élevage comme les salmonidés, les poissons plats et les gadidés sont carnivores. Les saumons, par exemple, se nourrissent de façon opportuniste, consommant des poissons de toutes tailles et également des crevettes et du krill (Jacobsen et Hansen, 2000). Beaucoup de poissons d’eau douce sont également carnivores. La farine et l’huile de poisson sont des matières premières qui, hormis leur teneur en eau, sont proches de l’aliment du poisson sauvage carnivore. Mais, si l’on considère l’expansion rapide de l’élevage des poissons carnivores, on peut se poser la question de savoir si l’on est en mesure de continuer à nourrir les poissons d’élevage avec de la farine et de l’huile de poisson produites à partir de poissons sauvages. Les questions traitées dans cette présentation sont les suivantes :

  • les espèces sauvages utilisées pour la production de farine et d’huile sont-elles aujourd’hui une ressource renouvelable ?
  • l’offre de farine et d’huile de poisson va-t-elle s’épuiser avec la croissance de l’aquaculture ?
  • quelles sont les possibilités de remplacement de la farine et de l’huile de poisson ?

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Revue de presse :

L'aquaculture pompe les ressources marines (Nouvelobs)
Pour nourrir les poissons d’élevage, les fermes aquacoles prélèvent une part croissante sur les réserves marines: une tendance insoutenable à long terme.
Consommer des poissons issus de l’élevage plutôt que de la pêche semble a priori un bon moyen de préserver les ressources halieutiques. Pas si simple, soulignent des chercheurs : les quantités de farines et d’huile de poisson utilisées par l’élevage augmentent rapidement et pèsent sur les ressources marines.

Le 9 février 2010

Demain, du thon rouge d'élevage ? (Le Monde)
Car si depuis plusieurs années les chercheurs tentent d'en développer l'élevage, la technique ne sera jamais au point assez rapidement pour remplacer le poisson sauvage. Les chercheurs n'arrivent pas encore à appliquer au thon rouge la recette qui a si bien marché pour le saumon. Pour une première raison très simple : un Thunnus thynnus à l'âge adulte mesure deux à trois mètres et pèse plusieurs centaines de kilogrammes, contre seulement deux à quatre kilogrammes pour un saumon.
Pour accueillir des thons, il faut donc concevoir des cages aux dimensions gigantesques, qui ne pourraient être installées que loin des côtes. "Le thon rouge, pour se développer, a besoin d'une eau plus chaude que le saumon, explique Sadasivam Kaushik, chercheur à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA). Or le littoral du sud de l'Europe est déjà très convoité par le tourisme. La seule solution est donc l'élevage en off-shore" ….

La domestication des poissons : le cas du thon rouge (Inra)
Exigences du thon rouge : Comparé aux autres poissons habituellement élevés en aquaculture marine, le thon rouge est une espèce aux caractéristiques très particulières. Le thon rouge est un grand pélagique qui effectue des migrations sur de longues distances telles que la traversée de l’Atlantique, mais on peut le trouver à très faible distance de la côte où il est pêché à la madrague…..

Le 15 mars 2010

Un thon rouge 100% d'élevage développé au Japon pour sauvegarder l'espèce (AFP)
Une entreprise nippone a débuté l'exportation de thons rouge nés et élevés en captivité, une première qui permettrait, affirme-t-elle, de consommer ce poisson sans menacer sa survie dans les océans.
Prisé pour sa chair dégustée crue en sushi, le thon rouge est d'habitude pêché à l'état sauvage notamment dans les océans Pacifique, Atlantique et Indien, ou capturé dans sa jeunesse et nourri jusqu'à l'âge adulte dans des fermes marines avant d'être mangé.
Mais l'entreprise nippone de produits de la mer Burimy a affirmé avoir, pour la première fois dans le monde, fait éclore des oeufs de thons et élevé les petits jusqu'à maturité.
"Notre thon ne porte pas atteinte à l'environnement, nous pouvons contribuer à stopper la réduction des stocks", a déclaré Takahiro Hama, un responsable de cette entreprise basée à Amakusa (sud du Japon).

