samedi 10 octobre 2009

Nigéria : Pétrole contre Poisson

En Afrique, le Nigéria est le pays le plus peuplé avec près de 150 millions d’habitants. C’est aussi le premier pays exportateur de pétrole. Comme dans la plupart des pays africains, le poisson constitue la première source alimentaire de protéines animales. Comme dans la plupart des pays pétroliers du Sud, la manne de l’or noir n’a pas contribué au développement économique, au contraire…. Le Nigéria est donc le premier importateur de poisson en Afrique.

Le Nigéria se situe parmi les tout premiers marchés d’importation de petits pélagiques dans le monde avec des volumes qui dépassent plusieurs centaines de milliers de tonnes chaque année. En fait, le niveau des importations varie en fonction non pas des besoins alimentaires de la population mais des cours du baril de pétrole, entre 200.000 tonnes quand les prix sont bas et 900.000 tonnes quand ils sont hauts. Les importations se composent principalement de poissons congelés : maquereau, sardinelle, merlu, hareng et mulet, pêchés sur les côtes de l’Afrique de l’Ouest (Sénégal et Mauritanie) et en Mer du Nord. Les principaux fournisseurs sont l'Espagne, les Pays-Bas, la Russie, le Danemark, l’Irlande, la Norvège,…

Perspectives aquacoles entre les mains de multinationales !

Face au déficit chronique de produits halieutiques, le Nigéria s’est engagé dans la voie de l’aquaculture. Ces derniers mois, le gouvernement a mis en place divers programmes visant à augmenter la production aquatique nationale.

Selon le commissaire chargé de l’agriculture et des coopératives de l’Etat de Lagos, dans le sud-ouest du Nigeria, M. Enock Ajiboso, « le Nigéria importe 900.000 tonnes de poisson pour 800 millions de dollars chaque année pour combler le déficit ». Les Nigérians ont besoin de 2,1 millions de tonnes de poissons mais ils n’en produisent que 650.000 tonnes par an a fait remarquer Ajiboso lors d’un séminaire sur l’aquaculture organisé à Lagos en collaboration avec la société étatsunienne de nutrition et de santé animale Novus International.

« Toutefois, nous pensons que cette tâche (ndlr développement aquacole) ne doit pas être laissée uniquement au gouvernement, d’où l’appel à la collaboration entre le gouvernement et le secteur privé pour générer une croissance durable de l’aquaculture au Nigeria. »

C’est la raison de la présence de Novus International à ce séminaire. Cette société « développe sur une base scientifique, des solutions pour la nutrition et la santé animale pour les porcs, les ruminants, les volailles, l’aquaculture et les animaux de compagnie. Novus compte plus de 25 implantations de par le monde, ainsi que des clients dans plus de 80 pays. »

Autres articles :

Pour plus d'informations :

Pour aller plus loin...

Le 28 Mai 2014

Les compagnies minières ne devraient pas être en conflit avec les communautés locales

Droits

Les conflits avec les communautés locales au sujet de l'exploitation minière, pétrolière et du gaz coûtent aux compagnies des milliards de dollars par an. Une seule société a annoncé un coût de six milliards de dollars sur une période de deux ans selon la toute première étude examinée par des pairs sur le coût des conflits dans le secteur des extractions.

Les grandes entreprises minières ont apparemment commencé à comprendre qu'il est nécessaire de travailler avec les communautés locales, et elles mettent en œuvre les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l'Homme... Mais ce n'est pas le cas dans le secteur du pétrole et du gaz. "Leur culture est très différente. Elles ne sont pas habituées à traiter avec les communautés".

Source : IPS par Stephen Leahy

D'après l'étude intitulée "Le conflit transforme les risques environnementaux et sociaux en des coûts des affaires" (1), publiée le 12 mai 2014 dans les Comptes rendus de l'Académie nationale des sciences (PNAS). Un rapport spécial intitulé "Les coûts des conflits entre les compagnies et la Communauté dans le secteur de l'extraction" (2), basé sur l'étude, est également disponible.

Le projet d’exploitation de la mine d'or de Pascua Lama au Chili a coûté à la compagnie canadienne 'Barrick Gold' 5,4 milliards de dollars après 10 années de protestations et d'irrégularités. Aucun or n'a jamais été exploité et le projet a été suspendu sur décision de justice.

Et au Pérou, le projet d’exploitation minière de cuivre de Conga estimé à deux milliards de dollars a été suspendu en 2011 après que des manifestations ont éclaté par rapport à la destruction prévue de quatre lacs de haute montagne. La compagnie 'Newmont Mining Co', basée aux Etats-Unis, qui exploite également la mine voisine de Yanacocha, a maintenant construit quatre réservoirs qui, selon son plan, doivent être utilisés à la place des lacs.

