lundi 3 août 2009

Arabie : Crevettes d’élevage sans antibiotique vues du ciel !

Sur la page d’entrée de son portail, une société d’élevage de crevettes basée en Arabie Saoudite annonce la couleur : National Prawn Company, The Leaders in Desert Coastal Aquaculture (NPC, les premiers dans l’aquaculture côtière en milieu désertique).

NPC, c’est un projet pharaonique de crevetticulture industrielle à 150 km au Sud de Djedda, le grand port à l’Ouest de la péninsule arabique. C'est un coût global de 350 millions de dollars pour un objectif de production annuelle de 45.000 tonnes de crevettes (1). C'est 3.400 ha de bassins d'élevage en bordure de Mer Rouge. Des crevettes de qualité produites sans antibiotique !

Achevée en 2008, la première phase de 200 millions de dollars couvre une surface de 2.500 ha (cliquer sur le montage photographique) pour une capacité de production de 13.000 tonnes. En 2012, la crevetticulture disposera de 360 bassins alignés sur une bande littorale de 50 km. Chaque bassin couvre une surface de près de 10 hectares pour une longueur de 500 m.

NPC emploie plus de 2000 salariés de 25 pays différents. Ils sont répartis dans chaque maillon de cette société intégrée, depuis l’écloserie des post-larves de crevettes, jusqu’au conditionnement des produits finis avant exportation dans une dizaine de pays à travers le monde.
(1) La France, 4e marché mondial de la crevette, importe près de 100.000 tonnes de ce crustacé chaque année, principalement d'Equateur, Brésil, Madagascar, Inde, Colombie,... mais pas d'Arabie...

Pour plus d'informations :
  • Sustainable Antibiotic Free Aquaculture on the Desert CoastSustainable aquaculture and the Saudi Arabian desert at first do not appear to be compatible, writes TheFishSite senior editor Chris Harris. National Prawn Company - fully integrated prawn farms, producing more than 14,000 tonnes of white prawns a year.However, a project at Al Lith on the Red Sea Coast has managed to develop fully integrated prawn farms, producing more than 14,000 tonnes of white prawns a year. The National Prawn Company has focused on the sustainability of the system, with water management a key factor in the management of the farms. The ponds are fed with the waters of the Red Sea through a pumping station which raises the water 2.5 metres to the farms. The water is continually changed in the farms during the day.....

Mexique : Elevage de crevettes en cages sphériques

Cultivo de Camarón en jaulas esféricas en Guaymas, Sonora, México.

Nouvelles d’Algérie du 4 août 2009 :

La crevette fait partie des trois produits de la mer les plus commercés dans le monde avec le thon et le saumon. Elle représente une source de devises importante pour de nombreux pays du Sud.

La crevette bombe le torse (El Watan)
La crevette, très rare sur les marchés algériens et vendue à des prix exorbitants, est l’un des produits stars offert à l’exportation.
Les exportations de crevettes ont enregistré, selon les statistiques de l’Algex, 1,64 million de dollars durant les cinq premiers mois de 2009. Elles représentent pas moins de 68,33% du total des produits de la pêche. En quantité, ces exportations ont tout de même baissé de 41,10 %. Les principaux exportateurs de crevettes sont : Sarl Mesfina (15,07 %), Eurl Crustal (14,12 %)- Sarl Sixim Trading (12,47 %)-Sarl Finta Pêche (9,33) ainsi que Sarl Cap de Garde(6,84%) Pour les cinq premiers mois de 2009, l’exportation des produits de la pêche (exemptés des droits de douanes à l’importation dans la communauté européenne), évaluée à 2,40 millions dollars, a représenté une part de 0,96% du total des exportations algériennes hors hydrocarbures vers l’UE, soit une diminution de 60,46 % en valeur par rapport à la même période de 2008.