Le 25 août 2010

Thon rouge : la reproduction en captivité, une avancée de la recherche européenne (Europa)

Des scientifiques de l’UE ont réussi à obtenir des dépôts d’œufs viables de thon rouge atlantique en captivité, par des moyens naturels, sans aucune induction hormonale. Si l’élevage de cette espèce menacée pouvait être développé à une échelle commerciale, la pression exercée sur les stocks sauvages serait nettement réduite. Ce résultat est le fruit de la troisième année de réalisation de SELFDOTT, un projet de recherche financé par l'Union européenne à hauteur de 2,98 millions d'euros et coordonné par l’Institut espagnol d’océanographie (IEO). Les résultats du projet ont fait l’objet d’un film, qui sera diffusé le 26 août dans le cadre de Futuris, l'émission scientifique de la chaîne de télévision Euronews. Mme Máire Geoghegan-Quinn, membre de la Commission européenne responsable de la recherche, de l’innovation et de la science, a déclaré: «Avec le projet SELFDOTT, la recherche financée par l’UE contribue à nouveau à relever les grands défis du monde actuel. Les résultats de ces recherches, s'ils sont commercialisés à terme, permettront d’accroître les ressources alimentaires tout en contribuant à la croissance et à l’emploi, ainsi qu’à la gestion durable du thon rouge.» Selon les chercheurs de l’IEO, ces résultats montrent la capacité du thon à s’adapter, après plus de trois ans de domestication. Dix millions d’œufs au total ont été pondus en une seule journée. L’obtention naturelle d’œufs de thon rouge atlantique en captivité représente un grand pas en avant dans la recherche sur l’élevage de cette espèce et en améliore les perspectives d’exploitation commerciale. Cette commercialisation pourrait contribuer à la gestion durable du thon rouge. L’équipe de SELFDOTT va à présent étudier le développement embryonnaire et larvaire de ces œufs et s'efforcer d'améliorer le taux de survie et la croissance des juvéniles. Le projet vise aussi à mettre au point des aliments durables pour les juvéniles de thon rouge et à établir un protocole pour l'élevage larvaire à l'échelle commerciale.

Contexte : SELFDOTT est un consortium où sont représentés 13 organismes publics, instituts de recherche et entreprises du secteur établis en France (IFREMER, CNRS, université Montpellier 2), en Allemagne (université de Düsseldorf), en Grèce (HCMR), en Israël (NCM-IOLR), en Italie (université de Bari), à Malte (MCFS, Malta FishFarming), en Norvège (Skretting) et en Espagne (université de Cadix, groupe Ricardo Fuentes, IEO, ce dernier assurant la coordination).

L’année dernière, les chercheurs ont réussi à faire se reproduire des thons rouges atlantiques en captivité après stimulation hormonale et ont entamé le travail d'élevage larvaire. L’aquaculture est l’une des réponses les plus prometteuses à l’appauvrissement des ressources alimentaires qui résulte entre autres de la croissance démographique, de la surpêche, de la pollution et des atteintes à l’environnement. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que la production mondiale de l’aquaculture a atteint 63 millions de tonnes en 2006 (pour une valeur de près de 65 milliards d’euros). Elle estime également que, sur les quelque 41 millions de personnes qui travaillent dans le secteur de la pêche, un quart sont employées dans l'aquaculture. Selon les prévisions, la production mondiale de l’aquaculture devrait doubler d’ici à 2045 pour répondre à la demande en poissons et fruits de mer d’une population croissante.

Pour de plus amples informations: www.selfdott.org

Pour voir l'émission Futuris sur SELFDOTT (lien actif à partir du 27 août): http://fr.euronews.net/sci-tech/futuris/

Skretting se prépare pour l'engraissement du thon durable

Des entreprises et des équipes de recherche partout dans le monde travaillent autour de la reproduction et d'élevage du thon rouge en captivité. Skretting ARC et Skretting ont réussi à développer un concept d'alimentation pour ces poissons géants très prisés. Suite….

