mercredi 10 décembre 2008

Programme de reboisement de mangrove en Afrique de l'Est

La région occidentale de l'Océan Indien s'est lancée dans un programme de reboisement des forêts de mangrove après de longues années de destruction pour des raisons économiques, a déclaré un chercheur de l'Institut kenyan de recherche maritime et halieutique, le Dr James Kairo. Il a déclaré qu'en raison de leur importance, l'humanité devait trouver un moyen de réhabiliter ces forêts pour la postérité.
S'adressant à la presse au cours d'un forum organisé récemment à Zanzibar, il a déclaré qu'il existait actuellement des programmes de replantation des forêts de mangrove dans le cadre des programmes de reboisement. Le Dr Kairo a affirmé que les zones déjà replantées étaient celles de Gazi Bay, de Mida, Ngomeni, Kiunga au Kenya, de Tanga en Tanzanie, de Lumbu et Icotami au Mozambique.
Il a averti que si l'on ne replantait pas les forêts de mangrove, les répercussions seraient graves, particulièrement pour les communautés côtières, étant donné les prévisions de hausse des niveaux de la mer. Le Dr Kairo a souligné que la mangrove était connue pour sa contribution directe à la subsistance des populations rurales qui en tirent des poteaux de construction, du bois de combustion et 70 pour cent des besoins en bois le long de la côte kenyane tout en abritant plusieurs espèces de poissons. Il a ajouté que la mangrove était aussi connue pour sa valeur écologique et son rôle de protection de la bande côtière de l'érosion. Le chercheur a déclaré que le tsunami, qui s'était abattu sur les côtes de l'Indonésie en 2004, avait été ressenti en Afrique de l'Est où au moins une personne aurait trouvé la mort comme conséquence des fortes vagues ayant frappé ses côtes. Il a indiqué que ces hautes vagues auraient pu être évitées s'il y avait des forêts de mangrove pour réduire l'intensité des vagues avant qu'elles ne touchent terre. En plus de ce décès, il a indiqué que le tsunami avait aggravé la dégradation des écosystèmes côtiers, particulièrement de la mangrove et des récifs coralliens, entraînant une perte de biomasse.
Le Dr Kairo a ajouté que l'absence de plans de gestion et la dégradation des forêts de mangrove ont entraîné une destruction de l'empreinte écologique et l'apparition de l'aquaculture qui a un effet négatif sur l'écosystème. Il a déclaré que la réhabilitation de la mangrove entraînait une augmentation rapide de sa productivité et une amélioration de l'habitat autour des zones reboisées initialement dégradées et était une source d'opportunités, surtout pour les jeunes chômeurs. En citant les autres avantages de la réhabilitation de la mangrove, le Dr Kairo a déclaré qu'il lui permettait de jouer le rôle de tampon naturel pour la protection des zones côtières des vagues énormes et des marées montantes, des tempêtes de mousson et de l'érosion naturelle puisque les arbres ont une capacité importante de stockage du carbone qui aide à préserver l'équilibre de la quantité de dioxyde de carbone dans l'environnement. "Les mangroves fonctionnent comme des usines de carbone en absorbant le dioxyde de carbone de l'atmosphère par la photosynthèse et en le transformant en matière organique", a-t-il expliqué.

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