Montage photographique à partir d'images de Google Earth

Le 18 novembre 2009

La qualité des crevettes calédoniennes mise en doute : Enrique Braun-Ortega répond (Tahiti presse)
La qualité des crevettes de Nouvelle-Calédonie, avait été mise en doute par Teva Rohfritsch, ministre de la Mer, lors du lancement d'un centre technique aquacole à Tahiti. Pour Tahitipresse, Enrique Braun-Ortega producteur de crevettes en Nouvelle-Calédonie répond à ses détracteurs. Son expérience en matière d'aquaculture lui a permis d'acquérir une certaine notoriété. Interview...

Tahitipresse : Que répondez-vous à ceux qui mettent en doute la bonne santé des crevettes calédoniennes ?
Enrique Braun-Ortega : Avant de répondre, j'aimerais évoquer l'élevage des crevettes en Polynésie française. D'après les déclarations du ministre, l'écloserie de Tahiti va produire 18 millions de post larves par an, pour un investissement de 534 millions Fcp. Notre écloserie n'a coûté que 220 millions Fcfp pour une production de 70 millions de post larves. Il faut savoir qu'en Nouvelle-Calédonie, chaque million de post larves produit 16 tonnes de crevettes. Pour produire cinq tonnes de crevettes en Nouvelle-Calédonie, il nous faut un hectare de bassin. Au total, on produit approximativement 288 tonnes de crevettes dans soixante hectares de bassin. Pour que Tahiti produise, comme il a été annoncé, 150 tonnes par an, il faut 25 hectares de bassins. C'est-à-dire trois fois plus que ce que possède actuellement Tahiti. Il est évident que Tahiti met la charrue avant les boeufs. Tout comme il est évident que l'investissement de l'écloserie à Tahiti (534 millions Fcfp) a été surdimensionné. D'autre part, Opunohu a arrêté les crevettes et la dernière petite ferme de Tautira n'est pas adaptée à la future production puisqu'il s'agit de bassins tests, datant de l'époque de l'Ifremer. L'écloserie que le ministère de la Mer projette pourra produire tout au plus 20 à 40 tonnes de crevettes par an, alors que la consommation locale est de l'ordre de 500 tonnes.

Tahitipresse : N'aviez-vous pas un projet d'écloserie identique à celui du ministère de la Mer ?
Enrique Braun-Ortega : Une écloserie était un élément intégré dans le projet que j'avais présenté il y a cinq ans. Certaines personnes du service de la Mer ont contré mon projet de Tautira. Ils ont sans doute pensé qu'en bloquant mon écloserie, ils m'obligeraient à acheter l'écloserie de Vairao. Le calcul est mal tombé, puisque j'ai totalement arrêté l'aquaculture en Polynésie française, que ce soit les poissons ou les crevettes.

Tahitipresse : Est-ce que la majorité des crevettes que l'on consomme à Tahiti proviennent de Nouvelle-Calédonie ?
Enrique Braun-Ortega : Non, les trois quarts des crevettes que Tahiti consomme sont importés de Thaïlande. Soit dit en passant, les crevettes crues, congelées ou fraîches, sont interdites d'importation en Nouvelle-Calédonie.

Tahitipresse : On vous accuse d'utiliser des antioxydants. Qu'en est-il ?
Enrique Braun-Ortega : Afin de rétablir la réalité des choses, notamment pour rectifier les propos erronés tenus à l'encontre de la crevette produite en Nouvelle-Calédonie, je tiens à préciser que le métabisulfite est un conservateur (antioxydant) classé en tant qu'additif alimentaire par la réglementation. Son utilisation est très répandue aussi dans la production œnologique entre autres. Dans le cas précis de la crevette, son utilisation permet d'éviter la mélanose (noircissement) de la carapace . La réglementation européenne fixe le taux à 150 ppm. Dans le cadre de notre production en Nouvelle-Calédonie, nous avons volontairement choisi le critère du Codex Alimentarius qui est plus sévère que celui de la réglementation européenne.