"Les communautés ne sont pas impuissantes. Notre étude montre qu'elles peuvent s'organiser et se mobiliser, ce qui entraîne des coûts importants aux compagnies", a déclaré le co-auteur, Daniel Franks, de l'Université du Queensland, en Australie, qui est également directeur adjoint du Centre pour la responsabilité sociale dans l’exploitation minière.

"Malheureusement les conflits peuvent également entraîner des bains de sang et des pertes de vies", a indiqué Franks à Tierramérica.

L'étude est basée sur 45 interviews confidentielles profondes avec des responsables de haut niveau dans les industries (énergétiques et minières) extractives ayant des activités à travers le monde.


Cette étude intitulée "Le conflit transforme les risques environnementaux et sociaux en des coûts des affaires" a été publiée le 12 mai dans les Comptes rendus de l'Académie nationale des sciences (PNAS). Un rapport spécial intitulé "Les coûts des conflits entre les compagnies et la Communauté dans le secteur de l'extraction", basé sur l'étude, est également disponible.

"Nous voulions enquêter sur les coûts des mauvaises relations avec les communautés. Les compagnies ne sont pas pleinement conscientes, et seuls certains investisseurs connaissent l'ampleur du risque", a déclaré Franks.

"Si les compagnies sont intéressées dans la sécurisation de leurs profits, alors elles doivent avoir des normes environnementales et sociales élevées et collaborer avec les communautés", a indiqué Franks dans une interview.

Investir dans le renforcement des relations avec les communautés est beaucoup moins coûteux que le conflit. Les populations locales ne sont pas généralement opposées au développement. Ce auquel elles s'opposent c’est le fait d’avoir peu de choses à dire ou de contrôle sur la façon dont le développement évolue, a-t-il ajouté.


"Nous voulons un développement qui profite aux populations indigènes et ne profite pas seulement au frère-frère de quelqu'un", a souligné Alberto Pizango, président de l'Association interethnique pour le développement de la forêt péruvienne (AIDESEP), une organisation de défense des droits des populations indigènes au Pérou représentant 1.350 communautés de la jungle amazonienne.

"Les populations indigènes ont quelque chose à dire sur le développement harmonieux avec la nature. Nous ne voulons pas de développement qui détruit notre Amazonie bien-aimée", a déclaré Pizango à Tierramérica depuis Lima, la capitale du Pérou.

Pizango résiste activement à la vente par le gouvernement du Pérou des concessions pétrolières à des compagnies étrangères sur des terres légalement attribuées aux populations indigènes.

La lutte est devenue violente à l’extérieur de la ville de Bagua, dans le nord du pays, le 5 juin 2009, lorsque la police anti-émeute armée est intervenue pour expulser des manifestants pacifiques qui bloquaient une route. Dans les affrontements 24 policiers et 10 civils ont été tués.

Pizango et 52 autres chefs indigènes ont été accusés d'incitation à la violence et de 18 autres crimes. Ils ont été jugés le 14 mai à Bagua.

Les populations indigènes protestaient contre 10 décrets-lois qu'elles jugeaient inconstitutionnels, qui ont été mis en place par le gouvernement pour fomenter l'investissement privé dans des territoires indigènes.

"Nous n'avions pas le choix et pensions que nos protestations étaient justes et que nous avions raison. Mais il était trop cher. Nous ne voulons pas voir cela de nouveau. Nous voulons passer de la 'grande manifestation' à la 'grande proposition'", a déclaré Pizango, qui risque la peine à perpétuité s'il est reconnu coupable.

Cette étude publiée dans la PNAS montre que la violence à Bagua aurait pu être évitée si les compagnies et le gouvernement reconnaissaient les droits des populations indigènes et travaillaient avec les communautés locales....

"C'est avec une grande tristesse que je dis que cela ne s'est pas encore produit au Pérou", a déclaré Pizango, qui n'était même pas à Bagua lorsque le violent affrontement a eu lieu.

En attendant, le ministère de l'Environnement du Pérou a demandé à Pizango et à l’AIDESEP d’aider dans la planification de la grande conférence de l'ONU sur le climat qui se tiendra à Lima à la fin de l'année. Le chef indigène espère que cet événement montrera au monde que les populations autochtones peuvent protéger la forêt et le climat.