Le 28 août 2010

Elevages de thon rouge en Europe : bientôt une réalité ? (Jdle)

Le projet de recherche Selfdott, financé par l’Union européenne, se penche depuis plusieurs années sur la reproduction en captivité du thon rouge atlantique. Les scientifiques de l’Institut espagnol d’océanographie (IEO) ont « réussi à obtenir cette année des dépôts d’œufs viables de thon rouge atlantique en captivité, par des moyens naturels, sans aucune induction hormonale », indique un communiqué de l’UE du 25 août. Ces résultats montrent, selon les chercheurs de l’IEO, la capacité du thon à s’adapter, après plus de trois ans de domestication.

L’objectif du programme Selfdott est de réduire la pression exercée sur les stocks sauvages de ce poisson menacé par la surpêche. 2,98 millions d'euros ont été investis pour relever le défi de l’élevage. Car le thon rouge est une espèce aux caractéristiques très particulières, sensible au stress et qui nécessite beaucoup d’attention tout au long de l’année. Il est donc difficile d’obtenir des œufs en captivité, même en petites quantités….

Le 31 août 2010 : Le lobby industriel de la pisciculture en action dans cet article

Thon rouge : une piste d'élevage (Ouest France)

Les scientifiques ont peut-être trouvé un moyen de réduire la pression sur les stocks sauvages. Dans le cadre du projet européen Selfdott (1), coordonné par l'Institut espagnol d'océanographie et financé par l'Union européenne (3 millions d'euros), une équipe de chercheurs a obtenu le dépôt d'oeufs viables de thon rouge atlantique en captivité. Et uniquement « par des moyens naturels, sans aucune induction hormonale. » Máire Geoghegan-Quinn, membre de la Commission européenne responsable de la recherche estime que « les résultats de ces recherches, s'ils sont commercialisés, permettront d'accroître les ressources alimentaires et une gestion durable du thon rouge ». Selon les chercheurs, « dix millions d'oeufs ont été pondus en une seule journée ». L'équipe de Selfdott va s'intéresser maintenant au développement embryonnaire et larvaire de ces oeufs et s'efforcer d'améliorer le taux de survie et la croissance des juvéniles. « Le projet vise aussi à mettre au point des aliments durables pour les juvéniles. »

Pour l'Union européenne, « l'aquaculture est une réponse prometteuse à l'appauvrissement des ressources alimentaires qui résulte de la croissance démographique, de la surpêche, de la pollution et des atteintes à l'environnement ».....

Réaction de Greenpeace : Reproduction du thon rouge en captivité : les avis déthonent (Actu-environnement)

L'UE annonçait la semaine dernière des avancées scientifiques sur la reproduction du thon rouge en captivité. Selon François Chartier (Greenpeace) ce ''progrès'' de la recherche ne ferait que déplacer le problème pour en créer de nouveaux…… Certains caressent donc l'idée de faire reproduire le thon rouge en captivité, afin de réduire la pression sur le thon rouge sauvage tout en continuant d'alimenter le marché. Une idée que partagent les Japonais, plus grands consommateurs de thon rouge, qui déclarent avoir déjà mis sur le marché les premiers thons nés et élevés en captivité. Pour François Chartier, responsable de la campagne Océans à Greenpeace, cela revient à ''se cacher derrière des utopies scientifiques''. ''Heureusement'' pour lui, ''on est encore loin du développement industriel''. Car élever des thons rouges ''causerait de nombreux dommages environnementaux, tant à court terme qu'à long terme, à l'échelle locale que globale''.

