lundi 7 septembre 2009

La Hollande, une exception dans le paysage halieutique européen

Dans sa dernière livraison, le magazine de la commission européenne « Pêche et Aquaculture en Europe » présente un dossier sur la réforme de la politique commune de la pêche : jeter les fondations pour l’avenir. Passons l’éditorial de Joe Borg, commissaire européen chargé des affaires maritimes et de la pêche et l’article qui reprend les différents points du livre vert sur la réforme de la PCP. Regardons plutôt l’exemple choisi pour illustrer le dossier : « Autogestion : l’exemple néerlandais ».

Le contexte :

« Le livre vert pointe la nécessité d’impliquer davantage le secteur dans la gestion des pêches. Actuellement, dans la plupart des États membres, les pêcheurs subissent les règles imposées d’en haut, sans avoir le sentiment d’y avoir été associés suffisamment. Il en résulte généralement beaucoup de réticences et une tendance à ne pas se plier à ces règles.
La Commission propose donc d’impliquer davantage les pêcheurs dans la gestion et le contrôle des pêches. Des systèmes d’autogestion sont déjà appliqués avec succès au Danemark et aux Pays-Bas. Coup d’oeil sur l’expérience néerlandaise. »

C’est à Urk, ville néerlandaise centrée sur la pêche et son industrie, que le système néerlandais de l’autogestion est né il y a maintenant une quinzaine d’années….

Prendre les Pays-Bas comme exemple pour la pêche européenne a quelque chose de surréaliste. Dans le paysage halieutique européen, l’exception néerlandaise devrait-elle devenir la règle ?

Urk, un grand port de pêche au milieu des terres

La ville d’Urk est le principal centre halieutique hollandais avec la première criée du pays (1). Elle est localisée à une centaine de kilomètres du littoral marin le plus proche. Depuis la construction des polders, il y a 70 ans, la flottille de pêche rattachée à Urk, ne vient plus au port que pour profiter des chantiers navals de la ville. Les 52 bateaux de pêche qui concentrent 35 % des quotas nationaux de plie et de sole, les deux principales espèces du pays (avec la crevette grise, le hareng,...), envoient l’essentiel de leurs captures par camions à la criée d’Urk, comme beaucoup d’autres entreprises de pêche néerlandaises, pour profiter des prix traditionnellement élevés qui se pratiquent ici grâce au voisinage des gros transformateurs. Cette flottille est désormais basée dans les ports de la côte, à Harlingen, Den Helder ou Ijmuiden. La criée d’Urk voit passer près de 40.000 tonnes de poissons chaque année, autant qu’à la criée de Boulogne, la première en France.

Un pays de pêcheurs et surtout de commerçants de poissons

Les Pays-Bas se placent au 5e rang de la pêche européenne, juste derrière la France. Pour près de 500.000 tonnes de productions halieutiques, le pays dispose d’une flottille de moins de 400 bateaux (y compris les 60 bateaux mytilicoles). En France pour 800.000 tonnes il y a plus de 5000 bateaux.

Le pays est le deuxième pays exportateur de produits halieutiques en Europe pour une valeur de 2,3 milliards d’euros (après le Danemark) et le neuvième dans le monde. Avec une balance commerciale excédentaire de 0,5 milliard d’euros, la Hollande fait figure d’exception dans une Europe des 27 largement déficitaire. (Déficit de la France : - 2,7 milliards d’euros). Le pays est une plaque tournante du commerce halieutique pour l'Europe de l'Ouest. En plus de ses propres productions, c'est l'une des portes d'entrée principales pour les importations de poissons d'eau douce, perche du Nil et Panga, de crevettes tropicales et nordiques pour l'approvisionnement des différents marchés de l'Union Européenne (Belgique, Allemagne, Italie, France et Espagne).
(1) la criée d'Urk est en fait la deuxième du pays en volume, devancée par celle de Yerseke spécialisée dans la vente de moule d'élevage dont la Hollande est 3e producteur européen.


La pêche européenne et néerlandaise en chiffres :

Autres informations sur les Pays-Bas :

Montage à partir d'une image Google Earth et d'une carte de Wikipedia

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Braving Troubled Waters

Sea Change in a Dutch Fishing Community

Rob Van Ginkel

2009

Cette étude ethnographique considère l'engagement des pêcheurs néerlandais avec les ressources limitées du monde marin, ainsi que les marchés capricieux et les interventions politiques qui régissent l'industrie de la pêche du début du XVIIIe siècle à nos jours. Plus précisément, elle se concentre sur les propriétaires-exploitants, les matelots, les épouses de pêcheurs et autres personnes impliquées dans les pêcheries de Texel, une île à l'extrémité nord-ouest des Pays-Bas. Élucider la façon dont les pêcheurs ont navigué sur des eaux dangereuses, à la fois dans un sens réel et métaphorique, pendant de nombreuses décennies, Bravant Troubled Waters offre un portrait d'une communauté à l'interface des processus locaux, nationaux et supranationaux.