La réparation des relations entre les communautés et les compagnies et les gouvernements est difficile, a dit Rachel Davis, un chercheur à l'Initiative sur la responsabilité sociale des entreprises à l'Université de Harvard, aux Etats-Unis.

"Il est beaucoup plus difficile pour une entreprise de réparer sa relation avec une communauté locale après qu’elle s’est détériorée; les relations ne peuvent pas être 'rétro-relancées'", a indiqué Davis, un co-auteur de l'étude.

Francs compare cela à un divorce, soulignant que rarement les partenaires se remarient.

Les grandes entreprises minières ont apparemment commencé à comprendre cela, et mettent en œuvre les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l'Homme et adoptent le Conseil international sur le cadre du développement durable des mines et des métaux, a affirmé Davis dans un communiqué.

Mais ce n'est pas le cas dans le secteur du pétrole et du gaz. "Leur culture est très différente. Elles ne sont pas habituées à traiter avec les communautés", a indiqué Franks.

(1) Pnas : Conflict translates environmental and social risk into business costs

(2) Costs of Company-Community Conflict in the Extractive Sector. Corporate Social Responsibility Initiative Report (John F. Kennedy School of Government, Harvard University, Cambridge, MA)
Davis R, Franks DM, (2014)

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

Revue de Presse :

Le 13 octobre 2009

L'odeur de poisson fumant remplit l'air pendant que l'on s'approche du bungalow situé à quelques mètres de la rive de la lagune. Comme la plupart des familles dans le village, l'instituteur John Sewanu et sa famille de sept membres dépendent de la mer pour l'alimentation et les revenus.

Le poisson est une importante composante alimentaire et l'une des quelques sources de protéines animales disponibles pour beaucoup de personnes en Afrique subsaharienne, représentant une moyenne de 20 pour cent de l’ensemble des protéines. Dans les zones côtières, le poisson fournit jusqu’à 80 pour cent de protéines animales consommées....

La pêche est pratiquée sur beaucoup de fleuves, de criques et de lagunes du Nigeria, alors que des chalutiers opèrent le long de la côte, mais la prise totale annuelle ne fournit que 50 pour cent des besoins en produits de mer du pays, estimés à 800.000 tonnes, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Le Nigeria importe plus de 200 millions de dollars de produits de mer chaque année pour compléter la production locale. La consommation de produits séchés et fumés augmente, notamment dans les zones les plus reculées, parce qu’ils sont faciles à conserver et à consommer. Sewanu et d'autres pêcheurs dans le village, avec une population d'environ 2.000 habitants, utilisent un équipement et des méthodes simples.....

Au cours d'une réunion à Lagos, la capitale économique du pays, au début de cette année, la marine nigériane a dit qu'elle a acquis des bateaux pour lutter contre la piraterie dans ses eaux territoriales, y compris le contrôle des activités de pêche des bateaux étrangers qui pêchent illégalement dans ses eaux. Mais les pêcheurs locaux estiment que si le gouvernement veut assurer la disponibilité de protéines de poisson et renforcer les communautés de pêche comme Akarakumo, les problèmes du coût élevé des filets de pêche et des équipements doivent être réglés.... 

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

Le 3 décembre 2009

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) va contôler les installations de raffinerie de cette région qui continuent de polluer les eaux du fleuve Niger avec des rejets d’hydrocarbures par manque d’entretien et de rénovation depuis près de 20 ans.
 
Une évaluation de la pollution aux hydrocarbures du delta du Niger menée par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) avec le soutien du gouverneur de l’Etat de Rivers, au Nigéria, va analyser pendant un an l’impact de la production pétrolière en termes de pollution sur les eaux du delta du Niger dans la région d’Ogoni.

L’Etat de Rivers représente environ 40% à la production pétrolière et de gaz naturel du Nigéria. La majeure partie de la population du delta du Niger reste employée dans le domaine de la pêche et de l’agriculture. Le Nigéria est aussi victime de la déforestation avec un des taux les plus élevés au monde, soit 3,3 % par an.
 
Or, selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), les installations de raffinerie de cette région continuent de polluer les eaux du fleuve Niger avec des rejets d’hydrocarbures par manque d’entretien et de rénovation depuis près de 20 ans.
 
L’expertise du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) consistera en la quantification et en l’analyse des mesures à prendre pour que l’industrie pétrolière du Nigéria se conforme aux normes environnementales internationales.
 
L’annonce de cette évaluation a eu lieu à Port-Harcourt, la capitale de l’Etat de Rivers. Cette évaluation de la pollution aux hydrocarbures du delta du Niger, qui va coûter 9,5 millions de dollars, est financée par plusieurs groupes pétroliers, la Nigerian National Petroleum Corporation, Shell, Total et Agip.