''L'élevage déplace la surpêche et crée de nouveaux problèmes'' selon Greenpeace - ''Une idée répandue réside dans le fait que, face à la surpêche, on pourrait passer de la ''cueillette'' à l'élevage. Seulement cela ne fait que déplacer le problème de la surpêche'', analyse le représentant de Greenpeace. Selon lui, pour produire 1 kilo de thon rouge en captivité, il faut 10 kilos de poisson fourrage (maquereau…). ''On va donc aller prélever à grande échelle sur ces populations de poissons et déplacer le problème de la surpêche vers le bas de la chaîne alimentaire. A l'état sauvage, le thon rouge mange de manière opportuniste, selon ses migrations, de manière variée. L'élevage au contraire a de graves impacts sur l'écosystème marin''. Comme toute forme d'aquaculture à grande échelle, l'élevage industriel de thon rouge poserait également des problèmes de pollutions à l'échelle locale. La présence en un seul endroit de populations importantes de poissons entraîne de nombreux rejets (des déjections notamment) et des contaminations. Une forte concentration de poissons peut également entraîner le développement de parasites. L'usage d'antibiotiques est donc très répandu dans l'aquaculture.

''Une réponse prometteuse'', selon la Commission européenne - Pour la Commission européenne, au contraire, ''l'aquaculture est l'une des réponses les plus prometteuses à l'appauvrissement des ressources alimentaires qui résulte entre autres de la croissance démographique, de la surpêche, de la pollution et des atteintes à l'environnement''.

Un avis que ne partage pas François Chartier : ''les marchés de thon rouge sont des marchés très haut de gamme. Or, le thon développé de manière industrielle n'atteindra pas les qualités du thon sauvage, qui est un grand migrateur et a une alimentation variée. Le thon élevé finirait donc sur des marchés en développement, moins exigeants sur la qualité du produit. En finalité, on ne règle pas le problème, on ajoute un nouveau produit sur le marché''.

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Le 24 novembre 2010 : Ferme d'engraissement en Croatie

Thon rouge: les fermes d'engraissement au coeur du système (AFP)

Face aux écologistes réclamant la suspension de la pêche industrielle du thon rouge en Méditerranée, les fermes marines, alimentées par ces navires pour y engraisser ce poisson emblématique, mettent en avant leur "transparence" et affirment protéger les stocks à leur manière. La pêche à la senne, avec des navires allant jusqu'à 40 mètres, sert surtout à alimenter cette aquaculture développée depuis les années 1990 en Méditerranée, Adriatique et dans le Golfe du Mexique. Les thons sont pêchés par centaines de tonnes dans des filets coulissants sur leurs zones de frai où ils migrent en masse pour se reproduire.

Les fermes marines engraissent les jeunes thons rouges de six mois à trois ans pour qu'ils aient la couleur et la teneur en graisse correspondant parfaitement à la demande des gourmets japonais, prêts à payer des dizaines de milliers d'euros pour sa chair raffinée à consommer crue en sushi et sashimi. "Nous engraissons les poissons jusqu'à ce qu'ils atteignent 500 voir 1.000% de leur poids d'origine" à leur arrivée dans les cages précise à l'AFP Karl Petur Jonsson, responsable communication de l'Atlantis Group, société islandaise propriétaire d'une ferme à Zadar (Croatie) sur l'Adriatique. Les poissons y sont engraissés puis surgelés et revendus au Japon et aux Etats-Unis essentiellement, ajoute ce délégué de la Fédération européenne des producteurs d'aquaculture, qui a un statut d'observateur à la réunion de la Commission pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA) qui se tient actuellement à Paris. "Comme les thons pèsent 10 ou 12 kg quand on les mets en cage, et que nous les élevons jusqu'à ce qu'ils fassent 90 kg, nous créons donc dix fois plus de biomasse que ce que nous extrayons de la mer", explique Miro Mirkovic, responsable de Kali Tuna, la filiale de l'Atlantis Group en Croatie.

La filière française de la pêche au thon rouge, elle, n'a pas de fermes marines et vend ainsi la totalité des prises des 17 thoniers-senneurs aux opérateurs de cette aquaculture fort rentable en Espagne, à Malte et en Croatie notamment.