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Le 19 juin 2012

Hollande. Pays exemplaire ?

La Hollande est l'un des rare pays de l'UE à dire "Oui" aux propositions de réforme de la PCP. Pourtant, ce pays ne montre pas l'exemple. Ses armateurs développent une technique de pêche parmi les plus destructrices : Le chalut électrique...

Le Taser pour les soles

Communiqué de Robin des Bois

En 1868, un brevet concernant un harpon électrique pour la chasse à la baleine est déposé au Royaume-Uni.

En 1931, le magazine américain Popular Science présente avec enthousiasme une technique de pêche révolutionnaire consistant à émettre dans le milieu marin des décharges électriques qui étourdissent les poissons et les amènent à la surface où ils sont ramassés dans des filets.

En 1985 Ifremer – Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer - recommande la poursuite des recherches et des échanges d’information sur les techniques de pêche électrique.

En 1998, l’Union Européenne se méfie des excès des « pêches non conventionnelles » et interdit de « capturer des organismes marins au moyen de méthodes comprenant l’utilisation d’explosifs, de poisons, de substances soporifiques ou de courant électrique ». Avant cette interdiction, l’usage de l’électricité était autorisé pour la pêche au thon et au requin pèlerin dans certains secteurs de la mer Baltique ; des pêches clandestines sont observées depuis 2004 en Ecosse.

En Chine, 3.500 bateaux de pêche étaient équipés de chaluts électriques. Ces engins y ont été interdits en 2001 à cause des mortalités de crevettes juvéniles, de toutes les espèces de fond et des difficultés pour contrôler l’emploi de cette technique. Beaucoup de pêcheurs avaient pris l’habitude d’émettre des décharges électriques beaucoup plus puissantes que les voltages autorisés. Aujourd’hui, la pêche électrique illégale continue. Elle contribue à l’extinction des dauphins fluviatiles de Chine (Lipotes vexillifer) et des marsouins aptère (Neophocaena asiaeorientalis).

En 2006, L’Europe fait un pas en arrière et autorise à titre expérimental la pêche au chalut électrique en mer du Nord. Cette dérogation à l’interdiction générale cède aux pressions des Pays-Bas et des fabricants d’engins de pêche. Il s’agit d’employer l’électricité à l’avant des chaluts de fond et d’électrochoquer les soles et autres poissons cibles enfouis dans les sédiments des fonds de la mer du Nord. Les poissons sont en quelque sorte décollés de leur habitat par les décharges électriques et « la sole monte comme une feuille morte et le chalut qui suit n’a plus qu’à la cueillir »(1). En fait, la sole n’est pas morte. Elle est prise de spasmes et de convulsions. Les décharges électriques ne sont évidemment pas sélectives et elles frappent toutes les espèces animales qui vivent et se nourrissent dans les fonds de la mer. Des spécimens sont pris dans les chaluts, d’autres ne le sont pas.

En 2012, 74 chalutiers des Pays-Bas, de Belgique, et du Royaume-Uni pêchent la sole avec le concours de l’électricité. La file d’attente des candidats à cette technique s’allonge.

La pêche électrique se présente comme un moyen de mettre sur le marché des poissons présentables. L’autre argument favorable est que les chaluts électriques sont moins perturbateurs des fonds marins que les chaluts traditionnels. Mais les recherches montrent que les poissons victimes de la pêche électrique présentent des taux anormaux d’hémorragies, de fractures, de ruptures de la moelle épinière. Les cabillauds, les raies et les requins sont particulièrement vulnérables. En fait, les champs électriques déployés à l’avant des chaluts de fond ont aussi un impact négatif sur les embryons, les larves, les coquillages, les crustacés, les vers arénicoles. Et des questions sans réponses se posent sur l’impact négatif de cette pratique sur les capacités de reproduction de la faune marine. D’autres conclusions scientifiques préliminaires s’inquiètent des effets du stress électrique si des spécimens sont plusieurs fois dans leur vie atteints par les arcs électriques.

