jeudi 12 février 2009

La pêche africaine sera durement touchée par les changements climatiques

La viande de brousse devient de plus en plus rare avec l’extinction de nombreuses espèces menacées. Des milliards de personnes dans le monde sont de plus en plus dépendantes du poisson. Mais maintenant les poissons pourraient être aussi condamnés avec les changements climatiques.

Le poisson est la principale source de protéine sauvage sur la planète. Pour près de 2,6 milliards de personnes, soit 40% de la population mondiale, le poisson représente 1/5 de leur apport en protéines.

Mais, cette alimentation est très vulnérable avec les changements climatiques, affirme la première étude importante sur le sujet. Une équipe du centre de recherche international du WorldFish a classé les pays en fonction (1) de la contribution du poisson dans l’alimentation de leurs populations, (2) de la vulnérabilité de la pêche artisanale aux changements climatiques et (3) de la capacité à s’adapter au changement.

« Les pays du Nord ont la plus forte incidence sur l'environnement par rapport aux changements climatiques», explique Edward Allison de WorldFish à Penang (Malaisie), « mais économiquement, les populations des régions tropicales et subtropicales en souffriront le plus. »

« Parmi 20 pays les plus vulnérables, quatorze se trouvent en Afrique. Ce fut une surprise, dit Allison, car sont inclus les pays sans littoral qui pour certains d'entre eux, comme l'Ouganda et la Zambie, ont d'importantes ressources de poissons en eau douce, dit-il, et peut-être 1 adulte sur 10 sont employés dans la pêche ».

Cette découverte apporte des éléments nouveaux quant à la crise alimentaire en Afrique. Les climatologues savaient déjà que l'Afrique orientale et australe seraient plus susceptibles à faire face aux sécheresses futures. Cette étude montre que, si les cultures souffriront du manque d’eau, les ressources de poissons disparaîtront aussi. La pêche est importante pour les pauvres, mais les pêcheurs sont oubliées quand il s'agit de l'adaptation au changement climatique», dit Allison.

Vulnérabilité de la pêche face aux changements climatiques

Le changement climatique menace aussi la pêche tropicale en modifiant le débit des fleuves. Par exemple, le Gange est source de millions de tonnes de poissons pour les personnes pauvres en Inde et au Bangladesh, un pays qui mange plus de poisson que nulle part ailleurs. Mais le fleuve va perdre les 2/3 de ses flux en été, une fois les glaciers himalayens fondus.

Dans le Pacifique, selon certaines prévisions climatiques, le phénomène El Niño deviendrait permanent, ce qui arrêterait les courants qui apportent les eaux froides riches en éléments nutritifs au Pérou. La plus grande pêcherie mondiale, l’anchois du Pérou, s'effondrera alors pour de bon.

Certains pays parmi les plus menacés sont également reconnus pour la mauvaise gestion de leurs ressources halieutiques. Tony Pitcher, de l'Université de la Colombie-Britannique à Vancouver (Canada), et son équipe ont démontré qu’il y a une corrélation « pauvreté / mauvaise gestion » dans leur étude qui fait le point 13 années après la sortie du code de conduite pour une pêche durable de la FAO (Nature, vol 457, p 658). Les pays dont les pêcheries ne sont pas seulement vulnérables au changement climatique, mais sont aussi mal gérées incluent le Nigéria, le Sénégal, l'Ukraine, le Vietnam et l’Angola.
Source : NewScientist

Autres informations :
Etude intégrale : Fish and Fisheries

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L'AFD finance l'adaptation au changement climatique dans les pays du Sud
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Quel engagement pour une agence de coopération en matière d’adaptation au changement climatique

AFD – Agence française de développement

L’AFD renforce ses financements de lutte contre le changement climatique

Le Conseil d’Administration de l’Agence Française de Développement confirme son positionnement ambitieux en matière de financement pour le climat en approuvant son plan d’action 2012-2016.

Parce que la lutte contre le changement climatique et le développement économique et social sont intrinsèquement liés, tous les pays sont aujourd’hui concernés par cet enjeu planétaire. Les négociations mondiales en cours devraient conduire à définir un cadre d’action à long terme et établir des moyens plus structurants. De nombreux acteurs comme l’AFD sont d’ores et déjà mobilisés.

Financer l’adaptation dans le secteur de l’agriculture et de la pêche

L’agriculture et la pêche sont des secteurs très dépendants des conditions climatiques puisque les températures et les précipitations sont des facteurs déterminants pour la croissance des cultures, le développement des parasites et donc le volume des récoltes, tandis que la température est le facteur critique de la reproduction et de l’alimentation des espèces halieutiques. Cela a des conséquences immédiates sur le revenu des agriculteurs, des répercussions sur la variabilité des prix des marchés locaux, souvent déconnectés des marchés internationaux. Les variations de ces conditions liées au changement climatique induiront donc des modifications des conditions de production agricole et halieutique rendant nécessaires des actions d’adaptation.

Contexte général

Les impacts du changement climatique sur le secteur agricole sont nombreux et se déclinent sous plusieurs formes : disponibilité de la ressource en eau, fertilité des sols, productivité de l’élevage, maladies et ravageurs…

Concernant le secteur de la pêche, le réchauffement des mers et des océans a de fortes probabilités d’induire à court et moyen-terme une localisation spatio-temporelle différente des espèces marines, ainsi que de leurs migrations, cette nouvelle répartition des espèces (en particulier pour celles qui ont une forte valeur commerciale) fragilisant les économies de certains pays. Par ailleurs, l’assèchement des lacs et cours d’eaux internes conduira à une raréfaction des ressources, et donc des captures, entrainant donc une augmentation du risque d’insécurité alimentaire et nutritionnelle. L’apport en protéines animales d’origine halieutique, qui reste majeur dans bon nombre de pays d’Afrique subsaharienne, pourrait également être modifié dans la diète alimentaire

Dans les pays en développement, presque 70 % de la population vit en zone rurale et dépend directement ou indirectement de l’agriculture et de la pêche pour ses revenus et son alimentation. La baisse des rendements agricoles aura donc de sérieuses conséquences qu’il est important d’anticiper. Il s’agit dès lors d’intégrer les impacts du changement climatique dans les politiques agricoles afin d’être mieux à même de faire face à ces nouveaux enjeux.

D’un montant de 2,8 milliards d’euros en 2010, les projets de développement contribuant à la lutte contre le réchauffement climatique ont pris une part croissante dans l’activité de l’AFD ces dernières années. Ils représentent aujourd’hui 40% des octrois annuels du groupe. Avec 10% des financements publics internationaux, l’Agence est devenue l’un des acteurs majeurs du financement « climat » dans les pays en développement.

Pour la période 2012-2016, l’AFD entend poursuivre ce rôle d’acteur pivot de la mise en œuvre des engagements français sur le climat vis-à-vis des pays en développement. Elle entend aussi jouer un rôle majeur dans la mobilisation des financements internationaux en faveur de la lutte contre le changement climatique… Suite Cdurable

Pour télécharger le document "Quel engagement pour une agence de coopération en matière d’adaptation au changement climatique" de cliquer AFD


Photo de Worldfish Center : Pêcheurs du Bengladesh

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