"Nos poissons sont les avoirs les plus précieux de notre entreprise" cotée en bourse à New York et servent de "garantie collatérale de la solidité" du groupe auprès des banques, relève encore M. Jonsson. "Nous en prenons donc grand soin" avec l'aide de programmes scientifiques pour l'engraissement et d'un projet avec l'Université de Split pour l'élaboration d'un cycle de reproduction à partir d'oeufs pondus en captivité. En réponse au WWF qui accuse ces fermes d'être des "maisons de blanchiment" pour la pêche illégale car les chiffres sur les quantités de thons engraissés et exportés ne sont qu'estimés et donc incertains, Miro Mirkovic répond: "nous, on ne rate pas le moindre poisson lors de nos comptages" effectués avec des caméras.

Pour le consultant Roberto Bregazzi, le système de la pêche industrielle pour alimenter ces fermes marines a d'abord et surtout un effet désastreux sur le poids moyens de l'espèce à l'état sauvage dans les océans. En 2002, le poids moyen par poisson capturé était 147,22 kg. En 2010, il était tombé à 79,58 kg, selon des documents de la CICTA. "Les femelles matures dont les oeufs sont suffisamment riches pour que les larves soient viables ont quasiment disparues !", déplore le spécialiste. Gabrielle GRENZ (AFP)

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Le 29 juin 2011

Pisciculture : une première mondiale dans l'élevage de larves de bonite atlantique Sarda sarda (Ifremer)

Les chercheurs de la station expérimentale d'aquaculture de l'Ifremer, située à Palavas-les-Flots, ont réalisé une première mondiale dans l'élevage de larves de bonite atlantique Sarda sarda. Ils sont parvenus à leur sevrage précoce en utilisant des microparticules, c'est-à-dire qu'ils ont réussi à les faire passer d'une alimentation vivante à une alimentation inerte dès le 5ème jour après l'éclosion.

Ils ont ainsi ouvert la voie d'une méthodologie d'élevage d'avenir pour cette espèce, basée sur une séquence alimentaire très simplifiée, pratiquement sans apport de microorganismes vivants. Il est désormais possible d'envisager de répondre aux besoins nutritionnels de la bonite avec des aliments inertes (micro-granulés) dès les tout premiers jours de son élevage. Cette réussite est une étape remarquable dans la domestication de cette espèce.

Une première mondiale

Poisson proche du thon, la bonite atlantique mesure jusqu'à 80 centimètres pour environ 3 à 5 kg. Sa chair est très appréciée. Le sevrage précoce de cette espèce a été réalisé, pour la première fois dans le monde, en utilisant des microparticules associées à des rotifères2 dés le 5ème jour après l'éclosion, puis comme seule source alimentaire à partir du 8ème jour. Au 18ème jour (soit le 20 juin dernier), le comportement alimentaire vis-à-vis de ces microparticules était toujours positif et les premiers signes de métamorphose des larves survivantes en juvéniles apparaissaient de manière évidente.

Ce résultat prometteur permet, dés à présent, d'espérer une simplification de la séquence alimentaire, composée habituellement et successivement, du 2ème au 30ème jour après éclosion, de rotifères enrichis, d'Artemia (petits crustacés) enrichis, de larves d'autres poissons, de poissons émincés et finalement, de granulés. Il permet aussi et surtout d'envisager de plus amples recherches sur les besoins nutritionnels des larves durant les tout premiers jours de leur vie. Ainsi, une approche identique sera menée dans les prochaines semaines par la station aquacole de l'Ifremer avec des larves de thon rouge, Thunnus thynnus.

Des recherches menées dans le cadre du projet européen SELFDOTT

Les recherches sur l'élevage de la bonite atlantique sont conduites dans le cadre du projet européen SELFDOTT (from capture-based to SELF-sustained aquaculture and Domestication Of bluefin tuna, Thunnus Thynnus) coordonné par l'Institut Espagnol d'Océanographie (IEO) et cofinancé par le 7ème Programme Cadre pour la Recherche et le Développement de la Commission européenne. Ce projet porte principalement sur le thon rouge mais la bonite atlantique est également étudiée car considérée comme une espèce modèle, ces deux espèces appartenant à la famille des Scombridae.