Quand une prétendue innovation technologique débouche sur la cruauté envers les animaux et ajoute la torture à la capture, elle doit être rejetée et interdite ; les argumentations économiques et écologiques comme la réduction de la consommation de fuel et même la préservation relative des fonds marins doivent être balayées. Source : Robin des Bois

(1) Journal Le Marin La Pêche électrique fait des étincelles, 1° juin 2012. Pour accéder au dossier du Marin, cliquer Le Kiosque

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Juin 2012

Pays-Bas : 95.000 € pour ce tonnelet qui contient 45 harengs nouveaux !


La saison du hareng s'est ouverte mercredi (ndlr 6 juin 2012) aux Pays-Bas avec la vente à la criée du premier tonnelet de harengs nouveaux, adjugé au prix record de 95.000 euros à Scheveningen, le port de La Haye, a annoncé le Bureau néerlandais de promotion de la pêche (NvB).

La saison du hareng s'est ouverte mercredi aux Pays-Bas avec la vente à la criée du premier tonnelet de harengs nouveaux, adjugé au prix record de 95.000 euros à Scheveningen, le port de La Haye, a annoncé le Bureau néerlandais de promotion de la pêche (NvB).

"Le premier tonnelet de harengs vidés et salés, vendu à l'ouverture de la saison du "Hollandais Nouveau", a été adjugé aujourd'hui pour 95.000 euros", a déclaré à l'AFP Agnes Leewis, une responsable du NvB : "c'est le prix le plus élevé qui ait jamais été payé".

Le précédent record de cette vente traditionnelle, organisée en 2012 pour la 28e fois, s'était établi à 75.000 euros en 2006. La recette de la vente du tonnelet, qui contient 45 harengs, sera versée à une association d'aide aux enfants démunis.

Le hareng est préparé selon une recette hollandaise séculaire : il est recouvert de sel pour le faire "mûrir" durant un à quatre jours, en fonction de sa taille, et est ensuite congelé pour stopper sa maturation. Il est généralement dégusté cru, éventuellement accompagné d'oignons émincés, et d'un petit pain blanc. Les harengs pêchés en 2012 ont été qualifiés de "gras et salés" par un panel d'experts, cités dans un communiqué du NvB.

Pêchés en Mer du Nord au large des côtes scandinaves et écossaises entre fin mai et début juillet, quelque 180 millions de harengs, soit 25.000 tonnes, sont préparés chaque année selon la recette traditionnelle néerlandaise, a précisé le NvB. Environ 90 millions d'entre eux seront exportés vers l'Allemagne et 14 millions vers la Belgique, selon la même source. L'Express :Un tonnelet de harengs vendu au prix record de 95.000 euros

Image : Vaatje Hollandse Nieuwe Haring 2012

Pour aller plus loin....

Marchant : Hollandais "nouveaux" ou "Maatjes"

Qu'est-ce que le Hollandais nouveau ?

Chaque année, le hareng parcourt le même cycle. Durant les mois d'hiver, il est maigre. Il commence à grossir en automne grâce à la présence de plancton dans l'eau. Dans des conditions favorables, le hareng peut prendre deux pour cent de graisse par jour. Un quart de son poids peut finalement être composé de graisse. En mai, lorsque le hareng a atteint un pourcentage de graisse suffisant, la période annuelle de pêche du maatje peut commencer. Elle s'étale généralement jusqu'au mois de juillet. Le hareng peut donc s'appeler Hollandais nouveau lorsqu'il contient suffisamment de graisse et est caqué, salé et découpé en filets selon la méthode hollandaise traditionnelle....

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Le hareng nouveau, une spécialité bien hollandaise

Véritable produit star des Pays-Bas, le hareng nouveau (que l'on appelle Hollandse Nieuwe aux Pays-Bas, Matje en Allemagne et maatje en Belgique) se consomme crû, accompagné d'oignons émincés et parfois, de tranches de cornichon. On le propose «à la queue» ou sur un sandwich de pain blanc. Son goût ne ressemble en rien à celui d'un filet de hareng au vinaigre. Il est tendre, crémeux et légèrement salé.

Une recette séculaire

Pour obtenir un Hollandse Nieuwe, il faut pêcher le hareng avant qu'il n'ait eu l'occasion de se reproduire, c'est-à-dire entre fin mai et début juillet. Ceci garantit sa teneur en graisse (au moins 16% et jusqu'à 27% les années riches en plancton), l'absence de laitance et d'œufs, et au final, sa texture tendre.

