vendredi 19 juin 2009

Ostréiculture : Traiter le problème à la source !

Au moins le grenelle de la mer a fait prendre conscience à bon nombre qu’il fallait tenir compte des bassins versants (de nos fleuves) pour comprendre certains dysfonctionnements dans les écosystèmes côtiers. Mais il ne faudrait pas en rester à des propositions ou à des intentions…

Dans le même temps, nos grands navigateurs nous donnent leur avis sur l’environnement marin et notamment nous parlent de cette pollution visible que sont tous ces objets flottants, tellement nombreux qu’il a été difficile dans un premier temps de repérer les restes de l’airbus au milieu de l’atlantique.

Sans écarter le problème des macro-déchets, il serait indispensable de donner aussi la parole à tous ces petits pêcheurs, galop’chenaux, pêcheurs à pied et autres pêcheurs en estuaires, lagunes et marais qui constatent avec désarroi la disparition de la faune aquatique.

Ne parlons pas de la mortalité du naissain d’huîtres qui touche actuellement plusieurs centaines d’entreprises ostréicoles et qui pourrait mettre sur le carreau plusieurs milliers de personnes. En France, l’ostréiculture est l’activité halieutique la plus importante en terme d’emplois et de chiffres d’affaires, près de 15000 personnes pour 300 millions d’euros.

Les pêcheurs fluviaux, les premières victimes

Les pêcheurs professionnels de la Saône et du Rhône qui viennent d’être indemnisés par rapport à la pollution au PCB, peuvent être considérés comme les premières victimes des produits chimiques. En leur demandant de se déplacer vers la camargue et donc d’aller pêcher ailleurs, ils deviennent alors des réfugiés de la pollution à l’image des réfugiés climatiques.

Plus en aval, dans les estuaires et les marais, à la liaison terre – mer, les pêcheurs sont catastrophés…. Et maintenant dans les eaux côtières, les ostréiculteurs subissent des mortalités de jeunes huîtres.
Partout dans le monde, on dénonce les pollutions d’origine terrestre, les phénomènes d’eutrophisation avec l’extension des zones mortes (Dead-sea). En France, premier pays agricole en Europe, grand utilisateur d’engrais et de pesticides, on cherche plutôt une huître plus résistante, mais à quoi au fait ? à la maladie, à la pollution, à ...

A Chesapeake bay, la restauration de la qualité du milieu aquatique

A Chesapeake bay, le haut lieu de l’ostréiculture étatsunienne, il a été décidé de ne pas importer d’huîtres asiatiques, malgré les problèmes importants que connait l’huître locale, Crassostrea virginica.

Dans cette baie particulièrement polluée (les étatsuniens ne s’en cachent pas), un plan de développement de l’ostréiculture a été adopté au début de l’année 2009, qui repose en grande partie sur la restauration de la qualité des eaux dans les écosystèmes estuariens et côtiers en traitant les problèmes à la source.
Philippe FAVRELIERE

Pour plus d'informations :

Voir aussi cette initiative dans le Morbihan qui associe Conchyliculteurs, Agriculteurs et Pêcheurs : Conchyliculteurs, Pêcheurs, Agriculteurs du littoral

CAP 2000 est une association loi 1901 de professionnels de secteur primaire travaillant sur le littoral de Bretagne Sud. Implanté à Vannes (Morbihan), CAP 2000 mène des actions visant la pérennité des activités primaires littorales et la qualité des l'eau.

Objectifs et missions :

  • Préservation de la qualité des eaux littorales,
  • Pérennité des activités primaires littorales,
  • Instaurer, accompagner le dialogue entre les professionnels, développer la concertation avec les autres acteurs du territoire.
Pour plus d'informations sur l'ostréiculture à Chesapeake bay aux USA (en anglais) :

Image GoogleEarth : Chesapeake bay (USA)

Le 23 octobre 2009

Azote et phosphore dans l'eau : la baie de Chesapeake fait son marché
On connaissait bien sûr le "Cap and Trade" (marché de permis d'émission), par ses versions très efficaces (SO2, NOX) ou encore en voie de perfectionnement (CO2). Mais ce mécanisme de marché se cantonnait jusqu'à présent aux émissions atmosphériques. Voilà que, dans la baie de Chesapeake, il pourrait être appliqué aux rejets aqueux diffus afin de réduire les teneurs en nitrates et en phosphates.

Un écosystème très fragile et dégradé
La Chesapeake Bay est le plus grand estuaire des Etats-Unis. Son bassin versant couvre plus de 165.000 km2, et inclut tout ou partie de 6 états plus le District de Columbia. Paradoxalement, quoique ausculté en profondeur depuis près de 3 décennies, ce plan d'eau reste très dégradé en termes écologiques, avec des pertes atteignant jusqu'à 99% pour certaines espèces comme les huitres. En 2008, la qualité des eaux avait été classée "très mauvaise" par l'Environmental Protection Agency (EPA). Les symptômes de la dégradation sont connus, mais nombreux: hypoxie, eutrophisation, surprime, espèces invasives, contaminations bactériologiques ou chimiques, etc.

Par conséquent, le chantier de restauration à un état correct est herculéen: on estime qu'il faudrait réduire les apports d'azote et de phosphore dans la baie respectivement de 44% et 27% d'ici 2030 (base 2000), alors même que l'activité humaine est appelée à s'y développer. Le Président Obama en avait pris la mesure très rapidement, puisqu'il avait signé le 12 mai 2009 un Décret Présidentiel (Executive Order 13508) visant à protéger ce "trésor national [...], ressource écologique, économique et culturelle unique". Son administration avait déjà prévu un financement de 92,8 millions dans le plan de relance, destinés à améliorer les contrôles et la maitrise des pollutions. Par ailleurs, l'EPA travaille depuis plusieurs mois avec les Etats concernés afin de fixer un seuil d'émission - la charge totale maximale journalière admissible ("total maximum daily load").

Proposition d'un marché de quotas d'émission Suite Bulletin Electronique

Le 2 décembre 2009

Construction des récifs artificiels « spécial huîtres » dans la baie de Chesapeake aux USA
La restauration des bancs naturels d’huîtres indigènes est l’objectif de l’organisation Chesapeake Bay Foundation. Face aux fonds marins très dégradés et à l’envasement, l’organisation va expérimenter au printemps prochain des récifs artificiels spécifiques aux huîtres. Voir le reportage : Eastern Oyster Ball Reef Used To Restore Native Oysters

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Le 15 juin 2011

USA : Industrie des huîtres pas très reluisante !

Fishchoice.com fait un état des lieux de la production et du marché des huîtres aux USA. Entre le pétrole, les inondations, les maladies et la pollution, les huîtres étatsuniennes doivent surmonter bien des obstacles pour survivre.

Pour plus d’informations, cliquer Oyster market alert - updated June 2011

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