vendredi 6 février 2009

Japon : Sandwich de saumon au goût amer ?

Alors qu’une chaîne de Fast-food américain lance sur le marché japonais un sandwich au saumon, WWF et Traffic publient un rapport sur la pêche illégale du saumon dans la zone du Kamchatka en Russie extrême orientale.

Les japonais sont les plus grands consommateurs de saumon au monde. Contrairement à la France, le troisième marché mondial, qui s’approvisionne surtout en saumon d’élevage, le Japon absorbe principalement du saumon sauvage capturé dans ses propres pêcheries ou dans les pêcheries russes du Pacifique du Nord-Ouest. Près de la moitié des importations japonaises de saumon rouge congelé vient directement de la Russie.

Tokyo, 26 janvier 2009

« Les consommateurs japonais ont bien accueilli le sandwich au saumon que nous venons de lancer» dit Ichiro Takatsuki, porte-parole de la compagnie américaine, Kentucky Fried Chicken Japan (KFC), qui exploite 1150 points de vente, et il ajoute « les poissons, karafuto-masu, (le saumon rose), sont capturés dans la mer d'Okhotsk par des navires russes d’Etorofu, l'une des quatre îles au nord de l'île d'Hokkaido, et ils sont directement débarqués dans les ports japonais à Hokkaido. » Le sandwich est composé d’un filet de saumon pané (élaboré par KFC Japon), un petit pain de blé complet, oignon, laitue, fromage et mayonnaise aux herbes. Ce sandwich est vendu à un prix de 360 yens (3.15 €). Avec une boisson et des frites, il coûte 620 yens (5,43 €).

Moscou, 29 janvier 2009

Des villageois de la péninsule du Kamchatka braconnent le saumon qui constitue leur unique ressource financière, selon un nouveau rapport du WWF et de TRAFFIC Russie (Réseau de surveillance du commerce des espèces sauvages).


Ce rapport évalue le niveau de braconnage au Kamtchatka des cinq espèces de saumon : le rose, le kéta, le sockeye, le coho et Chinook. Et il analyse les importations de ces espèces dans les pays de la région. «Le saumon est vital pour l'économie du Kamchatka, mais les stocks sont menacés par l'insoutenable capture illégale», explique Natalia Dronova, de WWF-TRAFFIC, coordinatrice et auteure du rapport. Elle ajoute: «La viabilité future de cette ressource économique dépend de la façon dont nous la traitons aujourd'hui. »

Les saumons sont pêchés principalement pour leurs œufs qui sont vendus comme une alternative moins chère que le caviar. Selon le rapport, le braconnage des saumons sur les frayères a augmenté de manière significative, grâce à une combinaison de facteurs, notamment un accès plus facile en raison de l'amélioration des routes, la situation économique de la Russie, et un assouplissement de la réglementation du commerce du saumon. En 2003-2006, les captures de saumon kéta ont été en moyenne 1,5 fois supérieure aux données officielles. « La lutte contre les braconniers est compliquée en raison de difficultés techniques, de la corruption et du fait que la capture illégale de saumon est pratiquement la seule source de revenus pour les villageois au Kamtchatka », dit Dronova. Le développement touristique serait selon elle une solution pour diminuer la pêche illégale des saumons !

Philippe FAVRELIERE (à partir des articles de WWF et Seafoodsource)

Rapport complet en anglais : Illegal, Unreported, and Unregulated Pacific Salmon Fishing in Kamchatka

Autre articles : 

Pour aller plus loin

Le 22 juillet 2013

Russie. Flambée des prix du caviar rouge

La Russie produit chaque année entre 11.000 et 13.000 tonnes de caviar rouge, pour une valeur globale oscillant entre 28,6 milliards et 30 milliards de roubles (670-720 millions d’euros).

Фото: Александр Чиженок / Коммерсантъ

Flambée es prix du caviar

Source : Courrier de Russie

Le prix du caviar a augmenté de près de 70% depuis mi-juin dans la région du Kamtchatka, première productrice du pays.

« Le prix à la production chez les pêcheurs du Kamtchatka a bondi le mois dernier, passant de 1200-1500 roubles (28-35 euros) à 2100-2500 roubles (49-59 euros) le kilo », a déclaré le président de la commission pêche et l’aquaculture de l’Union russe des industriels et entrepreneurs, Guerman Zverev. Le phénomène serait à relier à l’effondrement de la pêche au saumon, dont dépend le volume de production du caviar.

Depuis le début de la saison de pêche intensive, au mois de juin, les pêcheurs n’ont attrapé que 50 000 tonnes de poisson environ, soit 40 % de moins que l’année dernière. Guerman Zverev estime déjà les pertes directes pour l’industrie de la pêche en Extrême-Orient à 400-450 millions de roubles (9,4-10,5 millions d’euros).

Hormis une saison pauvre en saumon, les experts citent un certain nombre de facteurs ayant fait augmenter les prix à la vente chez les pêcheurs. Ils évoquent notamment une baisse naturelle cyclique du nombre d’espèces de poisson ainsi qu’une concurrence accrue entre les entreprises de traitement du poisson de la côte et celles de Russie centrale.

Si les entreprises d’Extrême-Orient envoyaient dans le passé leur pêche brute vers les régions centrales de la Russie, elles possèdent désormais, pour la plupart, leurs propres usines, pleinement à même de fabriquer le produit final. Par conséquent, le volume de livraison de caviar cru vers la Russie européenne est passé, en 2012, de 4 000 tonnes à 1 500 tonnes seulement.