Tahitipresse : Que la crevette soit élevée à Tahiti ou en Nouvelle-Calédonie, le sulfite est-il indispensable ?
Enrique Braun-Ortega : L'utilisation de métabisulfite est incontournable et même pour les crevettes "bio" de Madagascar. Les producteurs ont eu une dérogation pour utiliser le métabisulfite dans le conditionnement de leurs crevettes exportées en Europe. Je défie donc les producteurs polynésiens de pouvoir s'en passer s'ils veulent conserver leur produit en chambre froide ou d'exporter éventuellement leur produit congelé. Sans métabisulfite les carapaces des crevettes noircissent et visuellement ce n'est pas appétissant même si elles sont parfaitement consommables.

Tahitipresse : Peut-on consommer une crevette crue de Nouvelle-Calédonie sans risque ?
Enrique Braun-Ortega : Consommer une crevette crue n'a aucun lien avec l'utilisation ou non de conservateur. On peut manger un produit cru lorsque celui-ci a été conservé dans de bonnes conditions d'hygiène en ayant limité toute prolifération bactériologique (respect de la chambre froide, conditions sanitaires parfaites...). La crevette produite en Nouvelle-Calédonie (L.stylirostris ou Pacific blue shrimp) est exempte de maladies réputées contagieuses ou d'autres pathologies.

Tahitipresse : Il a été dit que de jeter les carcasses de crevettes importées dans le lagon était néfaste à l'écosystème !
Enrique Braun-Ortega : Je ne vois pas comment elles peuvent contaminer des écosystèmes. Cette mise en garde alarmiste n'est pas fondée à l'encontre de la crevette de Nouvelle-Calédonie. Les antibiotiques sont autorisés uniquement en écloserie. Par conséquent, on ne retrouve aucune trace d'antibiotique dans la chair des crevettes produites. Tous les ans, il y a un plan de surveillance mis en place par la Direction des Affaires Vétérinaires, Alimentaires et Rurales sur les crevettes produites en Nouvelle-Calédonie et aucune trace d'antibiotique n'a été détectée. Les crevettes achetées sur nos fermes par des Polynésiens qui rentrent au pays font l'objet de déclaration aux douanes et sont accompagnées des documents appropriés délivrés par les autorités sanitaires. Pour conclure : une fois par an, un plan de contrôle a lieu pour vérifier qu'il n'y a pas de résidus de pesticides, d'antibiotiques, de sulfites, d'hydrocarbures et autres dans la chair de crevettes calédoniennes. Par ailleurs, deux fois par an, a lieu l'intervention du réseau épidémiovigilance Ifremer pour la recherche d'éventuelles maladies. Les crevettes que nous importons sur Tahiti ont toutes les garanties de qualité sur le plan bactériologique et sanitaire. CD

Le 21 novembre 2009

Crevetticulture en Polynésie : Interview de Quito Braun Ortega: le SDAPF réagit (Tahiti presse)
Suite à l'interview accordée à Tahitipresse par Enrique Braun Ortega, producteur de crevettes, sur la qualité de celles en provenance de Nouvelle-Calédonie, le Syndicat pour le développement de l'aquaculture en Polynésie française (SDAPF) tient à " apporter un éclairage sur la situation" de la production locale.
Tout d'abord les membres du syndicat expliquent qu'il " existe actuellement une production de crevettes fraîches locales sans conservateurs" qui " est aujourd’hui assurée par trois fermes : Aquapac à Teahupoo et Tautira, ainsi que l’exploitation (en activité) d’Opunohu sur l’île sœur de Moorea", trois structures "capables de produire suffisamment de crevettes de grand calibre pour couvrir une grande part de la consommation locale".
En outre, "la construction par le pays de la future écloserie de production de post-larves de crevette, et un des élément essentiel devant permettre, nous l’espérons, l’essor de cette filière", estiment-t-ils tout en précisant " que l’investissement du pays -500 millions Fcfp- concerne non pas une, mais deux écloseries : une pour la production des larves de crevettes et une autre pour la production d’alevins de poissons (Paraha peue) : grand potentiel de la future pisciculture polynésienne ".
Les membres du SDAPF ajoutent que ces écloseries " justifient entièrement leurs coût", ce dernier étant "comparable à celui de la prochaine écloserie de poisson de la Province Nord de Calédonie ". De surcroît, ils font valoir qu'à l'inverse "d’autres secteurs primaires (...) les aquaculteurs polynésiens ne bénéficient d’aucune aide spécifique (hormis la défiscalisation) ; contrairement à leurs homologues calédoniens qui cumulent abattement des charges (~50%) et aide à l'exportation ".

