jeudi 9 avril 2009

Grenelle de la Mer : Premières réactions des organisations environnementales

Les écologistes approuvent la démarche mais veulent des "scénarios de rupture" concernant notamment l'exploitation des ressources halieutiques.

Réaction de France Nature Environnement (FNE) : « Il faut bâtir une stratégie de la mer en rupture avec le passé », souligne Christian Garnier, de la fédération France nature environnement (FNE, 3.000 associations). « On veut en finir avec la loi de la jungle en haute mer », ajoute-t-il. « nous avons mené, avec d’autres, des batailles qui ont contribué à l’adoption de nombreuses mesures, comme les « paquets » européens ERIKA I, II et tout récemment, III, en faveur de la sécurité maritime. Il s’agit maintenant de concrétiser enfin une vraie vision stratégique pour les espaces marins et littoraux, vision assortie d’un ensemble de propositions qui doit permettre de passer une vitesse supérieure, comme pour le changement climatique. » Selon FNE, le Grenelle de la mer est une opportunité pour mettre sur la table un ensemble de propositions visant à une meilleure préservation des océans et convaincre les professionnels de la mer, les collectivités territoriales, l’Etat et les syndicats de leur bien-fondé. France Nature Environnement (FNE) assure s’employer aujourd’hui à mobiliser toutes les ressources nécessaires, en s’appuyant sur ses associations membres, pour que cette démarche porte ses fruits. Partie prenante du Grenelle de la Mer, la fédération France Nature Environnement (FNE) entend, avec ses associations membres, dont Surfrider Foundation Europe et la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), saisir cette occasion « pour faire avancer des revendications portées de longue date et lutter efficacement contre les menaces les plus récentes auxquelles les océans sont confrontés. »

Réaction du WWF : Charles Braine, chargé de programme pêche durable au WWF-France, émet des doutes sur l’efficacité d’une table ronde « où on mélange les dockers, les pêcheurs et les ONG. La pêche est un enjeu crucial. Ce dossier est très compliqué, très sensible. Cela va être délicat de trouver très rapidement, dans un climat serein, des positions consensuelles ».

La création de l'Alliance pour la mer, un collectif d'ONG ou de professionnels qui veulent se faire entendre au Grenelle de la mer, a été annoncée vendredi à Paris par les associations Ecologie sans frontière et Sea Sheperd conservation society. Il ne s'agit pas d'une nouvelle association mais « d'un comité ad hoc, créé pour le temps du Grenelle de la mer », a indiqué Frank Laval, président d'Ecologie sans frontières. L'Alliance pour la mer se présente comme « le porte-parole de tous ceux qui ne sont pas présents à la table des négociations du Grenelle de la mer et qui veulent s'y faire entendre ». « Nous ferons des propositions que nous remettrons à Jean-Louis Borloo », le ministre du Développement durable, a-t-il ajouté, évoquant notamment la situation de « blocage terrible avec les pêcheurs ». Paul Watson, le fondateur de Sea Sheperd, a de son côté indiqué qu'il s'agissait de faire « travailler ensemble de petites associations afin de présenter un autre point de vue ». Face à la situation des océans qu'il a qualifiée de « très, très grave », il a dénoncé le « manque de motivation politique » de la communauté internationale.

Réaction de Greenpeace : Le Grenelle de la mer doit marquer « un véritable changement de cap en matière de gestion des activités marines », a estimé cette association. « Sans un véritable sursaut politique porté par une réelle ambition en termes de protection de la biodiversité, il risque de n'être qu'une occasion manquée d'apporter des solutions concrètes à l'urgence écologique », a indiqué dimanche dans un communiqué Antoine Foucher, directeur des campagnes de Greenpeace France. L'organisation écologiste demande que des « mesures d'urgence soient adoptées s'agissant des espèces menacées d'effondrement de façon imminente : thon rouge, espèces de grands fonds et requins ». Elle réclame l'adoption d' « un agenda » qui permette de traiter les « questions fondamentales de la pêche, des réserves marines, de la gouvernance nationale et internationale », « une attention particulière devant être portée à la Méditerranée et aux océans austral et boréal ». L'association demande également que la France mette en oeuvre « dans les meilleurs délais » ses engagements internationaux.

Réaction de Robin des Bois : « Le Grenelle de la Mer est présenté comme une émanation du Grenelle de l’Environnement. Espérons que tous les acteurs auront à c􀆈ur d’en faire plus qu’un pschitt ». Robin des Bois placera en haut de sa feuille de route la solidarité technique et financière des bassins versants en tant que contributeurs aux pollutions littorales et aux contaminations des chaînes alimentaires marines, l’encadrement de la pêche de loisirs en mer et sur le littoral, la gestion des boues de dragage, la création d’une filière de démantèlement de tous les types de navires, et le renforcement de la France dans les conventions maritimes internationales portant sur la sécurité, la qualification des équipages, la protection de l’environnement et des espèces marines. Robin des Bois fera des propositions pour lutter contre les pavillons de complaisance et la démesure de certains navires de commerce comme les porte-conteneurs qui sont à l’origine de travaux portuaires destructifs, de pertes de cargaison et de risques pour la navigation. Par ailleurs, l’association pilote depuis décembre 2008 un groupe de travail multipartite issu du Grenelle de l’environnement sur la réduction et la gestion des macrodéchets dans les milieux aquatiques. La protection de la laisse de mer qui fortifie la biodiversité et régule l’érosion du littoral y est un thème majeur. Le groupe va proposer des mesures opérationnelles. Il est prévu que les conclusions soient restituées au Grenelle de la Mer le 7 mai. Robin des Bois siègera dans les ateliers 1 « La délicate rencontre entre la Mer et la Terre », 2 « Entre menace et potentiel, une mer fragile et promesse d’avenir » et remercie Greenpeace et le WWF de lui avoir légué une place dans l’atelier 4 « Planète Mer : inventer de nouvelles régulations ».
Philippe FAVRELIERE (avec l'aide d'un document du CNPMEM)

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