mercredi 25 février 2009

Le marché opaque du poisson : l'origine (1)

Alors que je demandai l’origine du merlu à mon poissonnier, celui-ci me répondit : « Regardez sur l’étiquette.» Etait notée l’indication réglementaire « Pêche en Atlantique Nord Est ».

Il ne me donna pas plus d’informations sur le lieu de capture du poisson. Je devais me contenter de cette indication géographique peu précise. "Atlantique Nord Est" (ANE) couvre une surface d’océan de plusieurs millions de km2, depuis le Groënland, jusqu’à la Sibérie au Nord et les îles portugaises des Açores au Sud. Près d'une vingtaine de nations pêchent dans cette zone. Voir le document : Etiquetage des produits de la mer (OFIMER)

On voit tout de suite le problème qui se pose au consommateur souhaitant acheter des produits frais et de la pêche locale, notamment s'il souhaite choisir des poissons, des coquillages ou des crustacés débarqués dans un port de sa région. L'étiquetage ne mentionne ni la zone de pêche, ni le lieu de débarquement.

Les irlandais s'engagent vers le national

Face aux problèmes rencontrés par la filière irlandaise liés entre autres à la concurrence des produits d’importation qui ont un impact très important sur les prix des poissons locaux, un groupe constitué de pêcheurs, de transformateurs et de détaillants « Irish Seafood Market Initiative Group (ISMIG) », vient de formuler ses premières propositions.

L’objectif est de maximiser les ventes de poisson d’origine irlandaise à travers les pêcheurs, les transformateurs et les détaillants. Les recommandations qui vont être affinées tout au long de l’année 2009, reposent sur deux points fondamentaux :
  • la sensibilisation des consommateurs à la diversité des captures irlandaises,

  • l’amélioration de l’étiquetage des produits de la mer.

A côté du saumon et du cabillaud qui représentent 60% du marché, les pêcheurs irlandais capturent ou élèvent toute une gamme de produits de la mer mal connue du consommateur : le merlan, l'églefin, la cardine, la lotte, le merlu, la crevette, les moules, les huîtres et le crabe.

L’étiquetage doit montrer clairement d’où vient le produit, et le chemin suivi depuis le lieu de pêche jusqu’au lieu de vente. Le consommateur pourra ainsi faire la différenciation entre les produits importés et ceux capturés localement, et il choisira en toute connaissance de cause.

Le groupe a reconnu que les importations étaient indispensables pour assurer un approvisionnement continu afin de satisfaire les besoins des détaillants pour répondre à la demande du marché. Les acteurs les plus difficiles à convaincre ont été les transformateurs qui s’approvisionnent à bas prix sur le marché international. Suite : le prix (2)
Philippe FAVRELIERE (d’après un article de The Fishsite : Labelling Issues Hamper Irish Fish )

Autre article :

Commentaire ajouté le 26 février 09 :

Les USA renforcent aussi leur réglementation : Agriculture secretary calls for stricter COOL rules (Seafoodsource) et la lettre du Secrétaire d'Etat du 20 février 2009 : USDA

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