La crevette polynésienne "indemne de toute maladie"
Quant à la qualité de la production locale, ils indiquent "que la crevette polynésienne reste aujourd’hui une des rares crevettes indemnes de toute maladie, ce qui n’est pas le cas des crevettes importées ".
"La totalité du sud-est asiatique et la Nouvelle-Calédonie sont contaminés de manière avérée par un virus (IHHNV, source : Ifremer, OIE, DAVAR) et des vibrio. Ces maladies empêchent notamment la Calédonie de produire une crevette fraîche toute l’année, ce qui l’oblige à congeler sa production et à utiliser un conservateur (le metabisulphite), certes autorisé, mais qui déclenche ou favorise les allergies chez le consommateur".
"Malgré ce contexte difficile (concurrence déloyale et risque sanitaire des importations) : les crevetticulteurs polynésiens on fait le choix de produire une crevette fraîche et sans conservateur toute l’année", conclut le communiqué du SDAPF.

Le 25 novembre 2009

Info sur les crevettes indiennes

De son côté, l'Union européenne exprime depuis longtemps son inquiétude au sujet des antibiotiques interdits dans les États membres, comme le nitrofuran, régulièrement détectés dans les produits originaires du sous-continent indien. Entre janvier et juillet 2009, l'UE a stoppé l'importation de plus de 50 cargaisons de crevettes en provenance de cette région, contaminées par des antibiotiques, des métaux lourds ou des bactéries. (Source : Agro-Alimentaire News)

Décembre 2009

Mozambique : Appui à l'aquaculture de crevettes (Agence Française de Développement – AFD)
Programme de renforcement des capacités commerciales (PRCC)

Objectif
Le projet d'appui au développement de l'aquaculture de crevettes au Mozambique s'intègre dans le cadre du Programme de Renforcement des Capacités Commerciales (PRCC) développé par le ministère français de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi et l'AFD. L'objectif du PRCC est de soutenir l'insertion des pays en développement dans le commerce mondial afin d'encourager la croissance et de contribuer à la lutte contre la pauvreté.
Le projet d'appui à la crevetticulture mozambicaine a pour objectif d'améliorer durablement la compétitivité à l'international de cette filière à fort potentiel de développement pour le pays.

Le projet bénéficie de l'appui d'une assistance technique, placée auprès de l'Association des Producteurs de Crevettes du Mozambique (APCM) et travaillant en étroite liaison avec les différents instituts publics concernés (Institut National de Développement de l'Aquaculture – INAQUA ; Institut de contrôle des produits de la pêche– INIP).
Une attention particulière est portée au renforcement des capacités de l'INIP, institution gouvernementale qui agrée les exportations (désignée comme Autorité Compétente par l'Union Européenne).

Plan de financement
Le coût total du projet s'élève à 1,5 M € sur 3 ans....

Le 28 mars 2010

Afrique : l’aquaculture crevettière se nourrit des mangroves (Wrm)
D’après le Programme des Nations unies pour l’Environnement, 38 % des côtes africaines et 68 % des aires marines protégées sont menacées par un développement incontrôlé. À cet égard, l’élevage de crevettes, mal planifié ou non réglementé, est une source d’inquiétude.