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

Le 16 décembre 2009

Pour la première fois aux Pays-Bas, une multinationale est assignée devant les tribunaux afin de répondre des dommages créés par une de ses filiales à l'étranger. Si le tribunal se déclare compétent pour traiter ce cas et si la responsabilité de la compagnie mère est retenue, ce pourrait être un pas important pour la défense des droits des populations.C'est devant le tribunal civil de La Haye, aux Pays-Bas, que deux paysans nigériens ont porté plainte contre le géant pétrolier Shell. L'issue de la bataille juridique qui s'est engagée est cependant encore bien incertaine. D'un côté, un paysan et un pêcheur originaires d'Oruma, un petit village situé dans le Delta du Niger, région totalement dévastée à la suite d'une fuite d'un oléoduc en 2005, soutenus par l'association écologique néerlandaise Milieudefensie (les Amis de la Terre Pays-Bas) ; de l'autre, la filiale nigérienne de Shell et, c'est là le point juridique très important, la compagnie mère elle-même (la Royal Dutch Shell plc). Les dégâts occasionnés par la fuite de l'oléoduc ont été d'une telle ampleur, que les populations locales qui vivaient principalement de l'agriculture et de la pêche se sont retrouvés sans moyens de subsistance et sans eau potable. Alali Efanga, l'un des ....

==================


Amnesty International et Les Amis de la Terre ont porté plainte en bonne et due forme mardi 25 janvier contre le géant pétrolier Shell pour violation des Principes directeurs pour un comportement responsable des entreprises édictés par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Les deux organisations affirment qu’en publiant des informations discréditées et trompeuses visant à attribuer la responsabilité de la majeure partie de la pollution à ceux qui sabotent ses opérations dans le delta du Niger, Shell bafoue les Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales. La plainte a été déposée auprès des points de contact nationaux de l’OCDE au Royaume-Uni et aux Pays-Bas...« Les chiffres avancés par Shell ne sont absolument pas crédibles, a indiqué Audrey Gaughran d’Amnesty International...Nnimmo Bassey, directeur général des Amis de la Terre Nigeria et président des Amis de la Terre International, a déclaré : « Nous surveillons régulièrement les déversements et nos observations contredisent souvent les informations livrées par Shell... »

===================

Le 9 août 2011

La mangrove détruite par le pétrole dans le Delta du Niger (WRM)
La mangrove est un écosystème riche et fragile qui dépend d’autres écosystèmes voisins: les fleuves et les marais salants. À son tour, la santé de la mer et des récifs coralliens dépend de la santé de la mangrove. Tout est connecté.

La mangrove est aussi très importante pour beaucoup de populations humaines qui habitent autour d’elle et qui l’utilisent de diverses manières, pour assurer leur souveraineté alimentaire grâce aux fruits de mer, pour satisfaire leurs besoins de logement grâce au bois pour la construction de maisons et de poteaux, et pour gagner leur vie grâce à ses divers produits. Ces communautés ont toujours maintenu des rapports durables avec l’écosystème, qu’ils ont exploité à petite échelle pour subvenir à leurs besoins, connaissant profondément ses multiples fonctions. Les femmes en ont été les principales responsables.

Bien que les mangroves soient très importantes pour l’environnement et pour les gens, elles sont la cible d’activités à grande échelle, comme l’extraction de pétrole.

Un document d’Oilwatch sur l’impact des activités pétrolières sur les mangroves [1] souligne qu’elles commencent par comporter leur déboisement pour la construction d’installations, telles que derricks, campements, puits, routes, hélistations, etc. La zone est dévastée aussi par les forages qui impliquent de draguer les canaux existants pour les élargir et les approfondir, ou d’en creuser de nouveaux. Plus le canal est large et profond, plus l’écosystème est endommagé. La construction de ces canaux modifie le régime hydrique naturel des mangroves et les rend plus vulnérables à l’érosion, en modifiant le volume d’eau douce et le volume d’eau de mer dans et autour d’elles ; ceci perturbe le système de drainage, la végétation et le sol. Ces perturbations peuvent, à leur tour, causer des modifications du pH du sol et de l’eau, susceptibles de provoquer une détérioration considérable de la qualité des mangroves.

La présence de pétrole dans les mangroves, par suite d’accidents, du nettoyage des puits ou de déversements, produit une forte pollution qui peut rester dans la région pendant beaucoup d’années.

