vendredi 19 décembre 2008

Allemagne : emprise des environnementalistes dans la filière pêche

La pêche : une branche sans envergure

Les nations européennes se partagent en deux : les amis des poissons et les amis des pêcheurs. Si la France fait partie des amis des pêcheurs, l’Allemagne est définitivement du côté des amis des poissons. Sa flotte se réduit toujours plus. Elle a perdu 10% de ses bateaux entre 2000 et 2005. Avec désormais environ 2000 bateaux, dont 80 % ont moins de 17 m, c’est la pêche côtière qui domine en Allemagne. Trois Länder sont concernés par la pêche : la Basse Saxe, le Schleswig-Holstein et le Mecklembourg-Poméranie occidentale et ils souhaitent fortement maintenir la pêche côtière de part son importance pour la vitalité du milieu rural côtier. Car la pêche est une politique des Länder, le niveau fédéral n’intervenant que pour les négociations de la politique commune des pêches. La position commune de ces Länder est une volonté de mettre en place une réelle politique de limitation de la pêche afin de préserver la ressource, les contrôles des prises doivent être renforcés, la gestion des quotas de pêche doit être simplifiée, l’aquaculture doit jouer un rôle économique plus fort.
Notez que le point où le plus grand tonnage de poisson frais est débarqué est à…Frankfort, aéroport où arrivent les avions cargos !
Quant à l'aquaculture allemande, elle se caractérise par la structure familiale des entreprises, l'ancrage régional qui permet la vente directe, l'utilisation "durable" de l'eau, mais aussi par un déficit dans le domaine de la transformation et de la distribution. Une large part de la consommation de poissons d'eaux douces est importée, notamment des pays voisins d'Europe de
l'Est où les installations aquacoles sont généralement plus modernes que leurs voisines allemandes souvent anciennes et qui nécessiteraient des investissements importants notamment pour améliorer l'impact sur l'environnement. Au total, l'Allemagne importe 85 % de son poisson (mer et eau douce).

La pêche est très fortement suivie par les organisations protectrices de l’environnement, Greenpeace en particulier, qui édite régulièrement la liste des poissons qu’on ne doit pas manger. Toutes les forces politiques allemandes veillent à ne pas s’opposer à cette organisation, dont les prises de positions sont particulièrement suivies par les citoyens allemands.
Source : Missions Economiques

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