Jusqu’au début des années 1990, l’élevage de crevettes en Afrique était de dimensions relativement modestes. À présent, l’industrie voie ce continent comme une nouvelle frontière, et de vastes étendues de mangroves sont dans la mire des entrepreneurs, qu’attirent les riches ressources naturelles, la main d’oeuvre bon marché et le bas prix de la terre. D’autre part, les crevettes africaines sont très prisées, leur qualité étant meilleure que celle des petites crevettes asiatiques.

La production actuelle de crevettes est aujourd’hui en Afrique d’environ 106 000 tonnes. Bien qu’il y ait vingt-neuf pays producteurs, une poignée seulement participent au marché mondial: le Nigeria, avec 20 500 tonnes par an, Madagascar avec 17 000 tonnes en provenance de grandes fermes aquacoles, et le Maroc, avec 13 000 tonnes. Au Mozambique, on prévoit d’installer des fermes crevettières à grande échelle près de Maputo (7 500 ha), Beira (19 500 ha), et Quelimane (6 000 ha). D’autres fermes sont en activité dans plusieurs régions côtières ou intérieures, en Guinée, Gambie, Érythrée, Égypte et Afrique du Sud, aux Seychelles et au Kenya. Au Gabon, la société Amerger met la dernière main à une ferme crevettière d’une capacité de production de 2 000 tonnes par an, tandis que dans la région de Quelimane, au Mozambique, l’entreprise de capital français Aquapesca a construit une ferme et couvoir pilote de 20 hectares.

En outre, les deltas de trois grands fleuves, de grande richesse biologique et très importants du point de vue culturel, sont visés par des projets aquacoles : le delta du Niger, celui du Tana et celui du Rufiji.

Au Nigeria, la mangrove est la plus large de l’Afrique et la troisième du monde. Elle fournit aux communautés locales les matériaux de construction et la nourriture ; on estime que 60 % des poissons que l’on pêche entre le golfe de Guinée et l’Angola naissent dans la mangrove du delta du Niger. C’est à cet endroit que l’on projette d’installer des fermes crevettières industrielles, avec l’appui du gouvernement nigérian.

Au Kenya, le delta du Tana est le plus grand écosystème de zone humide, et comprend des forêts riveraines, des mangroves, des plaines inondables et des prairies. La société Coastal Aquaculture Limited (CA) a obtenu des terres dans le delta du Tana au début des années 1990, pour le développement de fermes crevettières. Pourtant, les communautés locales ont revendiqué leurs droits ancestraux sur ces mêmes terres et, par suite des contestations généralisées, le gouvernement kényan s’est servi d’un décret présidentiel pour arrêter le projet. Le litige entre CA Ltd et le gouvernement n’a jamais été résolu, et la société serait maintenant en train de faire pression sur le nouveau gouvernement pour relancer leur projet de fermes crevettières.

En Tanzanie, le delta du Rufiji contient la plus grande mangrove estuarienne de la côte orientale de l’Afrique. Cette mangrove est d’une grande valeur économique et écologique. À la fin des années 1990, l’entreprise African Fishing Company (AFC, dirigée par un traficant d’armes irlandais, R.J. Nolan) a projeté d’établir dans le delta la ferme crevetticole la plus large du monde. La ferme elle-même devait occuper 10 000 ha, et l’ensemble des installations, incluant la zone d’alimentation, les écloseries et l’usine de transformation, allaient s’étendre sur 19 000 ha, le tout dans le plus grand bloc continue de mangrove de l’Afrique (53 000 ha). Le gouvernement a autorisé le projet en 1998, par un accord qui permettait également à Nolan d’importer en Tanzanie, chaque année, des armes pour plus d’un million de dollars. Cependant, une révision de l’Évaluation d’Impact environnemental du projet a révélé que celle-ci contenait d’importantes erreurs, omissions et inexactitudes, dont la suppression des risques que comportait le projet. D’après cette évaluation, la région était pratiquement inhabitée, alors que trente-trois mille personnes y vivent dans 19 villages et hameaux recensés. L’opposition généralisée au projet de la part des communautés locales, des organisations environnementales et des universitaires, ainsi que les actions légales entreprises par les résidents avec l’appui de l’organisation Lawyers Environmental Action Team et du professeur Issa Shivji, a finalement réussi à faire rejeter le projet et, en août 2001, l’AFC a déposé son bilan. Toute aquaculture commerciale a été déclarée suspendue en Tanzanie jusqu’à ce que le gouvernement ait formulé des directives appropriées. Il a été déclaré également que les activités aquacoles étaient exclues dans les régions écologiquement sensibles telles que la mangrove.