Au Nigeria, de grandes étendues de mangrove du Delta du Niger ont été endommagées par les déversements de pétrole qui se produisent régulièrement. À ce qu’on dit, 1,5 million de tonnes de pétrole y ont été déversées au cours des 50 dernières années.

La destruction des mangroves pour l’extraction de pétrole n’a apporté aucun bénéfice aux communautés rurales nigérianes : l’espérance de vie est tombée à 40 ans en l’espace de deux générations ; la disponibilité d’eau propre est très limitée ; les terres agricoles ont été endommagées ; l’eau superficielle et potable a été polluée et les poissons ont été ravagés par le pétrole graisseux qui coule toujours de l’un ou l’autre des oléoducs qui, par centaines, traversent des zones très urbanisées et côtoient les champs et les étangs poissonneux. Ces oléoducs sont là pour satisfaire les besoins en pétrole des États-Unis : 40 % des importations de brut de ce pays proviennent du Delta du Niger.

« Nous avons perdu nos filets, nos cabanes et nos nasses », « Nous avons perdu notre forêt », a dit le chef Promise, leader villageois d’Otuegwe, à John Vidal, rédacteur environnemental de The Observer, au cours d’un voyage [2] à l’endroit où, en 2008, l’explosion d’un oléoduc avait tué une centaine de personnes. Marchant dans le marais, le journaliste a pu sentir l’odeur de pétrole et il a fini par nager dans des étangs de brut. Il rapporte les plaintes du chef Promise : « Nous avons prévenu Shell du déversement au bout de quelques jours, mais ils n’ont rien fait pendant six mois ».

Des déversements de pétrole tragiques ont eu lieu au Delta du Niger mais, n’ayant pas fait la une des journaux, ils sont passés presque inaperçus. Pourtant, la quantité de pétrole déversé l’année dernière dans le Golfe du Mexique après une explosion dans le Deepwater Horizon de BP était moins importante que celle qui fuit chaque année du réseau de terminaux, de pipelines, de stations de pompage et de plateformes pétrolières du delta.

===================

Le 22 août 2011

Nigéria : Shell épinglé par le PNUE

Article de Novethic

Shell est décidément dans l’œil du cyclone. Alors que la fuite d’un de ses oléoducs menace de marée noire la mer du Nord, le pétrolier a été largement montré du doigt début août dans un rapport du PNUE sur l’état de pollution d’une région du Nigeria. Diligenté par le gouvernement nigérian et financé par Shell, ce rapport, au départ controversé a nécessité 14 mois d’investigations approfondies (122 km² de droits de passage d’oléoducs et 5 000 dossiers médicaux étudiés) pour aboutir à une conclusion sans appel : reconnaissant une contamination environnementale du pays Ogoni dans le delta du Niger, le PNUE estime à 30 ans le temps nécessaire à une restauration environnementale complète. Et il y a urgence au vu de la pollution très importante de l’eau potable dans certaines zones. A Nisisioken Ogale, la population ingère de l’eau en provenance d’un puits contaminé au benzène à un niveau 900 fois supérieur à ce que préconise l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Une couche de 8 cm de pétrole raffiné flottant dans la nappe phréatique alimentant le puits.

Fuite de pétrole en mer du nord

Depuis mercredi dernier, une fuite s’est déclarée sur une plateforme pétrolière de Shell en Mer du Nord à près de 180 km des côtes écossaises. Avec plus de 1300 barils de pétrole déversés il s’agit de la pire marée noire enregistrée en Mer du Nord depuis 10 ans, restant néanmoins sans commune mesure avec la catastrophe de Deepwater Horizon en Floride (5 millions de barils). Alors que Shell assurait samedi avoir colmaté la fuite, une seconde, moins importante, s’est déclenchée en début de semaine. Shell affirme néanmoins avoir le contrôle de la situation. Les associations environnementales telles que Greenpeace et la société royale de protection des oiseaux (Royal Society for the Protection of Birds RSPB) ont dénoncé le manque de transparence de Shell qui a attendu près de 48h avant de rendre la fuite publique. La RSPB écossaise a appelé au lancement d’une enquête afin d’avoir accès aux données de Shell et de connaître précisément les circonstances de l’accident. Le Ministère de l’Energie et du Changement Climatique devrait s’en charger.

Le système de gestion de Shell peu performant

Un rapport du PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement) confirme une pollution massive du pays Ogoni liée à l'activité pétrolière et pointe notamment la responsabilité de Shell qui a exploité la zone jusqu'en 1993…. Suite sur Novethic

Aucun commentaire: