dimanche 16 novembre 2008

TAAF, un territoire de pêche français où le chalutage est interdit

La ZEE des îles Kerguelen est la plus vaste des trois ZEE françaises du sud de l’océan Indien. Elle présente la particularité de faire partie du grand plateau de Kerguelen orienté nord-ouest/sud-est qui s’étend au-delà des îles australiennes Heard/Mac-Donald. Les fonds de pêche de cette ZE représentent, entre 100 et 500m, près de 100 000 km2 ce qui est considérable. 111 espèces de poissons y prospèrent des abysses aux zones côtières, de la pleine eau (espèces dites pélagiques) jusque près du fond (espèces dites démersales).
La pêche s’y est développée dès les années 1970, d’abord au chalut puis à la palangre. Cependant peu d’espèces (une dizaine au maximum) sont considérées comme commerciales. On peut retenir parmi elles deux espèces emblématiques : le poisson des glaces Champsocephalus gunnari, petite espèce d’une trentaine de centimètres au sang incolore et vivant en grands bancs, et la légine australe Dissostichus eleginoides, prédateur pouvant atteindre 215 cm et 80 kg.
La pêche, tout d’abord incontrôlée (la ZEE date de 1978) puis surveillée, a incontestablement modifié les équilibres entre les populations de poissons vivant dans les eaux marines de Kerguelen. Les espèces démersales ont été les plus affectées car les pélagiques ne représentent pas actuellement de potentiel économique. La biomasse de certaines espèces a très vite périclité pour le colin de Kerguelen (Notothenia rossii) et le poisson des glaces. Néanmoins la pêcherie s’est maintenue sur zone en passant d’une espèce à l’autre en fonction des épuisements successifs. Il a cependant été nécessaire de fermer dans les années 1990 la plupart des pêcheries (colin de Kerguelen, colin austral, poisson des glaces) car les stocks avaient atteint un niveau de biomasse trop faible pour permettre un renouvellement satisfaisant des stocks exploités. Reste actuellement une seule pêcherie, celle de la légine australe qui, elle-même, est régulée par des mesures de conservations draconiennes (plus de pêche au chalut, taille légale de capture, fonds inférieurs à 500 m interdits à la pêche, régulation de l’effort de pêche, contrôleurs de pêche embarqué, contraintes de respect environnemental, débarquements contrôlés…).
Source : TAAF, Terres Australes et Antartiques Françaises

Autres articles :
Autre information :

Lutte contre la pêche illégale avec Vigisat à Brest. L'océan sous surveillance (Le Télégramme)

Inaugurée en septembre 2009 à Brest, Vigisat est la seule station civile dans l'Hexagone de réception directe d'images satellitaires. Un outil précieux pour surveiller l'océan et observer les bassins-versants et traits de côtes.

Acquérir directement des images, c'est d'abord gagner du temps par rapport au passage par une autre station et mieux maîtriser la suite. Le cheminement de l'idée, lancée dès 2001, a été facilité par l'école Télécom Bretagne qui a des compétences dans le domaine des images radars satellitaires. De cette école est d'ailleurs née, fin 2002, une entreprise spécialisée dans le traitement des images haute résolution appliquées à l'océan, Boost, créée par un ancien thésard et professeur, Vincent Kerbaol. Début 2008, Boost a rejoint CLS (Collecte localisation satellites), société basée à Toulouse, qui s'est fait connaître avec la balise Argos et emploie aujourd'hui 330personnes. Le Cnes y est majoritaire, Ifremer est également présent.

Pollution, pêche illégale
Avec cette station, CLS veut développer des services dans la détection de pollutions, la surveillance du trafic maritime, le soutien de l'action de l'État en mer. La connaissance de l'état de la mer, le soutien à l'industrie éolienne off shore sont aussi au programme. Grâce à une station installée aux îles Kerguelen, CLS a aussi réussi à lutter, avec le Cross Réunion, contre la pêche illégale de légine australe.

