mercredi 28 janvier 2009

Des enjeux majeurs pour l'avenir des pêcheurs artisans

Lors de la première réunion du comité régional des pêches du Poitou-Charentes, peu de pêcheurs se sont déplacés. Pourtant, 2009 sera une année décisive pour l'avenir de la pêche artisanale dans le Golfe de Gascogne et plus particulièrement des trois ports de Charente-Maritime : La Côtinière (Oléron), La Rochelle et Royan. Derrière le pétoncle se cachent bien des choses ! D'une part, le passage en force de la "privatisation des ressources" avec la mise en place des premiers quotas individuels pour la langoustine et la sole, deux espèces stratégiques de la zone et qui en intéressent plus d'un. D'autre part, toute la zone de pêche de la région Poitou-Charentes sera bientôt soumise aux règles de Natura 2000.

Voir les articles concernant les QIT sur le site du Comité Local des Pêches Maritimes du Guivinec :

1) L’échec de la gestion par Quota Individuel Transmissible (QIT) en Islande

2) Mise en place d’un Quota Individuel Administré (QIA) pour la pêcherie de langoustine du Golfe

"Cette expérience, dont on ne perçoit pas forcément les tenants et aboutissants, s’inscrit dans la volonté du gouvernement français d’expérimenter de nouvelles formes de gestion. La pêcherie de langoustine étant l’une des mieux gérée en France on peut s’interroger sur les raisons de ce choix. L’important aujourd’hui est de rester vigilant" (René-Pierre Chever, Secrétaire Général du CLPM du Guilvinec)

Document de la Direction des Pêches et de l'Aquaculture : Expérimentation des Quotas Individuels Administrés

Voir aussi l'article de Philippe Baroux (Sud-Ouest) concernant la réunion du CRPM de Poitou-Charentes

Comité Régionale des Pêches. Aux voeux, l'assistance était maigre. Les sujets, tel le pétoncle, sont pourtant essentiels

Des pétoncles pour les pertuis charentais

Il y en avait plus sur le buffet que n'auraient pu s'en régaler les quelques présents... Faible, très faible affluence lundi soir, lors de la cérémonie des voeux du Comité régional des pêches maritimes, à La Rochelle. Parmi la quinzaine de personnes présentes, on n'a pu identifier qu'un seul professionnel en activité.
L'année 2008 pourtant, marquée par les manifestations professionnelles liées à la hausse du prix du gazole, et 2009, dont l'horizon se garnit de rendez-vous importants, pouvaient justifier une mobilisation plus dense.

Le prochain président en avril

Le président Albert Etien l'a relevé, sans trop insister. Tout en ellipse, l'administrateur régional des Affaires maritimes, Gilles Servanton, est aussi passé sur le sujet, remerciant Albert Etien du travail qu'il a accompli avec les services de l'État. Des propos qui sont à replacer dans la perspective de renouvellement des organisations professionnelles qui est en cours. Elle débouchera en avril prochain sur la désignation du prochain président du Comité régional des pêches maritimes. Albert Etien sera candidat au renouvellement de son mandat, à condition qu'il soit éligible, ce qui passe par sa désignation préalable comme représentant des armements coopératifs.

Quotas individuels

2009, ce sera aussi l'année du passage aux quotas individuels pour la sole et la langoustine, deux espèces ciblées par une partie de la flottille charentaise. Aux rendez-vous incontournables sont aussi listées la poursuite de la procédure d'extension de Natura 2000 dans la mer des pertuis et l'estuaire de la Gironde, et de parc naturel marin dans les pertuis. En évoquant un possible projet de réensemencement des bancs à pétoncle dans les pertuis, Albert Etien pointe du doigt la rentabilité de la flottille des bateaux de moins de 12 mètres que va mettre à mal le resserrement, cette année, de la réglementation sur la civelle.

Les bancs coquilliers, autre ressource de premier plan, ne seront donc pas à négliger. Un terrain sur lequel l'administrateur Servanton a exhorté l'amont et l'aval de la filière « à améliorer le dispositif de cette pêche », par l'écoute. Reviennent ici en écho les coups de gueule des criées charentaises, fin 2008, déplorant que l'essentiel de la production de saint-jacques était vendu en direct par les patrons de pêche.
Philippe Baroux

Source : Sud-Ouest
Image à partir de Google Earth : Les pertuis Charentais

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