Les poissons sont préparés selon une recette hollandaise du 14ème siècle qui n'a pas varié depuis lors. On les vide partiellement (les ouïes et les intestins sont retirés, mais pas le pancréas, qui va donner le goût si particulier au hareng) et on les recouvre de sel pour les amener à maturation. De 1 à 4 jour(s) plus tard (en fonction de leur taille), on les congèle à -45 degrés pour stopper net la maturation et tuer les parasites, dont le ver du hareng, dangereux pour l'homme. Les filets sont levés une fois les harengs décongelés. Selon l'Office néerlandais du poisson, la congélation est une étape importante du processus car sinon, les harengs deviendraient trop salés. La chair d'un bon Hollandse Nieuwe a une teneur en sel d'environ 2%.

12.000 tonnes de hareng consommées chaque année aux Pays-Bas

Chaque année, près de 30.000 tonnes de harengs pêchés en mer du Nord, soit 200 millions de poissons, sont transformés en Hollandse Nieuwe: 12.000 tonnes sont consommées aux Pays-Bas, le solde étant destiné à l'Allemagne (15.000 tonnes) et à la Belgique (3.000 tonnes).

Les amateurs consomment le hareng nouveau de mai à juillet, pas au-delà, car il perd de sa tendresse, la congélation ayant duré trop longtemps. Le hareng nettoyé et découpé sur place est le meilleur.

Les harengs pêchés le reste de l'année, trop maigres pour devenir des Hollandse Nieuwe, sont fumés ou transformés en rollmops, et exportés, notamment vers l'Afrique.

À peine 5% des hareng consommés aux Pays-Bas sont pêchés par des Néerlandais. La majorité le sont par des pêcheurs norvégiens, suédois, britanniques ou danois. Une partie des poissons est transformée en Hollandse Nieuwe en Scandinavie, mais selon la méthode hollandaise et sous la supervision de «maîtres affineurs» néerlandais.

Vlaggestjesdag

L'arrivée du premier chalutier avec le hareng nouveau tous les ans fin mai-début juin (en fait, une course de bateaux mise en scène) est l'occasion de faire la fête à Scheveningen, la station balnéaire de La Haye, qui se pare pour l'occasion de fanions et de drapeaux aux couleurs néerlandaises et aux couleurs de Scheveningen (3 harengs coiffés chacun d'une couronne dorée sur fond bleu).

Lors du Vlaggetjesdag ou Jour des petits drapeaux, tous les habitants de Scheveningen descendent dans la rue et invitent les visiteurs à déguster avec eux le hareng nouveau. Il y a des jeux pour enfants, des marchés artisanaux, de la musique (avec les chœurs de marins locaux) et on peut même se faire prendre en photo en costume traditionnel de Scheveningen.

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Le 26 août 2010

Le village de Yerseke, capitale de la moule hollandaise (Le Figaro)

Aux Pays-Bas, les mytiliculteurs vendent toute leur production aux enchères dans une criée dans le sud du pays. L'endroit ressemble à une salle d'examen. Derrière leur pupitre, une dizaine d'hommes scrutent en silence un grand tableau électronique. Origine, producteur, longueur, largeur… Ces traders d'un genre inédit découvrendt en direct les caractéristiques du lot de moules mis aux enchères.... Suite Le Figaro accès payant

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Le 6 décembre 2010 : Hollandais en repérage pour la langoustine

Port. Les Néerlandais au plus près de la pêche fraîche (Le Télégramme)

Jeudi soir, l'une des treize unités de recherches maritimes néerlandaises, basée à l'Université de Wageningen, «spécialité langoustine», investissait les quais guilvinistes. Une démarche spécifique au plus près du port spécialiste de cette espèce débarquée vivante, avec une problématique d'échange de savoir-faire, de développement, de marché aussi.

Valoriser les captures - Après la découverte de Lorient, les 26 «découvreurs», pilotés par Odyssée Développement, se sont imprégnés au plus près des côtiers. Pêche ultra-fraîche qu'ils ne connaissent pas et qu'ils souhaitent apprivoiser pour valoriser leurs captures. Leurs bases de pêche s'établissent à 100 milles nautiques et leurs chalutiers sont contraints d'offrir de la langoustine glacée. Une production vouée à l'exportation, car les Néerlandais n'en sont pas friands. Ils mènent donc une réflexion sur des viviers à installer à bord et sur la promotion du produit à faire connaître. Tant Jack Vader, ancien directeur de criée aux Pays-Bas, qu'Amélie Bocquel, oeuvrant tous les deux pour Odyssée Développement, bureau d'études en économie maritime basé à LaRochelle, ont accompagné la démarche néerlandaise portée par la délégation représentative de sa filière.

En quête de savoir-faire......

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Le 4 septembre 2011

Spécial braderie : La moule de Zélande, de la mer à l'assiette (Nord Eclair)

C'est la reine de la braderie. Sur les 500 tonnes de moules ingurgitées ce week end, la majorité vient des Pays-Bas. Et plus précisément de la province de Zélande et de la ville de Yerseke où elle fait vivre plusieurs métiers.

Suivons-la...

À Lille, c'est une institution. Depuis plus de 30 ans, la brasserie Aux Moules a fait de ce mollusque sa spécialité. Et, ici, on ne jure que par la moule de Hollande, avec sa couleur blanc-jaune si caractéristique et son goût pas trop marqué, qui en fait un produit idéal en casserole. « Ce sont nos cousins ! C'est culturel. À Toulouse, on mange de la saucisse de Toulouse. À Lille, on mange de la moule de Hollande », explique Benoît Gardes, de la Brasserie.

Une moule sauvage. Son nom scientifique est Mytilus edulis, comme la bouchot. Moule sauvage, elle naît par fécondation dans l'eau. Lorsque les coquilles commencent à se former, elles coulent au fond de la mer. Avec des milliers d'autres moules, elles se regroupent en grappes appelées naissains, pour résister aux prédateurs naturels et aux tempêtes.

Le travail du mytiliculteur. Ils sont environ 70 en Hollande, à bénéficier de concessions en mer et de quotas de pêche de naissains.

Le mytiliculteur pêche les moules deux fois par an puis les dépose sur des parcelles. Pendant la croissance, qui dure environ 2 ans, le mytiliculteur va jongler entre les parcelles, plus ou moins exposées aux risques naturels, plus ou moins favorables à une forte croissance. Ces parcelles sont situées dans l'Escaut oriental et la mer de Wadden, riches en plancton très nutritif pour les moules.

La criée de Yerseke. C'est un système unique au monde pour les moules. « C'est faisable car nous avons un produit très homogène », explique Olivier Camelot, directeur commercial, originaire de... Wambrechies, chez Delta Mossel, négociant en moules. Lorsqu'elles arrivent à maturité, un employé de la criée vient en prélever quelques kilos pour fixer un prix. La vente s'apparente à une vente par adjudication. La saison dernière (de juillet 2010 à avril 2011, ndlr), la production a ainsi atteint 55.000 tonnes.

Le travail du négociant. Ils sont 7 à se partager le marché, un nombre en baisse à l'image de la production totale de moules. Leur travail est entré dans l'ère industrielle. Delta Mossel emploie ainsi quelque 80 salariés. Une fois la vente conclue, leur travail commence. Les moules rejoignent d'abord les parcelles de dégorgement du négociant. Chez Delta Mossel, chaque jour, un bateau part de l'usine pour aller chercher ce dont on a besoin pour le lendemain.

Les moules sont prélavées sur le bateau, puis déversées à l'usine dans des containers et arrosées d'eau de mer pendant huit heures pour se vider de leur sable. « Autrefois, on disait les moules de Hollande pleines de sable. Ce n'est plus vrai aujourd'hui », insiste Olivier Camelot. Puis une machine arrache le byssus (la « barbe »), les moules sont calibrées, plongées dans une eau de mer glacée pour les refroidir à coeur et accroître leur durée de vie, pesées, conditionnées et placées en chambre froide en attendant leur départ le jour-même.

L'export. La moule de Hollande est un produit d'exportation (95% de la production), dont la moitié en Belgique, qui affectionne les plus gros calibres (jumbo, imperial...) et environ 35% en France, qui préfère les plus petites (extra). L'essentiel du marché de la restauration pour la Braderie se partage entre quatre gros distributeurs, spécialisés ou non : Metro (Lomme), Promocash (Marcq-en-Baroeul), Martin (Sars et Rosières) et Nord Océan (La Chapelle d'Armentières) : « Sur les 50 tonnes que nous avons "faites" l'an dernier, les deux tiers étaient des moules de Zélande, que nous allons chercher à Yerseke. Elles arrivent de plus en plus "prêtes à cuire", pour les restaurants et les magasins », explique ainsi Xavier Vannieuwenborg, responsable des achats chez Nord Océan. Et Aux Moules, si habituellement on passe par un mareyeur de Boulogne-sur-Mer, les six tonnes prévues pour la Braderie arrivent directement de Yerseke pour rejoindre une chambre froide, aux trois quarts vide le reste de l'année, qui n'attend qu'elles !

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