Le 10 décembre 2009

TAAF - Amsterdam : la sentinelle climatique dans la région (Clicanoo)
Entre les 40e rugissants et les 50e hurlants à 3 000 km au sud de La Réunion, l’île Amsterdam, gérée par les Taaf, abrite une véritable sentinelle climatique.
L’île Amsterdam représente un observatoire de référence internationale permettant de mieux comprendre le rôle de l’océan dans le changement climatique. Et si le site est si important ce n’est pas par hasard. C’est le seul poste mesurant le taux de CO2, l’un des principaux gaz à effet de serre, et les aérosols dans l’océan Indien. Il fait partie des 25 stations assurant cette mission à travers le monde. Son isolement permet des mesures non contaminées puisqu’il n’y a pas d’activités humaines. L’observatoire, installé en 1981,

Le 27 janvier 2010

Les orques gloutonnes concurrencent les pêcheurs (Ouest France)
Les orques sont priées de retourner se nourrir d'otaries et d'éléphants de mer, au lieu de se disputer le poisson des palangriers avec les albatros et les pétrels. Tout au Sud, dans l'océan austral, ces cétacés se jettent sur les hameçons des pêcheurs de légine. Font de gros dégâts et deviennent dépendants de cette pêche. Des solutions sont testées.
« Dès le premier essai, les cages de notre bateau, l'Austral Leader 2, ont capturé, cette semaine, 875 kg de poisson. Inespéré. On n'est pas si loin du rendement des hameçons : deux tonnes par jour. » Au Muséum d'histoire naturelle, le professeur Guy Duhamel, spécialiste des poissons des Terres australes et antarctiques françaises, est ravi. L'expérience écolo des pêcheurs de légine - un poisson d'eau froide de près de deux mètres de long - est en passe de réussir, malgré la goinfrerie des albatros et des mammifères marins. Histoire d'une pêche exemplaire.....

Mers australes. Une expérience de pêche exemplaire (Le Télégramme)
La France conduit dans les mers australes une expérimentation exemplaire qui vise, en testant de nouvelles méthodes de pêche, à protéger les orques, le poisson et les pêcheurs.
Au large de Crozet, dans les mers australes, la France va lancer la campagne Orcasav. Pendant 45 jours, le CNRS, le Muséum d'histoire naturelle, l'Ifremer et l'administration des TAAF (Terres australes et antarticques françaises) vont tester de nouveaux modes de pêches à la légine australe, un des poissons les plus chères du monde. La campagne est financée par les conseils généraux du Finistère et du Morbihan, l'Etat et les armateurs concernés. Depuis l'instauration de la pêche à la palangre en 2003 dans la zone, en remplacement de chalutiers trop prédateurs pour les juvéniles, les orques mais aussi les cachalots ont pris l'habitude désastreuse de se servir directement aux lignes en ne laissant des poissons que la tête. «Entre2003 et2008, 1.200t de légines ont fini à la table des orques et des cachalots», souligne le Pr Guy Duhamel du Museum d'Histoire naturelle, conseiller scientifique des TAAF. «Sur 4.062 lignes posées à Crozet, seules 32% sont remontées intactes». En 2007-2008, pour 800 tonnes pêchées, on a recensé 492 tonnes de pêche. Le problème est donc écologique mais aussi économique.
Des nasses de chez Le Drezen….

Le 10 février 2010

Police des pêches: le Floréal appareille pour le sud de l'océan Indien (Cawa)
Le Floréal a appareillé de Port-des-Galets, son port d'attache à la Réunion le lundi 8 février pour une mission de surveillance et de police des pêches dans les zones économiques exclusives (ZEE) françaises des îles Crozet, Kerguelen, Saint Paul et Amsterdam.

Ces trois archipels, situés à plus de 3000 kilomètres au sud de la Réunion, sont regroupés sous l'appellation Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) et gérées administrativement par la préfecture des TAAF. Dans le cadre de la coopération avec la marine australienne, deux contrôleurs des pêches australiens ont rejoint l'équipage du Floréal pour la mission. Avec eux encore le Floréal poussera plus au sud, vers les îles australiennes de Heard et Mac Donald, pour y étendre sa surveillance.

Les ZEE française et australienne autour de ces terres sont très riches en langouste et surtout en légine. Cette dernière est très appréciée au Japon et aux Etats-Unis. L'attribution de licences de pêches à un très petit nombre de navires permet de protéger cette ressource économique et ce patrimoine écologique contre d'éventuels braconniers. Seuls sept navires français sont autorisés à pêcher dans ces eaux. La protection de cette ressource fragile implique donc la surveillance de cette zone, le contrôle de la pêche et la recherche des éventuels « pêcheurs pirates ».

La principale difficulté de cette mission réside dans l'étendue de la zone à couvrir. En effet, les ZEE s'étendent dans un rayon d'environ 370 km (200 nautiques) autour de chacune de ces terres. Pour remplir sa mission, le Floréal dispose des moyens de détection du bord (radars et optique) ainsi que de son hélicoptère Panther . Il pourra en outre compter sur les informations transmises par les satellites des marines françaises et australiennes et par les pêcheurs sur place.

Pour en savoir plus, le journal de bord du Floréal

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Le 2 juillet 2011

La France s'apprête à autoriser l'exploitation halieutique du Sud de l'océan Indien (zinfos974)

Une brèche dans l'exploitation des réserves de pêche halieutique dans l'océan Indien est sur le point de s'ouvrir. Le 22 juin dernier, Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères, a, au nom du gouvernement, déposé un projet de loi portant ratification d'un accord relatif aux pêches dans les zones très précises de haute mer du Sud-Ouest de l’océan Indien.

Les espèces dites halieutiques (en milieu naturel) sont dans le viseur de la France et des pays côtiers de l'océan Indien. Le 22 juin, un projet de loi "autorisant la ratification de l’accord relatif aux pêches dans le Sud de l’Océan Indien" a été présenté en conseil des ministres par Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères. Que prévoit cet accord ?

Cet accord international crée une nouvelle organisation pour la gestion des pêches dans le Sud de l'océan Indien sous la forme juridique d'une "organisation régionale de gestion des pêches (ORGP)". A ce jour, il n’y a en effet dans cette partie du monde qu’une ORGP (la Commission des thons de l’Océan Indien (CTOI)), créée en 1993 mais compétente "seulement" pour le thon et les espèces apparentées.

La France a une grosse part du gâteau

La France est fortement présente dans cette zone (îles de la Réunion, de Mayotte, de Saint-Paul et d’Amsterdam) et "a vocation à participer à la mise en place dans la région de mesures cohérentes de gestion des pêches", prévoit le rapport d'étude d'impact joint au projet de loi.

Les ressources concernées par l’accord portent sur toutes les espèces halieutiques à l’exception des espèces sédentaires et des espèces hautement migratoires (principalement le thon, le marlin, le voilier, la brème de mer, l’espadon, la dorade tropicale, le requin, les baleines et les marsouins).

La zone de compétence de l’accord correspond aux zones de haute mer du Sud-Ouest de l’océan Indien, soit pour l’essentiel aux zones FAO 51 et 57 (voir la cartographie plus bas). Au Sud, la limite de la zone de compétence de l’accord prend dûment en compte les limites de la convergence antarctique, si bien qu’"il n’y a pas de chevauchement de compétence entre la nouvelle ORGP et la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR)", ajoute le rapport.

Des contreparties de gestion durable face à cette exploitation

Cette même étude d'impact tente d'imaginer les conséquences économiques et sociales lorsque cet accord sera ratifié par la France et les autres pays concernés. "Aujourd’hui, aucune personne n’est employée par les entreprises françaises dans l’océan Indien dans la perspective de la mise en œuvre du présent accord, puisqu’aucune pêche non thonière n’est pratiquée en haute mer par des navires français. A terme, la possibilité d’exploiter de nouvelles ressources bathy-pélagiques (espèces vivant en-dessous des 200m de profondeur) et démersales (proches des côtes), encouragée par l’adoption d’un cadre juridique de régulation, devrait inciter les entreprises françaises de pêche dans l’océan Indien à s’orienter vers ces nouvelles activités, avec les conséquences qui s’y attachent en termes d’emploi". Autrement dit, c'est à un véritable eldorado en terme d'exploitation qui est ici entrevu.

Mais le projet de loi pose déjà les contours des limites environnementales à l'ouverture d'une telle exploitation. Le futur accord "permettra, dans la zone considérée, d'améliorer le suivi de l'état des ressources halieutiques, de renforcer la maîtrise des impacts de la pêche sur le milieu marin et d'organiser le contrôle et la surveillance des activités de pêche afin de lutter contre la pêche illicite. En y prenant part, la France conforte son engagement, aux côtés de l'Union européenne, en faveur du renforcement du cadre international de la gouvernance des pêches". Plus loin, l'étude d'impact insiste sur le fait que cette future exploitation devra se faire selon "une gestion durable des stocks halieutiques".

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