Pourtant, les prix du caviar peuvent encore se stabiliser, notamment grâce à l’île de Sakhaline, deuxième plus grande zone de pêche au saumon de Russie, où la saison commence plus tard. « La saison va durer encore plusieurs mois. Et les poissons qui n’ont pas encore atteint nos rivages pour telle ou telle raison arriveront bientôt », a assuré l’attaché de presse de l’Agence fédérale pour la pêche, Alexander Saveliev.

La Russie a atteint entre 2009 et 2012 un volume de pêche record. Selon Inesco Research Group, le taux de production du caviar russe (rouge et noir) a été en hausse stable jusqu’à l’année 2009 et l’effondrement lié à la crise.

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Articles sur la pêche et l'aquaculture : Japon

Informations complémentaires :

Un poisson de tous les océans

Le saumon prend ses quartiers dans les 2 océans, même si l'on note une très forte différence entre l'élevage et la pêche. Ainsi, seulement 7% d'entre eux proviennent de la pêche en Atlantique, alors que 88 % des saumons sauvages nous arrivent du Pacifique. Après la crevette, il est le produit de la mer le plus élevé en aquaculture. Il faut préciser qu'en Océan Atlantique, il n'en n'existe qu'une seule espèce. Différent de son cousin du Pacifique, qui meurt après le frai, il peut se reproduire jusqu'à 4 fois. De chair rose, délicate et très parfumée, il peut être consommé indifféremment frais ou fumé, mais toujours, quoi qu'il en soit, apprêté le plus simplement possible. Sa saveur n'en sera qu'exaltée. Il existe 5 autres variétés de saumon consommables, elles se trouvent toutes dans les eaux bleues du Pacifique. Deux d'entre elles sont particulièrement recherchées : le saumon royal (ou saumon Chinook), et le saumon rouge (ou Sockeye).Et même si le second se prête parfaitement à la conserve, c'est plutôt frais ou fumé que l'on va déguster ce poisson de grande classe. On trouve encore 3 autres espèces, le saumon argenté, le saumon rose, et le saumon Keta. Ces deux derniers sont surtout destinés à la conserve, leur chair plutôt molle et friable se prêtant difficilement à d'autres modes de commercialisation.

Un masque au "caviar rouge"?

Premiers consommateurs au monde? Le Japon, suivi de très près par la France, dont l'engouement pour ce beau poisson s'est accru lors des dix dernières années. Elle importe aujourd'hui de 120000 à 130 000 t/an, dont 35 % de saumon fumé. Le Japon, lui, est le champion toutes catégories de la consommation des œufs. Car si l'on connaît ce fameux prince des mers sous bien des formes, on oublie souvent à quel point ses œufs sont délicieux.Parfois appelés " caviar rouge ", ils sont extraits des saumons sauvages. Les œufs d'Alaska et du Canada ont la cote. Débarrassés de leurs membranes, ils sont saumurés, sans additifs, et mis en seau au plus tard trois jours après la pêche.Mais ils sont parfois consommés très salés, encore dans leur poche naturelle. Fraîcheur garantie. On les utilise également dans le domaine des cosmétiques. En effet, riches en phospholipides et en phosphoprotéines, des constituants essentiels des cellules, ils favorisent la revitalisation de la peau. Alors, un petit masque au caviar de saumon ? Adopté, malgré l'odeur.

(source : La cuisine collective)

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23 novembre 2009

Les gardes-frontières de Sakhaline ont arraisonné jeudi dernier dans les eaux territoriales russes en mer d'Okhotsk deux navires de pêche avec plusieurs dizaines de tonnes de crabes à bord, a annoncé le Service fédéral de sécurité (FSB).
 
"Les navires de pêche Fox et Swift battant pavillon cambodgien ont été arraisonnés avec l'aide de l'aviation du FSB. Lorsqu'un hélicoptère s'est approché du Fox, le capitaine a essayé d'empêcher le débarquement des garde-frontières, refusant d'arrêter le navire et procédant à des manoeuvres dangereuses pour leurs vies", a précisé le communiqué du FSB local.
 
Au cours des visites des navires, 60 tonnes de crabes ont été découvertes dans leurs cales, dont 43 à bord du Fox. Une instruction a été ouverte, a précisé le FSB de Sakhaline.

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Les entreprises de pêche russes ont produit 3,68 millions de tonnes de ressources halieutiques en 2009, en hausse de 419.000 tonnes, soit 12,9%, par rapport au résultat de 2008, a annoncé mardi l'Agence fédérale pour la Pêche. Ces données ne tiennent pas compte des prises réalisées dans les régions intérieures, selon l'Agence. Les prises des principales espèces - morue, saumon, hareng, soles - sont en hausse; leur accroissement le plus notable a été enregistré en mer d'Okhotsk et dans la région des îles Kouriles. En 2009, la Russie a battu le record historique de production de salmonidés: 538.500 tonnes, soit 50% de plus qu'en 2007. Les prises de morue se sont élevées à 291.400 tonnes, en augmentation de 11,2% par rapport à 2008, celles de hareng à 418.100 tonnes, soit une hausse de 51.400 tonnes par rapport à 2008. L'augmentation la plus notable des prises de hareng a été enregistrée en mer de Béring (+29,6%). Les prises dans la région des îles Kouriles ont augmenté de 121,6% en glissement annuel, a précisé l'Agence.

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