Les oeufs de bonite et de thon rouge sont fournis par le centre Océanographique de Murcia (IEO) dans le cadre du projet SELFDOTT. L'Ifremer et l'IEO sont partenaires de nombreux travaux dans le domaine de l'aquaculture marine depuis le début des années 1980.

Lancé en 2008, le projet SELFDOTT se termine fin 2011. Pour de plus amples informations sur ce projet : www.selfdott.org

1 Ces microparticules sont des micro-granulés, riches en nutriments, adaptés au potentiel de digestion des larves. L'Ifremer (Unité de Physiologie Fonctionnelle des Organismes Marins du Centre Ifremer Bretagne) a mené des recherches pour le développement de ces microparticules aujourd'hui commercialisées.

2 Plancton animal produit et enrichi avec des aliments réduits en poudre.

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Le 6 septembre 2012

Le mareyeur espagnol Fuentes engraisse les thons rouges en Tunisie

Si en France la vente de quotas attribués de pêche au thon ne s'avère pas possible, la loi autorise cette pratique en Espagne. Le mareyeur Fuentes e Hijos ne se prive pas de l’utiliser. Il a également développé un système qui lui permet de jouer avec d’une part l’activité de pêche et d’autre part celle d’élevage. Il a acquis une ferme aquacole en Tunisie, où le thon capturé peut être engraissé, pour être vendu plus tard. Ceux qui, comme le groupe Fuentes, pratiquent l’élevage au Sud de la méditerranée, peuvent se jouer des règles de l’Union Européenne, qui interdit la capture après la mi-juin.

Pour les thoniers strictement européens, la situation est plus difficile. Ainsi au printemps dernier, la Commission Européenne avait pu sonner la fin de la saison de pêche au thon dès le 14 juin, un mois à peine après son lancement. Les quotas annuels, en baisse, de 5 756 tonnes pour les pêcheurs européens, avaient été atteints. Au Sud, la pêche s’était poursuivie encore 15 jours, alimentant les étals et les fermes aquacoles, où, soupçonnent beaucoup, plus de poisson sort qu'il n'en entre officiellement. D'après Econostrum : Un mareyeur espagnol contourne les quotas de pêche au thon

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Thon rouge : Tunisiens et Libyens échappent aux contrôles ! (Espace Manager)

Au moment où la plupart des thoniers-senneurs de l'Union européenne (UE) ont dû cesser la pêche le 16 juin , Bruxelles jugeant les quotas presque atteints, les flottes libyenne, turque ou tunisienne, en fort développement, ont pu poursuivre jusqu'au 30 juin, date de fermeture décidée par la Commission internationale pour la conservation des thonidés (Iccat), organisme regroupant les pays impliqués dans la pêche au thon rouge.

Dans un article paru au journal français le Point, Un remorqueur italien, Michele Trinca, croisé en mer explique la situation.

Ce dernier, abritant une marchandise de 10 tonnes de thons rouges vivants, dit transporter cette cage, qui a été pêché par des libyens les 25 et 27 Juin, vers la Tunisie, à Mahdia*, où les thons rouges seront engraissés avant d'être vendus à bon prix à des groupes japonais pour confectionner sushis et sashimis.

Le remorqueur a même accepté de montrer à des journalistes et à l'équipe de Greenpeace, qui effectue une mission de surveillance, les documents sur la cargaison de ce poisson menacé par la surpêche.

Certes, tous les pays, sans exceptions, doivent se conformer aux règlements de l'Iccat sur les déclarations de captures et les quotas, mais ceci passe avant tout par une prise de conscience des professionnels des conséquences que pourrait engendrer le phénomène de la surpêche du moment où leurs contrôles ne sont pas sans faille.

Enfin, ce cas de surpêche concerne une cargaison de thons rouges passant de la Libye à la Tunisie mais il ne faut en aucun cas croire que c'est un cas isolé dans les pays impliqués dans la pêche au thon rouge.

E.M

* Le mareyeur qui a acheté ce thon et qui contrôle la ferme de Mahdia est le groupe espagnol "Fuentes i hijos".