Les temps sont durs pour les « forêts de la mer » partout dans le monde, devenues la proie d’intérêts commerciaux en quête de profits rapides. Il semble que seule la résistance ferme de ceux qui sont conscients de l’énorme richesse de la mangrove et, en particulier, la résistance des populations qui en dépendent, pourront garantir la survie de cet écosystème.

Article fondé sur des informations tirées de : « Farming the Sea, Costing the Earth : Why We Must Green The Blue Revolution », EJF 2004, Environmental Justice Foundation, Londres, Royaume-Uni, http://www.ejfoundation.org/pdfs/farming_the_sea.pdf ; « Crevettes : la ruée vers l’or rose d’Afrique », Yolande S. Kouamé, 17/04/2003, http://www.rfi.fr/fichiers/MFI/EconomieDeveloppement/968.asp

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18 octobre 2010

Crevettes impériales vivantes des Marais Charentais (Papilles et pupilles)

Des crevettes impériales ? En France ? Vivantes ? Eh bien oui, n’en déplaise à Frédéric Anton, qui l’autre jour disait dans MasterChef que cela n’existait pas, cela existe bel et bien. Je fais la fière mais il y a quelques jours, je ne le savais pas non plus. J’ai découvert l’existence de cette production en visitant les claires de Marennes-Oléron. Dans ce département de Charente Maritime une vingtaine de producteur élève ces crevettes impériales [Penaeus Japonicus]. La production est assez confidentielle puisqu’elle s’élève à 40 tonnes par an. J’ai pu en goûter et c’est absolument divin….

Crevettes impériales en carpaccio

Alors à quoi ressemblent-elles, vous demandez-vous ?

Et pourquoi en Charente Maritime alors, vous demandez-vous ?

  • La structure des claires de Marennes-Oléron est très adaptée à l’élevage de ces crevettes, parce que la crevette peut s’y enterrer très facilement. Oui, la crevette s’enterre le jour, Ladies and Gentlemen, et ce, pour se mettre à l’abri des prédateurs. Sinon, elle est un peu comme Cathy Guetta, elle vit la nuit.
  • L’autre raison c’est la nourriture. Elle trouve en en effet dans les claires une nourriture naturelle très riche en planctons et en petits organismes naturels de toute sorte.

L’élevage est pratiqué de manière extensive, c’est à dire que l’exploitant met seulement 4 à 6 crevettes au mètre carré. Dans certains pays tropicaux producteurs de crevettes, on peut multiplier ce chiffre par 100..... De plus, ici, aucun produit chimique n’est utilisé. La production est saisonnière, liée aux conditions climatiques. Il ne faut pas oublier que la bestiole est d’origine tropicale. Alors, quand la température descend trop, grosso modo à partir du 15 novembre, c’est terminé, et ce, jusqu’au mois de mars de l’année suivante........

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Le 22 octobre 2010 : Crevette de Madagascar en rouge et en vert

La gambas de Madagascar élue meilleur "produit de la mer" de l’année en France (Xinhua)

Pour la sixième fois consécutive, la gambas de Madagascar, de la marque BIO d’OSO reconnue par les consommateurs européens, est élue meilleur "Produit de la mer" de l’année par les professionnels et consommateurs français. Cette nouvelle a été proclamée récemment lors de la remise des trophées des "Saveurs de l’année 2011" concernant la catégorie "Poissonnerie" et celle des "Surgelés" à l’Olympia à Paris, a indiqué un communiqué rendu public mercredi. Malgré la crise que subit le secteur de l’exportation des produits de la mer en six ans, l’OSO réussit la prouesse d’être l’entreprise proposant le crustacé préféré des gastronomes. Les gambas bio OSO de Madagascar sont produits avec des conditions écologiques extraordinaires au bord de l’océan Indien, aux pieds des Tsingy de l’Ankarana, à une centaine de kilomètres au sud de Diego-Suarez, dans le nord de la grande île. A noter qu’OSO est une division de la firme R&O, Seafood Gastronomy, le premier distributeur de gros de France, avec 40.000 tonnes de produits de mer frais vendus par an et qui emploie 1.300 personnes dans le monde dont 900 collaborateurs dans sa filiale OSO Madagascar. (Xinhua)

« Label rouge » pour l’aquaculture de crevettes à Madagascar (Proparco)

Le groupe UNIMA a créé la société AQUACULTURE DE LA MAHAJAMBA (AQUALMA) en 1992 pour développer le premier élevage de crevette de Madagascar. La construction puis l’extension d’AQUALMA ont été financées par PROPARCO, en prêts et fonds propres, pour un total de 7,3 M € entre 1992 et 2005, aux côtés de la BEI et de la SFI.

Le groupe est aujourd’hui le premier exportateur de crevettes de Madagascar avec 7 500 tonnes de crevettes vendues en 2006. Il exploite, sur la côte ouest de Madagascar, deux fermes aquacoles d’une surface totale de 1 200 hectares.

Sa production est certifiée « Label Rouge » par le Ministère de l’agriculture français.

La sous-filière aquacole, dont AQUALMA est la première entreprise, est l’avenir de l’industrie crevettière malgache et permet une gestion durable de la ressource crevettière sauvage.

AQUALMA, dont les sites de production se trouvent dans des régions enclavées, initie et contribue à la mise en place de programmes sociaux ainsi qu’à la construction d’infrastructures de base. Dans le village situé à proximité de l’une des fermes, qui compte aujourd’hui 3 000 habitants contre quelques familles à la création de la société, AQUALMA a financé les principales infrastructures sociales : école, dispensaire, accès à l’eau potable et à l’électricité, enlèvement des ordures, et construction d’un marché public, d’un abattoir et d’une piste d’aviation....

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6 décembre 2010

Mozambique : Black Qwehli, la crevette bio haut de gamme (Globecooker)

Alors que "crevette" rime malheureusement souvent avec fermes intensives en Chine, au Brésil, ou en Thaïlande, avec des crevettes nourries avec des aliments à base d'OGM et une densité d'élevage atteignant plusieurs centaines d'individus au mètre carré, de nombreuses fermes bio ont vu le jour lors des 10 dernières années. Parmi elles, il en existe une qui a attiré particulièrement mon attention, Aquapesca, une société réunionnaise basée au Mozambique, à l'embouchure du Zambèze sur le site de Quelimane, qui produit depuis 2005 la Black Qwehli.

Reconnue par les plus fins gastronomes, et présente à la table des plus grands chefs (notamment Michel Guérard, Pascal Barbot, et son restaurant 3 étoiles parisien "L'Astrance", qui est devenu l'ambassadeur de la marque), cette crevette Black Tiger (Penaeus monodon), d'un poids moyen de 30gr, offre un goût délicatement iodé, avec une chair de couleur blanche à la texture ferme et croquante….

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Le 4 janvier 2011

Mozambique : Une compagnie exporte 600 tonnes de crevettes tigrées en Europe (Chine Nouvelle)

L''entreprise mozambicaine AQUAPESCA, spécialisée dans l'aquaculture, a exporté 600 tonnes de crevettes tigrées en Espagne, au Portugal et en France en 2010.

Cette entreprise, basée dans le district d'Inhanssuge, dans la province du Zambèze, dans le centre du pays, est l'un des plus importants producteurs de crevettes du pays, a rapporté lundi (3 janvier) l'agence de presse mozambicaine AIM.

Le directeur d'exploitation d'AQUAPESCA, François Grosse, cité par l'agence, a déclaré que la quantité de crevettes exportée l'an dernier était équivalente à la production moyenne de l’entreprise depuis qu'elle a commencé à commercialiser des crevettes sur le marché extérieur en 2005. M. Grosse a ajouté que l'entreprise prévoyait cette année d’exporter la même quantité de crevettes sur le marché européen, une opération réalisée avec la certification d'une organisation internationale spécialisée dans cette activité.

« Notre principal objectif est d'atteindre une production de 800 à 1000 tonnes de crevettes par an. Nous travaillons à réaliser un jour cet objectif », a dit M. Grosse.

Pour rappel : l’Agence Française de Développement a accordé une subvention de 1,5 million d’Euros au Mozambique pour la période 2009-2011. Ce projet vise à soutenir l’insertion du Mozambique dans le commerce mondial afin d’encourager la croissance et de contribuer à la lutte contre la pauvreté. Le projet d’appui à la « crevetticulture » mozambicaine a pour objectif d’améliorer durablement la compétitivité à l’international de cette filière à fort potentiel de développement pour le pays.

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Le 18 avril 2011

L’Inde veut restreindre l’utilisation des antibiotiques en aquaculture

En Inde, c’est le Ministère de la Santé et de la Famille qui s’attaque à l’utilisation des antibiotiques dans les élevages aquacoles, crevetticultures et piscicultures. Ainsi qu’à l’interdiction de produits médicamenteux dangereux comme tous les nitrofuranes, le chloroforme, la chlorpromazine, le métronidazole, ronidazole, ipronidazole, les fluoroquinolones et les glycopeptides qui sont utilisés lors du conditionnement des produits de la mer. Source : Restringirán uso de antibióticos en la acuicultura

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Le 12 novembre 2011


Un compteur de larves de crevettes. Il fallait y penser. Valérie Robitaille et Cody Andrews, eux, y ont songé. Ces deux diplômés du Maine Maritime Academy ont fondé une entreprise à Québec, XpertSea Solutions, qui a mis au point une plateforme technologique permettant de caractériser différents types de ressources marines - comme les minuscules larves de crevettes - que l'on peut difficilement quantifier à partir, par exemple, d'une microbalance électronique.

«L'industrie de la crevette, c'est un marché mondial de 15 milliards $. En Thaïlande seulement, il y a plus de 10 000 clients potentiels à notre portée», explique Valérie Robitaille.

Un jour, un éleveur de crevettes a appris qu'une jeune entreprise de Québec avait développé un compteur des petits organismes marins. Il a fait appel à XpertSea pour l'aider dans ses achats de larves de crevettes. Puisque les crevettes ne se reproduisent pas dans les étangs d'aquaculture, les éleveurs de crevettes doivent acheter des larves auprès de producteurs spécialisés pour ensuite les ensemencer dans leurs étangs.

Or, la seule façon de compter le nombre de larves transigées, c'est la bonne vieille estimation visuelle.

«Dans une seule transaction de plusieurs dizaines de milliers de dollars, un éleveur de crevettes peut acheter deux et trois millions de larves. En se basant seulement sur l'identification visuelle, la marge d'erreur dans le calcul des larves peut atteindre 30 %», explique-t-elle.

La trouvaille de XpertSea, c'est un contenant de cinq gallons dans lequel on met de l'eau et des larves ou tout autre petit organisme marin. On referme le couvercle et à partir d'un compteur utilisant les technologies de l'optique et de la télémétrie, le calcul du nombre de larves se fait en quelques secondes seulement et avec une précision atteignant 95 %....

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